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Warner s’approprie officiellement Karajan

À emporter, CD, Musique symphonique

KARAJAN – WIENER PHILHARMONIKER – 1946-1949. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n°5, op. 67 ; n°8, op. 93 ; n°9, op. 125 « Chorale ». Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°2, op. 73. Emmanuel Chabrier (1841-1894) : España, rhapsodie pour orchestre. Pietro Mascagni (1863-1945) : Cavalleria Rusticana : intermezzo. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Adagio et Fugue, K. 546 (version orchestrale) ; Concerto pour clarinette, K. 622 ; Divertimento n°17, K. 334 : Adagio ; Die Entführung aus dem Serail, K. 384 (extrait) ; Die Zauberflöte, K. 620 (extrait) ; Don Giovanni, K. 527 (extraits) ; Le Nozze di Figaro, K. 492 : ouverture et extraits ; Danses allemandes, K. 605 n°3 « Die Schlittenfahrt » ; K. 600 n°5 « Die Kanarienvögel » ; Musique funèbre maçonnique, K. 477 ; Sérénade n°13, K. 525 « Eine kleine Nachtmusik » ; Symphonie n°33, K. 319 ; Symphonie n°39, K. 543. Giacomo Puccini (1858-1924) : Gianni Schicci (extraits) ; La Bohème (extraits) ; Manon Lescaut : intermezzo. Emil Nikolaus von Reznicek (1860-1945) : Donna Diana, ouverture. Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°9, D. 944 « La Grande ». Bedřich Smetana (1824-1884) : La Fiancée Vendue (extraits). Johann Strauss II (1825-1899) : Ouvertures, Valses, Polkas. Josef Strauss (1827-1870) : Valses. Richard Strauss (1864-1949) : Metamorphosen pour cordes ; Ariadne auf Naxos (extraits) ; Der Rosenkavalier (extraits) ; Salome (extraits). Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Roméo et Juliette, ouverture-fantaisie ; Symphonie n°6, op. 74 « Pathétique ». Richard Wagner (1813-1883) : Der Fliegende Holländer (extraits) ; Die Meistersinger von Nürnberg (extraits) ; Lohengrin (extraits) ; Tannhäuser (extraits). Leopold Wlach, clarinette. Maria Cebotari, Hilde Konetzni, Elisabeth Schwarzkopf, Irmgard Seefried, Ljuba Welitsch, soprano ; Elisabeth Höngen, mezzo-soprano ; Gertrud Schuster, alto ; Julius Patzak, Josef Witt, ténor ; Erich Kunz, baryton-basse ; Hans Hotter, basse. Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde, Vienne. Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Herbert von Karajan. 1 coffret 10 CD Warner Classics 825646336180. Code barre : 825646336180. Enregistré entre septembre 1946 et novembre 1949 à la Grosser Musikvereinssaal et la Brahms-saal, Vienne. ADD [mono]. Notices trilingues (anglais, allemand, français) bonnes. Durée : 73’34, 72’03, 70’06, 73’51, 61’50, 42’43, 72’31, 66’13, 76’51, 69’49.

KARAJAN – BERLINER PHILHARMONIKER – 1970-1981. Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un Thème de Haydn, op. 56a ; Ouverture Tragique, op. 81. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 « Romantique » ; Symphonie n°7. Engelbert Humperdinck (1854-1921) : Hänsel und Gretel, ouverture. Franz Schmidt (1874-1939) : Notre Dame, intermezzo. Johann Strauss II (1825-1899) : Die Fledermaus, ouverture ; Der Zigeunerbaron, ouverture ; Annen-Polka, op. 117 ; An der schönen, blauen Donau, op. 314 ; Tritsch-Tratsch Polka, op. 214 ; Kaiser-Walzer, op. 437. Richard Strauss (1864-1949) : Ein Heldenleben, op. 40 ; Symphonia Domestica, op. 53. Richard Wagner (1813-1883) : Der Fliegende Holländer, ouverture ; Tannhäuser, ouverture et bacchanale du Venusberg ; Die Meistersinger von Nürnberg, prélude de l’acte 1 ; Lohengrin, préludes des actes 1 et 3. Parsifal, préludes des actes 1 et 3 ; Tristan und Isolde: prélude et mort d’Isolde. Chor der Deutschen Oper Berlin. Orchestre philharmonique de Berlin, direction : Herbert von Karajan. 1 coffret 6 CD Warner Classics 825646336227. Code barre : 825646336227. Enregistré entre septembre 1970 et janvier 1981 à la Jesus Christus Kirche et la Philharmonie, Berlin ; à la Salle Wagram, Paris. ADD [stéréo]. Notices trilingues (anglais, allemand, français) bonnes. Durée : 70’18, 68’09, 52’28, 75’48, 78’40, 75’59.

