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Feda Wardak et Saïdo Lehlouh prennent l’escalier pour tenter d’atteindre les étoiles

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Lyon. Les Subsistances. 6-VI-2026.Dans le cadre des Nuits de Fourvière. « Ce que le ciel ne sait pas », Direction artistique et dramaturgique : Feda Wardak. Chorégraphie et collaboration à la dramaturgie : Saïdo Lehlouh. Musique : Deena Abdelwahed. Avec : Mehdi Baki, Marina De Remedios, Johanna Faye, Sonia Ichti et Léo Merrien. Lumière Tom Visser en collaboration avec Edward Saunders. Costumes Théo Ech-Cheikh assisté d’Agathe Leroy et Louis-Matteo Martinez. Couturière voiles Ameline Baudoin

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Dans le cadre des Nuits de Fourvière, le plasticien et le chorégraphe ont créé un spectacle hybride, Ce que le ciel ne sait pas, pour évoquer une résistance afghane à des chantiers de forage.

En s'installant à la nuit tombante sous la grande verrière des Subsistances à Lyon on est saisi par la masse qui se dresse au centre. Une immense bâche verticale de camouflage aux couleurs sable couvre une structure à découvrir. Le plateau qui enserre cet objet est un grand plan incliné.

Petit à petit des personnages émergent de l'arrière ou de l'intérieur de cette bâche, comme un abri. Ils portent tous, hommes et femmes, des vêtements semblables, des sortes de tenues traditionnelles afghanes qui font aussi penser aux personnages du film Dune. Très vite ils laisseront glisser leur châle de leur tête au sol. On peut y voir une famille, des amis, des survivants d'un village cheminant dans cet espace. La bande son laisse entendre des phrases d'abord en français. Le mot guerre émerge dans ce soliloque. Les danseurs prennent des attitudes très mesurées. Murmures aux oreilles les uns des autres, attitudes à genoux, gestes d'affection comme cet homme qui lisse les longs cheveux d'une femme agenouillée devant lui. Elle entame un solo balançant ses longs cheveux en tournant la tête. 

Puis ce petit théâtre de gestes du quotidien prend une dimension plus monumentale avec le dévoilement de la grande structure verticale au centre du plateau. Il s'agit d'un immense escalier métallique en colimaçon qui tourne sur lui même. Belle structure graphique hélicoïdale, prenant bien la lumière. Les interprètes s'en emparent. D'abord un homme perché dans les hauteurs, les deux mains ouvertes paumes vers le ciel. Il les passe sur son visage. Prière, ablutions ? Un autre homme émerge du sous-sol dans lequel s'enfonce l'escalier. Il tient une grosse pierre à la main. Il la pose à l'avant scène. D'autres pierres seront ainsi disséminées sur le plateau au fil de la pièce. Les cinq danseurs entament une série de gestes comme pour chasser la poussière de leurs vêtements. La scène évoque la rénovation entamée par des villageois de structures d'irrigation souterraines anciennes dans leur pays. La pièce s'inscrit d'ailleurs dans un projet pluridisciplinaire intitulé Chercheurs d'eau.

Puis ils investissent à nouveau le grand escalier. Montant, descendant, se croisant, entrant ou sortant de la colonne centrale. L'escalier tourne lentement sur lui-même, comme une grosse machine de chantier. Il est censé évoquer ces forages occidentaux contre lesquels se mobilisent des Afghans. Mais la structure semble tourner à vide. Les gestes des danseurs sur celle-ci ne sont que figuration. 

Puis s'installe une atmosphère très humaine lorsqu'ils évoluent sur l'avant scène inclinée. Le moment choral des trois femmes et deux hommes entre danse hip hop et traditionnelle, naviguant entre les pierres qui jalonnent le sol est remarquable. La douce course poursuite entre un homme et une femme, frère, sœurs, ou jeunes amants, tournant à une tendre bataille entre les deux corps au sol est d'une belle fluidité. 

Mais le tout laisse le spectateur sur sa faim. et ses danseurs ont sans aucun doute installé une atmosphère humaine, attentive et tendre sur le plateau avec la complicité musicale de . Ils donnent envie de s'attarder sur l'histoire de ces personnages attachants. Mais l'installation monumentale et esthétique de semble simplement cohabiter avec les personnages sur scène.

Crédits photographiques : © et Julie Cherki

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Lyon. Les Subsistances. 6-VI-2026.Dans le cadre des Nuits de Fourvière. « Ce que le ciel ne sait pas », Direction artistique et dramaturgique : Feda Wardak. Chorégraphie et collaboration à la dramaturgie : Saïdo Lehlouh. Musique : Deena Abdelwahed. Avec : Mehdi Baki, Marina De Remedios, Johanna Faye, Sonia Ichti et Léo Merrien. Lumière Tom Visser en collaboration avec Edward Saunders. Costumes Théo Ech-Cheikh assisté d’Agathe Leroy et Louis-Matteo Martinez. Couturière voiles Ameline Baudoin

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