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Francesco Corbetta, quintessence de la guitare baroque

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Francesco Corbetta (1615-1681) : Mantovana ; Sinfonia ; Folia ; Sinfonia 2 ; Passacaglia sopra re ; Spagnoletto ; Preludio al quinto tuono ; Almanda, Sarabanda, Sarabanda, Chiacona, Gavotte aymée du Duc de Monmouth ; Allemanda del 5. to un tuon piu alto ; Sua Corrente, Sarabanda, Passacaglia sopra ut ; Sarabanda – Tombeau de Madame ; Prelude en ut sol ut fa si bémol ; Sarabande – Tombeau de Madame, Passacaille, Caprice de Chaconne, Allemande chérie du Duc d’York ; Trompette Tambour de France et de Suisse sur la prise de Maastricht ; Autre Chaconne ; Folie, Allemande aymée du Roy. Robert de Visée (ca. 1650-1725) : Allemande grave – Tombeau de Mr Corbet. Ensemble La Ghirlanda Mosicale : Ugo Nastrucci, Giangiacomo Pinardi, Michele Pasotti, guitare baroque ; Massimo Lonardi, archiluth ; Anna Simboli, Monica Piccinini sopranos ; Matteo Bellotto, basse. 1 Dynamic CDS 517. Enregistré en Italie, en mars et novembre 2004. Notice multilingue (italien-anglais-allemand-français). Durée : 73’21’’.

 

Avec l’Italien nous avons véritablement affaire à un Maître de musique tel qu’en produisit le XVIIe siècle. Musicien virtuose, il parcourut l’Europe se produisant dans toutes les cours importantes. Compositeur prolixe, il légua à la postérité cinq livres de musique traçant la voie d’un répertoire pour la guitare baroque distinctement du luth. Professeur influent, il assura la transmission de sa virtuosité à plusieurs autres guitaristes destinés eux aussi à la postérité, tel Robert de Visée.

Avec le présent album, fidèlement, la guitare baroque est à l’honneur avec un choix de compositions équilibrées, mais presque minimalistes (sans être ternes) puisque basées sur le solo, tout en finesse d’exécution mettant en valeur le timbre de l’instrument.

Ainsi de l’Ensemble à l’initiative de ce disque, La Ghirlanda Mosicale, on pourrait signaler d’emblée que le mot « guirlande », qui pourrait évoquer ce qui brille, ce qui est exposé pour briller, ne doit pas tromper. Ici – est-il nécessaire de l’indiquer ? –, nul championnat du monde de rapidité d’exécution, nul concours de dextérité dont l’excellence se vérifierait avec les outils acoustiques du physicien ! L’expression musicale se fait ultrasensible, intimiste, l’instrument se met à nu, à disposition du for intérieur de l’auditeur. Et La Ghirlanda Mosicale justifie son nom tiré du traité du musicien italien Giovanni Battista Magone (1560-1618), publié à Pavie, un compendium des sept arts libéraux d’où se détache la musique « qui apporte le plaisir à l’âme ».

Oserait-on soutenir des compositions de Corbetta qu’elles sont ce que Sainte Colombe est à Marin Marais : expression épurée, ornementations subtiles, fines mélodies ?

Arrêtons-là ce parallèle qui ne doit pas dérouter le lecteur, car il faut compter aussi avec l’agencement intelligent de cet album qui ne sombre pas non plus dans l’austérité en faisant intervenir, de façon régulière tout le long des 27 plages, des pièces plus légères avec cette fois les deux voies féminines au devant de la scène avec des mélopées somptueuses… et le charme opère : ravissement du baroque, du baroque que l’on aime.

Somme toute, un bel album mais, pourrait-on dire in-fine, un album qui relève d’un répertoire exigeant, tout en nuances.

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