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Roméo et Juliette : nouvelle production pour un retour à Séville

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Séville. Teatro de la Maestranza. 23-X-2026. Charles Gounod (1818-1893) : Roméo et Juliette, opéra en cinq actes (1867) sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, d’après Shakespeare. Mise en scène : Luca De Fusco. Scénographie et costumes : Marta Crisolini Malatesta. Lumières : Gigi Saccomandi. Vidéo : Alessandro Papa. Chorégraphie : Alessandra Panzavolta. Avec : Nina Minasyan, Juliette ; Anna-Doris Capitelli, Stephano ; Elena Maximova, Gertrude ; Pavol Breslik, Roméo ; Pablo Puertolas, Benvolio ; Mario Bahg, Tybalt ; Maxim Lisiin, Mercutio ; Julien Van Mellaerts, Paris ; Andrès Merino, Gregorio ; Zoltan Nagy, Capulet ; Riccardo Fassi, Frère Laurent ; Valery Guilmanov, Duc de Vérone. Orchestre Symphonique Royal de Séville et Chœur du Teatro de la Maestranza, direction : Sasha Yankevych

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Après vingt ans d’absence, Roméo et Juliette de Gounod fait son retour sur la scène sévillane avec cette nouvelle coproduction du Teatro dell’Opera di Roma et du Teatro de la Maestranza, dans une mise en scène de Lucas De Fusco, dirigée par .

L’opéra de explore l’éternel conflit entre jeunesse et âge adulte, entre insouciance et maturité, en faisant dialoguer les générations contraintes par le poids des conventions sociales, dans une confrontation qui vire rapidement au drame. Lucas De Fusco, directeur du Teatro di Roma, situe l’action dans l’Italie fasciste des années 40…Une allusion à la République de Saló, dernier bastion de Mussolini dont Vérone faisait partie, une transposition intéressante qui n’est, hélas, pas exploitée pour apporter un quelconque sens nouveau au conflit ancestral des familles, le metteur en scène se cantonnant dans une vision, somme toute, assez classique du livret sans aucune connotation sociale ou politique. La scénographie sombre et épurée, conçue avec une grande économie de moyens se limite à quelques tableaux vaguement esquissés, agrémentés de quelques accessoires spécifiques : une salle de bal dans un palais délabré en carton-pâte pour la rencontre des deux amants ; une nuit étoilée avec un balcon métallique pour la première déclaration d’amour ; une scène vide avec quelques sacs de sable en guise de prie-Dieu pour le mariage ; un drap flottant dans les airs pour la nuit d’amour et un coffre métallique pour le tombeau. Les costumes contemporains () sont dans les tons de gris et de noir, sans particularités notables, sauf peut-être la robe rouge flamboyant de Juliette et le costume bleu ciel de Roméo. L’atmosphère est globalement sombre, fidèle à la progression dramaturgique annonçant le dénouement dramatique, réhaussée par les beaux éclairages contrastés de Gigi Saccomandi. La vidéo bien conçue d’ apporte un complément bien venu à l’indigence de la scénographie. Les chorégraphies d’ sont du plus bel effet lors du rêve de Juliette et la direction d’acteur ne souffre aucun reproche, notamment dans les mouvements de foule (chœur) ou les scènes de combat.

En s’appuyant sur une dramaturgie resserrée autour des deux amants, avec pas moins de quatre duos d’amour (la rencontre, la passion, l’assouvissement du désir, l’ultime sacrifice), chacun correspondant à une nouvelle étape dans la progression du drame et de la passion, c’est peu dire que Roméo et Juliette est un opéra qui dépend toujours de chanteurs charismatiques dont les exemples ne manquent pas (Paris, Madrid, Rouen, pour ne citer que les plus récents…) Et c’est bien là que le bât blesse, car si campe une Juliette parfaitement convaincante, tant par la voix (timbre, legato, ambitus) que par le geste (en dehors d’une diction épouvantable, défaut majeur partagé par toute la distribution qui ne compte aucun chanteur francophone !), en revanche, le Roméo de pèche par la faiblesse de la projection, par la rigidité de la ligne et par des aigus forcés qui pénalisent tous les duos suscités et notamment la « Nuit d’hyménée » qui manque singulièrement de sensualité, de passion et de rythme pour paraitre in fine à peine reconnaissable.

 

Le reste de la distribution est assez homogène comprenant le Mercutio bien chantant de dans la Ballade de la Reine Mab, la pimpante et androgyne dans la Blanche tourterelle, le charismatique Capulet de , l’autoritaire Duc de , le guttural et trop monocorde Frère Laurent de , le vindicatif Tybalt de , la douce et dévouée Gertrude d’, auxquels s’ajoutent le Benvolio de , le Gregorio d’ et le Paris de , sans oublier le très beau chœur de la Maestranza.

 

Dans la fosse, après une ouverture imprégnée de drame, le jeune chef ukrainien conduit l’ avec toutes les nuances exigées par la progression de la dramaturgie, en parfait équilibre avec le plateau, achevant de caractériser cette production qu’on qualifiera d’honnête, sans plus…

Crédits photographiques : ©  Guillermo Mendo

 

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Séville. Teatro de la Maestranza. 23-X-2026. Charles Gounod (1818-1893) : Roméo et Juliette, opéra en cinq actes (1867) sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, d’après Shakespeare. Mise en scène : Luca De Fusco. Scénographie et costumes : Marta Crisolini Malatesta. Lumières : Gigi Saccomandi. Vidéo : Alessandro Papa. Chorégraphie : Alessandra Panzavolta. Avec : Nina Minasyan, Juliette ; Anna-Doris Capitelli, Stephano ; Elena Maximova, Gertrude ; Pavol Breslik, Roméo ; Pablo Puertolas, Benvolio ; Mario Bahg, Tybalt ; Maxim Lisiin, Mercutio ; Julien Van Mellaerts, Paris ; Andrès Merino, Gregorio ; Zoltan Nagy, Capulet ; Riccardo Fassi, Frère Laurent ; Valery Guilmanov, Duc de Vérone. Orchestre Symphonique Royal de Séville et Chœur du Teatro de la Maestranza, direction : Sasha Yankevych

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