Dernière saison à la fois sur les deux sites de Bastille et Garnier avant les grands travaux, celle de 2026/2027 présentée aujourd'hui par Alexandre Neef et José Martinez proposera 19 nouveaux spectacles, 7 lyriques et 12 chorégraphiques et un total de 359 levers de rideau.
Si l'on peut regretter que le Nom de la rose de Francesco Filidei soit décalé à une prochaine saison (en raison d'un décor ne passant pas à Garnier), l'Opéra de Paris fera son ouverture, à l'occasion du 120e anniversaire de Joséphine Baker, avec le spectacle Perle noire : méditations pour Joséphine, que Peter Sellars mettra en scène sur une partition de l'auteur-compositeur américain Tyshawn Sorey, interprétée notamment par la soprano Julia Bullock. Une première commande a par ailleurs été passée à Hèctor Parra qui adaptera le roman Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre dans une mise en scène de Mariama Clément qui se voudra comme un miroir de notre époque, et où l'on retrouvera Vannina Santoni.
La programmation fera la part belle au Ring avec le « festival » débuté en 2025 se poursuivant avec deux cycles complets des quatre opéras de Wagner au mois de novembre, sous la baguette de Pablo Heras-Casado et mis en scène par Calixto Bieito, avec en prolongement l'exposition « La Révolution du Ring » au Palais Garnier.
Deux nouvelles productions d'opéras de Mozart seront à l'affiche : un nouveau Don Giovanni par Louisa Proske, après celui pourtant récent de Claus Guth, qui devrait apporter un regard féminin sur le personnage sulfureux, incarné par Peter Mattei, et notamment par l'angle du désir des femmes dont le héros est l'objet, nous dit-on. Stephanie Childress sera dans la fosse. Wajdi Mouawad mettra en scène quant à lui Idomeneo avec Allan Clayton, Lea Desandre, Elsa Dreisig…
Pour le répertoire français c'est Werther qui revient avec une mise en scène de Robert Carsen, remplaçant celle, reprise plusieurs fois et classique, de Benoit Jacquot. Nathalie Stutzmann y fera ses débuts à l'Opéra de Paris tandis que Benjamin Bernheim et Michael Spyres se partageront le rôle-titre.
L'Académie de l'Opéra de Paris proposera à l'Athénée un nouveau spectacle conçu à partir de madrigaux de Monteverdi, Strozzi et Fénelon, mis en scène par Victoria Sitjà, tandis que la Maîtrise de l'Opéra de Paris, lancée en 26/27 et composée de 50 élèves, donnera pour le jeune public son premier spectacle, le conte musical La Belle au bois dormant.
La saison verra 10 reprises lyriques : Le Barbier de Séville, Hamlet, La Clémence de Titus, Turandot (dédiée à Bob Wilson), le Trouvère, Katia Kabanova, Lady Macbeth de Mzensk, L'Elixir d'amour, Roméo et Juliette, Don Pasquale.
A l'occasion du centenaire de la naissance de Régine Crespin un gala lui sera consacré sous la direction musicale de Nathalie Stutzmann et dans la mise en scène d'Yves Lenoir. A noter que le prochain directeur musical, Semyon Bychkov, qui a dirigé le nouvel Eugene Oneguine en début d'année, ne sera pas présent la saison prochaine. (NF)
José Martinez a présenté sa deuxième saison imaginée en tant que directeur du Ballet de l'Opéra de Paris et la dernière saison chorégraphique avant la fermeture du Palais Garnier pour deux ans de travaux en juillet 2027. Cette saison est marquée, selon le directeur de la danse, par un équilibre entre modernité et tradition, avec 4 créations et 5 entrées au répertoire pour le Ballet de l'Opéra de Paris et le même principe pour le Junior Ballet. Il poursuit ainsi la programmation des soirées mixtes qui voient plusieurs pièces proposées dans une même soirée, mêlant créations contemporaines, reprises ou entrée au répertoire.
