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Lulu spectaculaire avec Marisol Montalvo

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Paris. Opéra de Paris-Bastille. 20-XI-2003. Alban Berg (1885-1935) : Lulu. Marisol Montalvo, Anja Silja, Franz Mazura, Claude Pia, David Kuebler, Wolfgang Schoene. Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Paris, direction : Bernhard Kontarsky. Mise en scène : Willy Decker ; décors: Wolfgang Gussmann.

Il s’agit de la deuxième reprise de la spectaculaire production du chef d’œuvre d’. Celle-ci permet de découvrir une formidable nouvelle Lulu, l’Américaine , et aussi de réentendre des chanteurs aguerris : et .

Cette Lulu de (1998) succède à celle, mythique, de Patrice Chéreau en 1979 au Palais Garnier sous la direction de Pierre Boulez — création mondiale du troisième acte de l’opéra terminé par le compositeur autrichien Friedrich Cehra. Une Lulu de plus ne fait plus aujourd’hui l’événement comme alors, tant l’opéra est désormais entré, dans sa version complétée, au répertoire de tous les théâtres lyriques. Or, le mérite du dramaturge a été de renouveler complètement le propos et de réussir un spectacle vraiment original. Décor unique de Wolfgang Gussmann, piste en cyclorama comportant de nombreuses portes ; et un niveau supérieur laissant voir une foule d’hommes en noir allant et venant : sorte de chœur antique muet représentant le surmoi de Lulu. L’action évolue dans des couleurs très vives, avec une clarté et une lisibilité indispensables à cette œuvre profuse. La direction d’acteurs est magnifique ; cette reprise bénéficie de chanteurs aux talents de comédien exceptionnels. Nouvelle venue dans cette production — mais non à l’Opéra de Paris où elle a chanté Aiglaia de la Medea de Rolf Liebermann l’an dernier —, le soprano américain d’origine portoricaine .

Déjà remarquée à Toulouse au début de l’année, cette cantatrice est aussi agile vocalement que scéniquement. Véritable tigresse, elle ne fait qu’une bouchée de ce rôle terrifiant tout comme des nombreux hommes qui peuplent le livret de ce cruel opéra-vaudeville. Physique pulpeux idéal que l’on n’a pas hésité à exploiter en la faisant évoluer dans une simple combinaison courte couleur chair… très transparente. Une révélation, après Laura Aikin — laquelle devait originellement incarner le personnage. Nous avions déjà entendu cette dernière à Amsterdam (Nederlandse Opera) l’an passé, dans une version en deux actes signée et Hartmutt Haenchen. La distribution comportait alors des interprètes déjà rompus à cet opéra comme , Comtesse Geschwitz pathétique ; et l’immense , qui passe aisément de Schoen et Jack à Schigolch.

On retrouve (pour le Peintre et le Nègre) Claude Pia, très convaincant ; ainsi que Wolfgang Schoene dans Jack et Schoen — également , Alwa un peu palot. La direction de — nouveau venu ici — est plus symphonique que théâtrale. Elle permet toutefois de mettre en valeur tous les merveilleux instrumentistes de l’Orchestre de l’Opéra de Paris.

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Paris. Opéra de Paris-Bastille. 20-XI-2003. Alban Berg (1885-1935) : Lulu. Marisol Montalvo, Anja Silja, Franz Mazura, Claude Pia, David Kuebler, Wolfgang Schoene. Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Paris, direction : Bernhard Kontarsky. Mise en scène : Willy Decker ; décors: Wolfgang Gussmann.

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