Josep Pons dirige les œuvres religieuses de Poulenc à Toulouse
Pour un soir à Toulouse, Josep Pons revient devant l'Orchestre national du Capitole avec le chœur espagnol Orfeón Donostiarra, dans un programme composé de deux pièces religieuses de Poulenc, le Gloria puis le Stabat Mater.
Si l'on cherche les dernières apparitions de Josep Pons à Paris, on remonte à un concert de 2017 au programme hispanique avec l'Orchestre de Paris. Pourtant, le chef bien connu par ses nombreux enregistrements pour Harmonia Mundi est toujours directeur musical de plusieurs salles et formations de l'autre côté des Pyrénées, notamment du grand théâtre du Liceu de Barcelone.
Pour l'entendre presque chaque saison, il faut aller à Toulouse, où il est déjà venu cette année avec ce même Orfeón Donostiarra, un chœur du Pays Basque espagnol, plus exactement de San Sebastián. Avec un programme court, le concert de ce soir se concentre sur les deux ouvrages de Francis Poulenc. Et comme toujours quand ils sont donnés ensemble (même si le sens d'écriture est inversé dans le temps), le Gloria est joué avant le Stabat Mater.
Presque écrite pour le même effectif, les deux pièces utilisent aussi la même chanteuse sur chaque album où elles sont couplées, même si le Stabat Mater peut bénéficier d'une voix moins étincelante et plus profonde que le Gloria. En l'occurrence, c'est ici la jeune soprano franco-catalane Lauranne Oliva qui se charge des parties de soprano. Assise en biais par rapport au chef, la chanteuse ne projette que sur cette ligne de direction lorsqu'elle se lève, sans jamais regarder le reste de la salle, au risque d'un volume sonore relativement petit, non servi par l'acoustique de la Halle aux Grains. La voix est nette au Domine Deus du Gloria, mais pour nous qui sommes à la droite de la soprano, elle est couverte dès que le chœur chante en même temps. C'est la même chose au second Domine Deus, agneus dei, même si ses « Qui tollis peccata mundi » ressortent avec une meilleure clarté.

Au moins, le chœur Orfeón Donostiarra ravive la partition à chaque intervention, tandis que la direction de Josep Pons se montre sobre, parfois plus enjôleuse comme à la fin de cette partie précitée. L'Orchestre nationale du Capitole de Toulouse associe pour sa part des couleurs tout à fait adaptées à cette partition française, avec de belles interventions notamment dans les cuivres, et quelques limites sur certains soli de la petite harmonie ou sur les contrebasses souvent en retrait.
Au Stabat Mater, les bois semblent d'abord perdus à l'introduction, mais ils se recalent assez rapidement pour une prestation là encore sobre, sans véritable affectation par la distance qu'y prend le chef, mais aussi et surtout par le manque de réverbération de la salle par rapport à ce qu'aurait procuré une acoustique d'église. Ici encore, le chœur préparé par José Antonio Sainz Alfaro délivre bien plus de ferveur que les autres protagonistes et procure les meilleures sensations de la soirée. En plus, il est utilisé à 5 voix beaucoup plus séparées entre elles que dans le Gloria. Alors, se démarque au O quam tristis le superbe moment soliste des ténors, relayé ensuite par les femmes, bien accompagnées par les harpes. Au Vidit suum la partie solo de Lauranne Oliva est moins portée sur le grave que dans beaucoup d'interprétations de la pièce, mais d'une grande justesse à l'aigu.
C'est toujours un plaisir d'entendre ces deux pièces de Poulenc, mais jouer ce même programme deux soirs au Couvent des Jacobins aurait sans doute permis de faire passer beaucoup plus d'émotion.