Comme chaque année, la saison de danse débutera par un gala le 10 octobre avec le défilé du Ballet de l'Opéra de Paris dont la musique sera interprétée par l'Orchestre lyrique des jeunes, dirigé par leur nouvelle cheffe d'orchestre, Alizé Léhon, récompensée aux Victoires de la musique. Juliano Nuñes créera un duo pour Hugo Marchand et Germain Louvet à l'occasion de ce gala, sur une musique de Samuel Barber. Le reste de la soirée verra l'entrée au répertoire de Vers un pays sage, de Jean-Christophe Maillot, directeur des Ballets de Monte-Carlo, pour la première fois à l'Opéra de Paris. La soirée Paysages intérieurs sera complétée par Busk, d'Aszure Barton sur les arts de la rue et par la reprise de Rearray de William Forsythe.
En décembre, la soirée Rituels réunira trois ballets autour de la puissance du geste et de la musique. Le Sacre du printemps de Pina Bausch sera présenté pour la première fois à l'Opéra Bastille. Nous découvrirons un nouveau Boléro X de Shamar Binyamini pour 50 à 60 interprètes et enfin la reprise de Suite en blanc de Serge Lifar, seule concession néoclassique aux traditionnels ballets de fin d'année, que la compagnie n'a pas dansé depuis 2009 !
Pulsations, soirée proposée à l'Opéra Garnier pendant la même période, marque le retour de Lucinda Childs après 42 ans d'absence, pour une création en 3D en collaboration avec le vidéaste Etienne Guiol, sur la musique de Max Richter sur laquelle la chorégraphe américaine a déjà travaillé et qui formera aussi la toile de fond de Schmetterling, entrée au répertoire de Sol Léon et Paul Lightfoot. On y verra aussi Lamentation de Martha Graham.
En janvier, place à Éclats de danse, le nouveau programme du Junior Ballet. Autour de la reprise de The vertiginous thrill of exactitude de Forsythe (un défi !), quatre chorégraphes contemporains montreront la versatilité de la danse, dont deux entrées au répertoire. La première promotion du Junior Ballet achève sa formation à l'issue de la saison 25-26, et José Martinez espère que certains danseurs pourront être engagés dans le Ballet, même si aucun poste ne leur sont réservés. Avec 59 représentations hors les murs et 35000 spectateurs, le Junior Ballet permet à l'Opéra de Paris de rayonner en dehors de la capitale.
En février, le dialogue entre deux univers chorégraphiques se poursuivra dans Correspondances nocturnes, une soirée qui verra le retour de Thierry Malandain à l'Opéra de Paris, avec la reprise de Nocturnes, vingt ans après la création d'Icare et une création sur pointes de la britannique Cathy Marston, formée à la Royal Ballet School, autour de George Sand. Enfin, la saison danse s'achèvera par une relecture de Giselle par Johan Inger, sur une musique originale, avec l'ambition d'ouvrir l'œuvre à de nouveaux publics.
Neuf ballets du répertoire seront programmés, dont certains dans le cadre de soirées mixtes. L'histoire de Manon démarre la saison avec le 15 octobre, les adieux de la danseuse étoile Dorothée Gilbert, puis La fille mal gardée, Raymonda, Joyaux de Balanchine, Les enfants du paradis de José Martinez, qui sera transmis à une nouvelle génération de danseurs et l'accueil en janvier du Tokyo Ballet avec Kaguayahime. Enfin, le Ballet de l'Opéra de Paris partira en tournée au New York City Center avec un programme mixte.
Le spectacle de l'école de danse de l'Opéra de Paris fêtera ses 50 ans au printemps 2027 et se produira dans le cadre du Gala des écoles du 21ème siècle le 7 avril, pour sa 4ème édition, avec un défilé unique. (DG)
Avec 11 premières avant-premières jeunes, soit environ 23000 places, et diverses offres famille et jeunes, l'Opéra souhaite toujours autant élargir son public. Les résultats financiers sont semble-t-il au rendez-vous avec en clôture de l'exercice 2025 un résultat légèrement bénéficiaire de +1,1 M€ et une évolution des charges maîtrisée. L'Opéra de Paris est subventionné à hauteur de 42% par l'Etat et à 58% par ses ressources propres (billetterie, mécénat, visites…).