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La collection Frederick Ashton, volume 2

Captées en 2005 et 2007, trois œuvres majeures du répertoire du figurent dans le deuxième volume de « la collection », un coffret de trois DVD Opus Arte avec les ballets Sylvia, La Fille mal gardée et Tales of Beatrix Potter.

Sir (1904-1988) est peu connu du public français, mis à part pour sa version de l’un des plus anciens ballets d’action de l’histoire, La Fille mal gardée, qu’il adapte en 1960 et qui figure au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris depuis 2007.

Né en Équateur de parents britanniques, la vocation de danseur de Frederick Ashton naît après avoir vu Anna Pavlova en tournée à Lima en 1917. Il auditionne à Londres et commence à se former auprès de puis de Marie Rambert, qui l’encourage à créer des chorégraphies. En 1931, il est engagé par Ninette de Valois au « Vic-Wells Ballet », rebaptisé «  » lors de son déménagement dans l’actuelle Royal Opera House. En 1946, Symphonic Variations est son premier ballet pour la compagnie nouvellement installée à Covent Garden. S’en suivent notamment Cendrillon, Sylvia, Ondine et La Fille mal gardée.

Il prend la direction de la compagnie en 1963 et crée notamment pour et la pièce Marguerite et Armand, inspiré par le roman La Dame aux Camélias. En 1970, il se retire de la direction du Royal Ballet mais va encore créer beaucoup d’œuvres dont Tales of Beatrix Potter, d’abord sous forme de film en 1971. Rhapsody sera sa dernière création majeure en 1980.

Les trois œuvres captées pour le coffret présentent l’univers de Sir Frederick Ashton. Dans Sylvia qu’il a chorégraphié spécialement pour en 1952, il est plutôt onirique. Inspiré par la musique de , il fait danser chaque note et chaque accent de la partition du compositeur. La distribution choisie pour la captation est parfaite, Darcey Bussell est éclatante de maîtrise technique. Musicale, très juste dans son jeu, elle n’a rien à envier aux sculpturaux et Thiago Soares, dont nous pouvons constater la grande présence et la virtuosité.

Avec La Fille mal gardée, Ashton rend hommage à sa chère campagne anglaise et crée un ballet parfois exigeant techniquement pour les rôles principaux, dont le « Pas du Ruban » qui marquera les spectateurs. Relevant également de la farce avec les interprétations burlesques des rôles de Mère Simone ou d’Alain, la distribution est à nouveau un sans-faute avec la danseuse Argentine , tout à fait crédible en jeune fille et virtuose technique sans jamais surjouer. Associée au danseur cubain , qui met à profit toutes ses capacités athlétiques, leur couple est touchant et laisse aux spectateurs une impression de joie d’être en scène.

En donnant vie aux personnages principaux des œuvres de l’écrivain et illustratrice britannique Beatrix Potter, dans ses « Tales » (contes, en français) le chorégraphe nous montre encore l’étendue de sa créativité en faisant évoluer les danseurs dans des costumes à tête d’animaux. Pouvant aussi bien ravir le jeune public que les adultes, nous voyons se dérouler la vie de ces héros souris, ours, oie, grenouille ou encore lapin dans différents tableaux et réunis pour la scène finale.

Ces trois ballets permettent de découvrir ou revoir ce qu’est le « style Ashton », cette façon si particulière de faire évoluer les artistes en scène, magnifiquement servie par d’excellentes distributions.

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