La Scène, Opéra, Opéras

Banale Norma moderne par Orpha Phelan

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Wexford. National Opera House. 3-VI-2026. Vincenzo Bellini (1801-1835) : Norma, opéra en deux actes sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie Norma ou L’Infanticide d’Alexandre Soumet. Mise en scène: Orpha Phelan. Décor et costumes: Madeleine Boyd. Lumières : Matt Haskins. Chorégraphie: Adam Haigh. Avec : Salome Jicia, soprano (Norma) ; Siobhan Stagg, soprano (Adalgisa) ; Mario Chang, ténor (Pollione) ; William Guanbo Su, basse (Oroveso) ; Leanne Fitzgerald, mezzo-soprano (Clotilde) ; Aaron O’Hare, ténor (Flavio). Chœur (Chef de chœur : Richard McGrath) et Orchestre de l’Irish Opera House, direction musicale : Maurizio Benini

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    Même modernisée, la nouvelle production de Norma mise en scène par n'offre rien de bien neuf. Et c'est surtout à l'équipe musicale qu'incombe la transmission de la plus célèbre partition de Bellini.

    Au sud est de l'Irlande, Wexford est probablement le seul endroit au monde possédant un opéra « presque plus grand » que la ville qui l'entoure. Le mélomane en déniche l'accès dans une ruelle minuscule, comme l'église toute proche « au centre du village ». Le National Opera House a été bâti en 2008 à l'emplacement même de l'ancien Théâtre Royal qui abrita, dès 1951, l'automnal Wexford Festival Opera, manifestation fondée, sous le nom de « Festival de la musique et des arts », par une poignée de passionnés désireux de révéler des œuvres par trop méconnues.

    Méconnue, ce n'est pas le cas de Norma, donnée après Dublin et avant Cork (aujourd'hui les principaux ports d'attache de l'Irish National Opera) dans la chaleur boisée très Glyndebourne du National Opera House. D' on a pu voir en France une Bohème presque banale. Tout autant l'est sa Norma, bien que téléportée dans le quotidien guerrier du XXIe siècle. De ce quotidien contemporain le prudent anonymat n'évoque rien de précis, laissant très vite le spectateur à distance du moindre enjeu, comme dans tant de mises en scène inoffensives de jadis. On sait depuis déjà belle lurette que treillis et kalachnikovs (même braquées sur le public) ne sont pas les alibis suffisants d'une inspiration de surface. Chiche en idées (deux figurants postés en vigie quasiment tout le long de la représentation ne suffisent pas à partager l'effroi face à la menace de l'envahisseur), la réalisation manque vraiment de personnalité entre agitation de façade et direction d'acteurs globalement impersonnelle. L'Irish National Opera nous a, il est vrai, habitués à mieux avec les Strauss de Bruno Ravella.

    Dès la première scène, le décor unique de Madeleine Boyd (un bric-à-brac entassé dans une église en ruines) avoue les mêmes limites, les modules poussés à vue dans ce bunker des assiégés (même les enfants censés cachés de Norma s'y terrent,  quand ils n'y jouent pas à la marelle) ne dépassant jamais un laborieux statut d'expédients.

    Fosse et plateau sont de bien meilleurs défenseurs de cet opéra dont l'inspiration mélodique séduisit même Wagner. A la baguette tient fermement, même si sans surprise véritable, les rênes d'une distribution sans aucun point faible. Respectivement confiés à Aaron O'Hare et à , les rôles de Flavio et de Clotilde ne sont en rien épisodiques. Celui d'Oroveso force d'emblée le respect, l'émission sonore et juvénile de démarquant le personnage de tout pontifiant druidique. Le Pollione de fait montre de la puissance bravache attendue dans la veulerie du personnage, entre , impeccable Adalgisa, et , dont l'on retrouve après sa magnifique prestation toulonnaise les affinités avec Norma, au fil d'une interprétation qui gagnerait au polissage de certains aigus par trop dardés. Les nombreuses et ardentes interventions du chœur de l'Irish National Opera achèvent d'adouber cette partie musicale de très belle volée.

    Ce spectacle ne dérangera guère ceux qui accusent nombre de mises en scène de parasiter la musique, comme ceux qui confessent fermer les yeux à l'opéra. Les autres, qui savent combien un metteur en scène inspiré peut exalter même une œuvre aussi rebattue que Norma (Moshe Leiser et Patrice Caurier par exemple) rongeront leur frein contraints à la seule bande-son d'une production qui risque de donner du grain à moudre aux aficionados de l'opéra en version de concert.

    Crédit photographique : © Ruth Medjber

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    Wexford. National Opera House. 3-VI-2026. Vincenzo Bellini (1801-1835) : Norma, opéra en deux actes sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie Norma ou L’Infanticide d’Alexandre Soumet. Mise en scène: Orpha Phelan. Décor et costumes: Madeleine Boyd. Lumières : Matt Haskins. Chorégraphie: Adam Haigh. Avec : Salome Jicia, soprano (Norma) ; Siobhan Stagg, soprano (Adalgisa) ; Mario Chang, ténor (Pollione) ; William Guanbo Su, basse (Oroveso) ; Leanne Fitzgerald, mezzo-soprano (Clotilde) ; Aaron O’Hare, ténor (Flavio). Chœur (Chef de chœur : Richard McGrath) et Orchestre de l’Irish Opera House, direction musicale : Maurizio Benini

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