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François Alu prend La Fille mal gardée à l’Opéra de Paris

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Opéra Garnier. 27-VI-2018. La Fille mal gardée, d’après Jean Dauberval. Musique : Louis-Joseph-Ferdinand Hérold. Arrangements : John Lanchbery. Chorégraphie : Frederick Ashton. Décors et costumes : Osbert Lancaster. Lumières : George Thomson. Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction : Philip Ellis. Avec les danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris : Alice Renavand (Lise), François Alu (Colas), Simon Valastro (Mère Simone), Allistair Madin (Alain)

Dès sa première variation dans La Fille mal gardée, charmant ballet prérévolutionnaire ressuscité par Sir dans les années 1960, affirme sa présence scénique et sa maîtrise technique aux côtés de la mutine . Un rôle qui aurait dû lui valoir le titre d’étoile…

, Premier Danseur adoré du public et de la presse, ronge son frein en attendant une nomination d’étoile qui ne vient pas. Pourtant, et il l’a prouvé à l’occasion de la Première d’une nouvelle série de La Fille mal gardée, il en a les qualités tant scéniques que techniques. Amplitude de ses sauts, puissance de sa batterie et justesse de ses tours font de cet artiste un atout maître pour le rôle de Colas, jeune paysan épris de Lise, incarnée par la mutine et ravissante . Ce couple souriant et solaire éclaire la première distribution de ce charmant ballet-pantomime tout droit sorti du XVIIIe siècle.

Fine comédienne, Alice Renavand se glisse à merveille dans le rôle de la fille de la fermière et se tire à ravir des chausse-trappes de la chorégraphie de Sir , qui ressuscita ce ballet rural dans les années 1960. Les rubans que l’on croise sont au cœur des difficultés techniques du ballet, dans le premier duo entre Lise et Colas, comme dans le pas de huit avec les amies de Lise ou l’arbre de mai autour duquel s’enchevêtrent les liens de soie multicolore. Tenues sur pointes, petite batterie, tout est exécuté avec finesse, légèreté et précision par la ballerine que l’on voit rarement dans ce type de rôles.

Mais ce ballet est aussi un divertissement pour tous les publics, et qui, comme les films de Disney ou de Pixar, prévoit aussi des personnages drôles destinés à faire sourire les plus jeunes. À commencer par la basse-cour, coq et poules au grand complet, qui s’ébrouent joyeusement à l’avant-scène. Il y a même un poney qui tire une carriole pour la promenade de Lise et sa mère, n’évitant pas l’accident de la route en traversant la scène. La dimension comique du ballet est portée par les personnages de demi-caractère que sont la Mère Simone, interprétée par , dont le morceau de bravoure est évidemment la danse des sabots ou les disputes avec sa fille délurée. Le jeune Alain, fils d’un riche propriétaire bien décidé à le marier à Lise, est aussi brillamment incarné par , qui lui donne un caractère poétique et décalé, proche de Chaplin.

Le tout est absolument délicieux, dynamique et enlevé, avec une sauce champêtre qui donne envie de se ruer séance tenante à la campagne. À sa création, la reine Marie-Antoinette elle-même aurait, dit-on, aimé ce ballet qui lui rappelait son cher hameau de la Reine du Petit Trianon de Versailles. Pour que la soirée fût parfaite, il ne nous manquait qu’une étoile !

Crédits photographiques : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

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