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Les Indes galantes de Valentin Tournet et la Chapelle Harmonique en CD

Quelques mois après la belle version hongroise de György Vashegyi, nous gratifie de sa propre lecture de l’opéra-ballet de Rameau. Gageons que les comparaisons iront bon train.

Lorsqu’est sortie en 2019 la version des Indes Galantes dirigée par György Vashegyi, on ne se doutait pas qu’une nouvelle parution allait nous arriver aussi vite. Le présent enregistrement est ainsi le reflet discographique de la série de concerts donnés en 2019 au festival de Beaune puis à l’Opéra Royal du Château de Versailles. La version retenue sur ce CD est toujours la version dite de 1761, ce qui privera l’auditeur de l’entrée n°3 intitulée « Les Fleurs », écrite pour la version originale de 1735. Grâce à un habile tour de passe-passe, parvient cependant à caser au milieu de l’acte dit des « Sauvages » le sublime quatuor « Tendre Amour » extrait de l’acte disparu. On ne s’en plaindra pas.

La distribution réunie pour cet enregistrement reprend plus ou moins celle des concerts donnés sur le vif. Parmi les nouveaux venus du CD, on notera la présence de , très à l’aise lui aussi, à l’instar de Philippe Talbot, dans la tessiture de haute-contre des trois rôles de Valère, Don Carlos et Damon. Signalons également l’arrivée de la basse au timbre chaud et généreux d’ pour les parties de Bellone et Don Alvar. Comme à Versailles, est un étonnant Huascar, plus humain que les incarnations assez brutales que l’on entend d’habitude dans ce rôle. Les trois sopranos sont les mêmes que pour les concerts, et l’on réentend avec plaisir l’Amour au timbre frais de , ainsi que les excellentes diseuses que sont et , toutes deux également virtuoses en diable, en maîtresses de cet art si subtil qui consiste à transiter sans cesse entre l’air brillant et la déclamation récitée. Ces deux chanteuses constituent une indéniable plus-value par rapport à leurs homologues de la version hongroise, qui bénéficiait cependant, pour la partie de Phani, de la royale présence de Véronique Gens. chante les deux rôles d’Osman et d’Adario avec la voix et la diction de Pelléas, mais il semble parfois un rien fâché avec la justesse.

À côté de ce que l’on a déjà entendu dans d’autres réalisation disco- ou vidéographiques, la direction de Valentin Tournet, pour précise et appliquée qu’elle est, paraît presque un peu sage pour un ouvrage de cette trempe. Énergique sans être enivrante, rythmique sans être débordante, elle ne communique pas le vent de folie auquel certains de ses illustres prédécesseurs – Christie, Malgoire, Vashegyi… – nous avaient habitués. L’orchestre et les chœurs n’en sont pas moins parfaitement en place, même si, avec une telle distribution vocale, on a un peu l’impression d’être passé à côté de la version idéale.

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