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Le Ravel d’Alice Ader en rupture d’intentions

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Maurice Ravel (18975-1937) : Intégrale pour piano seul. Alice Ader, piano. 1 cd Fuga Libera FUG592. Code barres : 5400439005921. Enregistré à l’IRCAM en 2002. Notice bilingue (français-anglais) bien développée de Michel Stockhem. Durée totale : 2h23’48

 

Nous voici bien ennuyés face à l’arrivée de ce double album consacré à l’intégrale pour piano de par . Et au mieux partagé quant à sa réussite totale. Pour celle qui avait bien réussi il y a longtemps ses Debussy, le test à l’aveugle étant  impossible pour nous. Si vous avez la chance de connaître un ami qui en possède plusieurs versions, demandez-lui de vous faire écouter Gaspard de la nuit ou la Pavane pour une infante défunte à côté des très grands, auprès desquels nous aurons là encore des a priori plus que favorables. La pianiste a pour elle un Ravel dénué de maniérisme, un piano propre et bien dosé, un toucher bien sonnant aux moments forts, délicat dans les arabesques, subtil dans la conduite du chant. Mais alors, direz-vous, d’où vient cette impression qui ne se dégagera qu’à l’écoute comparative, ou à condition d’avoir une très bonne mémoire auditive ?

D’abord une propension à tenir des tempos très posés, voire lents, dans la globalité des pièces, à quelques exceptions près (Une barque sur l’océan). Cela ne poserait pas de problèmes si au bout de quelques mesures interminables de la Pavane on en vienne à se demander où l’on va et combien de temps cela va-t-il durer ? Le souci est là : une lenteur, oui, du moment qu’elle est habitée. Or, dans cette trop fameuse Pavane, il ne se passe strictement rien, et l’on s’ennuie ferme. Prenons un autre exemple, le Gibet. Sons de cloches obsédants magnifiés par les cent cinquante-trois si bémols (!), glas lugubre, implacable régularité, hallucinations nocturnes… et désastres interprétatifs en perspective ! n’en est pas là, fort heureusement, mais l’impression est la même au bout d’un certain temps : le piège de la lenteur se referme sur nous et sur la pianiste qui ne donne pas la vie à ce pendu. On suit le texte, c’est tout. Et le reste du programme est à l’avenant.

Que penser de cette main droite antithétique dans L’Ondine, d’une lourdeur handicapante, qui piétine le texte sans avancer ? Et ces Oiseaux tristes qui, à trop vouloir rechercher le texte, appartiennent davantage au monde musical pur qu’à la gent volatile ?

Une belle déception, un disque sans surprises si ce n’est dans le mauvais sens, qui satisfera sans doute pour un premier achat, mais ne s’imposera nullement à long terme.

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Maurice Ravel (18975-1937) : Intégrale pour piano seul. Alice Ader, piano. 1 cd Fuga Libera FUG592. Code barres : 5400439005921. Enregistré à l’IRCAM en 2002. Notice bilingue (français-anglais) bien développée de Michel Stockhem. Durée totale : 2h23’48

 
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