 

825646336180_3DL’Édition Karajan officielle remasterisée comprend 13 coffrets contenant les transferts officiels des plus beaux enregistrements (selon Warner Classics) du chef d’orchestre autrichien réalisés pour EMI entre 1946 et 1984 ; il ne s’agit donc pas d’une intégrale comme l’avait déjà publiée EMI en 2008 sous forme de deux amples coffrets (88 CDs 5120382 et 71 CDs 5119732). Voici donc deux de ces albums Warner Classics, et tous sans exception mentionnent en leur dos « nouvellement remasterisés à partir des bandes mères originales », ce qui pour le premier coffret n’a pas de sens, vu qu’il concerne les 78 tours gravés à Vienne entre 1946 et 1949, période où EMI n’enregistrait pas encore sur bande magnétique…

Ceci dit, les gravures de Karajan à Vienne au lendemain de la guerre n’était certainement pas les premiers accomplissements sur disque du grand chef salzbourgeois : dès décembre 1938, il nous lègue son tout premier 78 tours chez Polydor, l’ouverture de La Flûte Enchantée de Mozart, suivie jusqu’en septembre 1943 de toute une série d’autres 78 tours réédités opportunément en un coffret Deutsche Grammophon (4776237). Mais c’est l’intransigeant producteur musical de la Columbia anglaise Walter Legge qui lance véritablement la carrière discographique de Karajan au lendemain de la guerre, dès septembre 1946 à Vienne.

Le premier coffret sous rubrique rassemble ainsi toutes les gravures 78 tours orchestrales viennoises du chef, augmentées d’extraits d’opéra dont certains permettront à , future Madame Legge, de faire ses premiers pas discographiques. L’intérêt est donc d’entendre l’ à une époque où l’Europe affaiblie cherchait surtout à se nourrir d’autre chose que de spiritualité, et l’on se rend compte à l’audition que les conditions techniques correspondant au crépuscule du 78 tours au lendemain de la guerre, n’étaient pas toujours à la hauteur de l’idéal voulu par Legge et Karajan : de fait pratiquement tout le répertoire présenté ici sera réenregistré de manière bien plus convaincante sur bande magnétique, et surtout avec la phalange fétiche de Legge, le Philharmonia Orchestra de Londres. Ce n’est toutefois pas une raison de bouder notre plaisir à l’audition d’une des plus belles Symphonie n°6 op. 74 « Pathétique » de Tchaïkovski commises au disque (en janvier 1949) ; de la Symphonie n°9 op. 125 de Beethoven avec, hormis la toujours présente , les prestations des légendaires Elisabeth Höngen, et dans une gravure de novembre et décembre 1947 ; ou de la Symphonie n°33 K. 319 de Mozart, superbe par les Viennois en octobre 1946, que Karajan ne devait réenregistrer qu’une seule fois, moins bien, à Berlin en août 1965… De même, le 78 tours permettait de contenir idéalement des pièces plus courtes, dont certaines adorées par Karajan, comme España de Chabrier en décembre 1947, ou des pages de la famille Strauss, particulièrement Sphären-Klänge (Musique des Sphères) de en octobre 1949.

Les deux derniers disques du coffret viennois contiennent une multitude d’arias ou extraits d’opéras tout aussi éblouissants les uns que les autres, avec des « stars » comme on n’en fait plus, notamment Ljuba Welitsch dans le rôle de Salomé… Mais Karajan prendra la peine de graver plus tard la plupart de ces mêmes opéras intégralement : Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, Die Zauberflöte, Der fliegende Holländer, Die Meistersinger von Nürnberg, Tannhäuser, Lohengrin, Der Rosenkavalier, Salomé, Ariadne auf Naxos, La Bohème…

HerbertVonKarajan-HaydnMozartSchubertSymphonies19701981_grandeLe second coffret rend hommage aux Berliner Philharmoniker. Après le départ de Walter Legge d’EMI en 1964, Karajan s’intéressa de plus près aux techniques de l’enregistrement et à l’acoustique des salles, notamment à celle de la nouvelle salle des Berliner Philharmoniker inaugurée en 1963. En octobre 1970 et février 1971, les Symphonies n°4 « Romantique » et n°7 de Bruckner, furent parmi les dernières œuvres captées en l’Église Jesus-Christus, sans doute plus appropriée à leur esprit. Elles sont historiquement précieuses, car avant la fameuse intégrale de 1976-1882 chez Deutsche Grammophon, et si l’on exclut une Symphonie n°9 en 1966 chez le même éditeur, elles font partie des premières incursions du maître dans l’univers brucknérien. Toutefois on regrettera amèrement que Warner n’ait pas saisi l’opportunité d’y joindre la superbe Symphonie n°8 gravée en mai 1957… La prise de son d’EMI, moins proche et analytique que chez DG, convient idéalement à ces fresques sonores majestueuses où la philharmonie berlinoise semble se substituer à un immense orgue dont les variations de nuances seraient infinies et idéalement progressives.

Les autres pages de cet album, que ce soit celles de Wagner, Richard Strauss ou celles plus légères de la famille Strauss viennoise, bénéficient de l’acoustique enfin maîtrisée de la salle des Berliner Philharmoniker. Les extraits symphoniques wagnériens, en particulier, sont extraordinaires de vie, de clarté et de lisibilité, tout en étant exempts de la moindre lourdeur : ils ont bénéficié de l’expérience sonore acquise par Karajan lors de son Ring célèbre – mais parfois controversé – chez DG entre 1967 et 1970. Et par ailleurs, on ne peut qu’admirer la splendeur de la perfection d’Une Vie de Héros (Le Champ de Bataille !) ou l’incroyable exubérance débridée de la fin de la Symphonie Domestique où se déchaîne une Philharmonie de Berlin qui se surpasse tout en ne craignant pas de prendre des risques…

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