Clap de fin pour les Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde
Quarante années d’une belle aventure initiée par Alain Pacquier trouvent leur aboutissement dans l’ultime édition du Festival international de musique de Sarrebourg. Quarante années durant lesquelles les Chemins du Baroque ont contribué à la redécouverte et à la transmission des répertoires anciens du Nouveau Monde : productions discographiques (avec le label K617), formation de jeunes musiciens, recherche musicologique, ateliers de lutherie, restauration d’orgues, c’est tout un programme de coopération qui a été mis en place entre la Lorraine et l’Amérique du sud. Du 18 au 25 octobre derniers, la plupart de ceux qui ont œuvré à cette belle expérience se sont retrouvés à Sarrebourg autour d’Alain Pacquier et de Lionel Lissot pour clore en beauté cette exaltante aventure humaine et musicale. Le Couvent de St Ulrich, siège du Centre international des Chemins du Baroque, et son label K617 ont été une référence sur la scène baroque internationale jusqu’à la liquidation pour raisons économiques en 2021. La dernière étape fut le transfert de l’importante bibliothèque musicale du Couvent vers le Paraguay au printemps 2026.
Conférences, tables rondes et concerts se sont succédés pour cet ultime épisode du festival. Avec pour fil conducteur : le compositeur, jésuite et missionnaire italien Domenico Zipoli, qui a fini sa courte vie en Argentine et à qui on a attribué beaucoup plus de compositions qu’il n’en a sans doute jamais écrites. Des concerts riches en émotion qui ont permis d’entendre les excellents ensembles Les Traversées Baroques (Judith Pacquier et Etienne Meyer) et l’Ensemble Elyma (sous la houlette historique du chef argentin Gabriel Garrido, devenu très rare). Et aussi de ceux que l’on peut appeler « les enfants du festival » : les jeunes Boliviens de l’Ensamble Moxos qui, sous la direction énergique de Raquel Maldonado, ressuscitent les musiques des archives missionnaires de Bolivie (voir à ce sujet notre article paru en mai 2026) en les mêlant aux musiques traditionnelles des indiens Mojos et Chiquitos. La transmission et l’éducation musicale resteront l’œuvre marquante des Chemins du Baroque, qui a contribué à la redécouverte de ce patrimoine toujours vivant. « Le jeu initié est sans fin », conclut avec optimisme Lionel Lissot. (CG)













