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Quand Joseph et Wolfgang se mettent au piano

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) : Sonates pour piano n°13 en si bémol majeur KV 333 et n°7 en ut majeur KV 309 ; Joseph Haydn (1732 – 1809) : Sonates pour piano n°60 en ut majeur Hob XVI : 50 et n°31 en la bémol majeur Hob XVI : 46. Claire-Marie Le Guay, piano. 1 CD Accord 480 1704. Code barre : 028948017041. Enregistré en juillet 2008 à l’Espace de projection de L’IRCAM à Paris. Notice bilingue en français et en anglais. Durée : 81’26.

 

Avez-vous déjà remarqué que l’association/binôme/couple/duo/paire est un regroupement constamment présent dans notre vie et ce, dans de très nombreux domaines ? Ces groupes de deux personnes ou idées sont constitués soit en opposition (Bien/Mal, blanc/noir, salé/sucré), soit en complémentarité (Yin/Yang, steak/poivre, Pierre Dac/Francis Blanche). En musique, activité humaine jouant énormément sur cette idée de contraste, il est donc assez fréquent de voir associer/comparer des compositeurs comme Bach et Haendel, Verdi et Wagner ou Les Beatles et les Rolling Stones. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, il s’agit de Haydn et Mozart.

La pianiste s’est donc promenée dans le répertoire de nos deux musiciens amis et a pioché çà et là deux sonates de chacun d’eux qu’elle a regroupées selon l’idée directrice que ces œuvres ressemblaient à des mini-concertos pour piano.

Mettons le disque sur notre Bang & Olufsen équipé de Harmon Kardon, installons-nous sur notre Roche & Bobois en sirotant un milk-shake tout en grignotant un Lefèvre-Utile, et laissons-nous donc prendre par ce Haydn-Mozart, joué sur un Steinway & Sons. Ce qui frappe d’emblée, sans avoir à prendre d’Alka-Seltzer, c’est la grande différence entre eux, parfaitement soulignée voire subie par la pianiste. Haydn écrit véritablement pour le piano, instrument à clavier, avec tous les effets sonores dont cet instrument est capable à l’époque, notamment dans la différenciation des plans sonores et des attaques. Mozart, quant à lui, semble parfaitement insaisissable, tant il fournit à l’interprète bien peu de matière musicale, à savoir bien peu de notes. Techniquement de manière purement digitale, le premier semble beaucoup plus difficile à jouer tandis que le second va être plus redoutable encore à interpréter tant les silences entre les notes prendront ici de l’importance.

Dès les premières notes mozartiennes, le Badura-Skoda en mains (le Lagarde et Michard ou le Gault-Millau comme vous voulez de l’interprétation au piano de ce compositeur), quelque chose ne fonctionne pas correctement, les notes semblent par trop appuyées, le son est un peu trop gros, notre Wolfgang semble un peu joué au Massey Ferguson plutôt qu’en Rolls-Royce. En revanche, les partitions de Haydn bénéficient d’un traitement plus fin et plus satisfaisant, semblant beaucoup plus à son aise dans ce répertoire. Certains passages sont d’ailleurs dignes des productions Van Cleef & Arpels.

Bon, vous l’avez compris : inutile de prendre votre Aston Martin ou votre Harley-Davidson pour aller chercher Starsky et Hutch afin qu’ils utilisent leurs Smith & Wesson contre ce disque, ce serait très exagéré comme il ne mérite pas non plus un Roux-Combaluzier commandé chez Leroy-Merlin pour le mener vers l’échafaud. Un petit allègement du trait à coup de Lefranc-Bourgeois est juste nécessaire pour que le Mozart s’améliore et que cet album se place sur votre bibliothèque.

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