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Belle reprise de Faust en fin de saison du Capitole

Après ses débuts à Toulouse en tant que metteur en scène avec Faust de Gounod en 1983, avait clôturé en 2009 sa dernière saison au Capitole avec cet ouvrage que nous retrouvons sur cette même scène en cette fin de saison brillante.

C’est aujourd’hui un Faust empreint de l’excellence des productions antérieures avec une distribution entièrement revue tout en conservant les décors et costumes des proches collaborateurs de Nicolas Joël : et .

propose un Méphistophélès dans toute sa splendeur. Le jeu théâtral, l’occupation de l’espace et la prestance du personnage sont remarquables, le tout corroboré par une endurance et des performances vocales exceptionnelles. Une trajectoire d’ensemble véritablement remarquable malgré quelques problèmes mineurs de prononciation, notamment sur les nasales, dont aucun chef de chant ne semble lui avoir signalé… La splendeur d’ fait écho à celle d’ dans le rôle de Marguerite qui nous propose un ensemble dramatique exceptionnel malgré un début de troisième acte peu convaincant. La force du jeu et la conduite de son personnage participent au sens de l’ensemble de l’œuvre.

Dans le rôle de Faust, convainc par sa puissance, par ses qualités de projection, par son homogénéité malgré quelques imperfections, principalement au premier acte, lorsque la ligne vocale est plus sobre. Cette très solide distribution se voit dotée de performances prometteuses avec dans le rôle de Valentin dont l’homogénéité du timbre et la qualité de projection sont très intéressantes malgré un jeu scénique moins époustouflant que ses confrères. Cependant, le rôle de Siébel, interprété par , peine à convaincre par un manque de prestance, de projection et de corps sonore rendant difficile le passage de l’orchestre.

C’est sous la direction de que l’Orchestre du Capitole témoigne de ses qualités d’homogénéité et de texture malgré quelques problèmes de justesse aux cordes durant la première partie du troisième acte. Dans son entièreté, les deux premiers actes sont pleinement convaincants par les impressionnantes prestations du chœur et la remarquable interprétation de Le Veau d’or est toujours debout par . Cependant la première moitié du troisième acte vient ternir ce début saisissant par des problèmes énoncés ci-dessus à l’orchestre mais également par des débuts difficiles de Marguerite. Malgré cela, la force dramatique des solistes et du chœur du Capitole, ainsi que la mise en scène viennent donner aux deux derniers actes une ampleur poignante à l’ouvrage. L’ensemble de la mise en scène propose une sobriété dramatique efficace dont la précision est remarquable. Le travail de mise en espace du chœur est tout aussi saisissant, donnant à l’ensemble de l’ouvrage un relief notable. De par son homogénéité et les qualités de texture, de diction et du respect de la ligne prosodique, le chœur du Capitole vient confirmer sa renommée et celle de la maison.

Une très belle fin de saison qui tisse des liens avec la tradition d’une part par le biais d’une mise en scène respectant soigneusement l’œuvre de et d’autre part en soulignant le passé du Théâtre du Capitole en optant pour cette œuvre si magistralement enregistrée par Michel Plasson et mise en scène par .

Crédits photographiques : (c) David Herrero / Théâtre du Capitole de Toulouse