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Intégrale pour orchestre de Maurice Ravel par Inbal

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Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Chloé ; Boléro ; Rapsodie espagnole ; Alborada del gracioso ; Menuet antique ; la Valse ; Ma mère l’oye ; le Tombeau de Couperin ; Pavane pour une infante défunte ; Une barque sur l’océan ; Fanfare ; Valses nobles et sentimentales. Orchestrations – Modest Petrovitch Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Claude Debussy (1862-1918) : Danse ; Sarabande. Chœur et Orchestre National de France, direction : Eliahu Inbal. 4 CD Brilliant Classic. Réf. : 6430. Enregistré au studio 104 Radio France Paris entre 1987 et 1988. DDD. Notice en anglais (très sommaire). Durée : 238’

 

Si s’est fait connaître par ses enregistrements de l’œuvre de Gustav Mahler, le disciple de Leonard Bernstein et de Sergiu Celibidache a également entretenu une forte relation avec les grandes formations françaises au cours de sa carrière : l’occasion pour lui de se frotter aux classiques du répertoire. Le coffret qui nous occupe ici est une réédition chez Brilliant Classics d’une intégrale de l’œuvre pour orchestre de , fruit de sa collaboration avec l’, enregistrée pour le défunt label Denon.

Que retenir de ce coffret sinon son arrière-goût de trop peu ? Après tout, l’ est en terrain archi-connu, mené par un homme qui a su faire ses preuves dans les répertoires les plus variés… (Voir le portrait du chef réalisé par notre collègue Pierre-Jean Tribot) Le défaut majeur de cette intégrale réside dans la prise de son qu’on ne peut imaginer plus terne. Alors que l’œuvre de Ravel est tout en demi-teintes et contrastes, la restitution de la performance de l’orchestre est d’une affligeante pauvreté. Rien de catastrophique, mais nulle part, on ne parvient à saisir l’ensemble des couleurs mises en musique par le compositeur. Il est alors difficile de juger de la qualité des différents pupitres de l’orchestre dans ce qui tient davantage du MP3 que de la haute-fidélité.

A l’écoute du Boléro, l’on est déçu de constater que celui-ci rejoint la trop grande famille des versions développant un discours cohérent excepté les dernières mesures qui demeurent confuses et de ce fait incroyablement frustrantes. Les Tableaux d’une exposition montrent quant à eux rapidement leurs limites, souffrant de la lecture laborieuse que tente d’imposer Inbal. Karajan et son ensemble berlinois chez Deutsche Grammophone ou encore Kubelik dirigeant l’orchestre symphonique de Chicago sous le label Mercury avaient su faire preuve d’une vision largement plus ambitieuse tout en restant cohérente tout au long de la partition. Daphnis et Chloé pèche également par un élan décroissant de tableau en tableau. Là où Boulez transcende tout l’onirisme de la partition, en magnifiant chaque détail, Inbal ne va pas au-delà des simples notes, bridant son ensemble dans des tempi extrêmement rigides. L’orchestre est d’avantage à son affaire dans les courtes pièces telles Une barque sur l’océan où Inbal s’implique d’avantage et parvient à révéler la richesse de l’orchestration. La captation sonore de cette pièce à l’intelligence de ne pas exagérer à l’extrême les dynamiques. Si elles sont particulièrement fascinantes au concert, il est en effet particulièrement difficile de les assimiler au disque. On ne peut donc qu’apprécier le juste équilibre présenté ici. La Pavane pour une infante défunte, pièce redoutée de tous les cornistes pour son solo si délicat fait également partie des ces interprétations intéressantes, même si le rubato est quelquefois assez convenu, comparé à la retenue tout inspirée dont faisait preuve Marriner et l’Academy of St. Martin in the Fields (Philips). La Rhapsodie espagnole, tout comme la Valse, montre que l’orchestre français sait se montrer imaginatif et audacieux à travers des pupitres remarquablement disciplinés. Le meilleur aura finalement été gardé pour la fin, la Danse (la tarentelle styrienne), pièce de Debussy orchestrée par Ravel, recevant enfin la captation qu’elle mérite. Toute la rythmique jouissive de cette pièce vient contraster avec la mélancolique Sarabande.

La comparaison entre ce coffret et les intégrales gravées par Boulez chez Sony ou Abbado pour la Deutsche Grammophone ne donnera malheureusement pas l’avantage à Inbal. Dans la catégorie des rééditions à prix doux, nous préfèrerons orienter l’auditeur vers EMI, proposant l’intégrale enregistrée par Martinon et l’orchestre de l’ORTF couplée à l’œuvre pour orchestre de Debussy.

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Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Chloé ; Boléro ; Rapsodie espagnole ; Alborada del gracioso ; Menuet antique ; la Valse ; Ma mère l’oye ; le Tombeau de Couperin ; Pavane pour une infante défunte ; Une barque sur l’océan ; Fanfare ; Valses nobles et sentimentales. Orchestrations – Modest Petrovitch Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Claude Debussy (1862-1918) : Danse ; Sarabande. Chœur et Orchestre National de France, direction : Eliahu Inbal. 4 CD Brilliant Classic. Réf. : 6430. Enregistré au studio 104 Radio France Paris entre 1987 et 1988. DDD. Notice en anglais (très sommaire). Durée : 238’

 
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