Le Tanztheater Wuppertal comme au cinéma

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Théâtre national de la danse de Chaillot. 02/VII/19. Dans le cadre de la programmation du Théâtre de la Ville Hors-les-murs. Tanztheater Wuppertal Pina Bausch : Bon voyage, Bob. Texte, mise en scène, chréographie : Alan Lucien Øyen. Collaborations artistiques : Daniel Proietto, Andrew Wale. Scénographie : Alex Eales. Costumes : Stine Sjogren, assisté d’Anna Lena Dresia. Son : Gunnar Innvoer. Lumières : Martin Flack. Avec Regina Advento, Pau Aran Gimeno, Emma Barrowman, Rainer Behr, Andrey Berezin, Cagdas Ermis, Jonathan Frederickson, Nayoung Kim, Douglas Letheren, Nazareth Panadero, Héléna Pikon, Julia Shanahan, Christophe Tandy, Stephanie Troyak, Aida Vaineri, Tsai-Chin Yu

Alan Lucien Oyen 06©Mats BackerDix ans après le décès brutal de , les danseurs du osent se mettre dans les mains d’un autre chorégraphe. Le NorvégienAlan Lucien Øyen relève le gant avec un spectacle fleuve très cinématographique, Bon voyage, Bob.

C’est un décor de cinéma plus que de théâtre qui accueille le spectateur à Chaillot pour cette visite annuelle rituelle du à Paris. Pans de murs ou embryons de cuisine, fenêtres sans vue, portes qui débouchent sur les coulisses, on voit l’envers au même titre que l’endroit du décor dans lequel évoluent les danseurs historiques de la compagnie de Wuppertal.

Auteur autant que chorégraphe, met en scène les interprètes dans des saynètes ironiques tournant autour du deuil, de la maladie, du suicide et de la mort. Il a écrit des textes dans lesquels il varie les registres, passant de l’interrogatoire policier à la confession absurde, de la réunion de famille à la dispute. C’est drôle parfois, angoissant souvent…
Chacune de ces scènes prend place dans une atmosphère vintage et nostalgique, installant une atmosphère proche des tableaux d’Edward Hopper ou des films noirs américains des années 50. Les accessoires, téléphone avec fil, tourne-disque, table de cuisine ou vieux lit à barreaux contribue à créer cette ambiance. Avec leurs vêtements légèrement rétro, les danseurs s’insèrent naturellement dans ces tableaux, incarnant tour à tour de nombreux personnages, saisis dans les moments les plus intimes de la vie.

Trop rare, la danse surgit parfois comme une fulgurance, dans un solo incandescent entre deux saynètes ou s’incarne dans la présence intense d’un groupe de danseurs qui fixe le spectateur, mais l’essentiel de la proposition d’ tourne autour d’un vocabulaire théâtral plus que chorégraphique.

Malgré la lenteur et la longueur du spectacle, il est plaisant de revoir ces silhouettes familières : Héléna Pikon, Nazarath Panaredo, Julia Shanahan ou Andrey Berezin. Seraient-elles ailleurs à leur place que dans cette compagnie ? Peuvent-elles vraiment se départir du style corporel que leur a inculqué pendant toutes ces années ? Cela semble aujourd’hui presque impossible tant leur gestuelle, leurs corps tout entier est marqué par cette expérience.

Crédits photographiques : © Mats Backer

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