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Les débuts stimulants de Nicholas Carter comme directeur musical à Stuttgart

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Stuttgart. Liederhalle. 25-X-2026. Unsuk Chin (née en 1961) : Frontispiece for Orchestra ; Edward Elgar (1854-1939) : Concerto pour violoncelle op. 85 ; Richard Strauss (1864-1949) : Ein Heldenleben (La vie d’un héros) op. 40. Kian Soltani, violoncelle ; Staatsorchester Stuttgart ; direction : Nicholas Carter.

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Avant l’opéra, c’est l’heure de la démonstration symphonique : le successeur de Cornelius Meister convainc pleinement dans un programme qui permet à l’orchestre de briller.

Avouons-le, on ne va pas regretter Cornelius Meister, qui sera resté huit ans à la tête de l’Opéra de Stuttgart et de son orchestre : le déluge de décibels de sa Femme sans ombre, un Idomeneo sans direction, le manque d’inspiration de son Ring ne peuvent que faire attendre son successeur avec impatience. Meister aura fait ses adieux en juin avec un cycle Mahler, le moment est venu pour l’orchestre et son public d’accueillir son successeur, l’Australien .

Pour son premier programme symphonique, Carter a choisi de ne pas se montrer avare de couleurs. C’est le cas en début de concert avec Frontispice d’, qui n’est sans doute pas l’œuvre la plus marquante ou la plus innovante de son autrice, mais qui est parfaitement à sa place pour inaugurer avec faste ce nouveau mandat. La pièce demande une multitude de couleurs et une capacité à changer d’atmosphère à chaque seconde : c’est ce que le chef et son orchestre offrent au public, qui ne boude pas son plaisir. Le chef a ensuite invité pour le concerto pour violoncelle d’Elgar : on pourrait s’attendre à une interprétation qui fait écho à l’œuvre précédente, mais c’est au contraire le lyrisme et l’intériorité qui dominent ici. Peut-être même un peu trop : on ne sait qui du chef ou du soliste a choisi cette approche si intimiste et retenue, et elle a une incontestable séduction, mais on ne peut pas nier aussi une certaine monotonie.

Enfin la pièce de résistance du concert est la Vie de Héros de Strauss, et c’est bien là qu’on voit la différence avec son prédécesseur : à aucun moment l’orchestre n’écrase l’auditeur, et le chef sait parfaitement emmener ses musiciens là où il souhaite aller. La satire que fait Strauss des pépiements de ses contradicteurs dans le deuxième mouvement est brillante à souhait, le portrait intime du troisième mouvement, avec la Konzertmeisterin Vladyslava Luchenko, a tout ce qu’il faut de lyrisme et de précision. On n’aura certes aucun mal à trouver des interprétations plus flamboyantes, plus héroïques si on veut, plus luxuriantes aussi pour les couleurs de l’orchestre, mais l’équilibre obtenu par le chef, la transparence du son, le travail des détails sans jamais perdre le sens de la structure, tout cela est on ne peut plus prometteur pour commencer une nouvelle ère.

Crédits photographiques © Alexander Jane Creative

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Stuttgart. Liederhalle. 25-X-2026. Unsuk Chin (née en 1961) : Frontispiece for Orchestra ; Edward Elgar (1854-1939) : Concerto pour violoncelle op. 85 ; Richard Strauss (1864-1949) : Ein Heldenleben (La vie d’un héros) op. 40. Kian Soltani, violoncelle ; Staatsorchester Stuttgart ; direction : Nicholas Carter.

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