Audio, Opéra, Parutions

Lise Davidsen consacrée soprano verdien

Plus de détails

Giuseppe Verdi (1813-1901) : « Nel di della vittoria … Vieni t’affretta ! … Duncano sara qui? Or tutti sorgete », « La luce langue » et « Vegliammo invan due notti … Una macchia è qui tuttora » extraits de Macbeth ; prélude à l’acte II, « Ecco l’orrido campo … Ma dall’arido stelo diffusa » et « Morrò, ma prima in grazia » extraits de Un ballo in maschera ; « Son giunta ! Madre pietosa Vergine » et « La Vergine degli Angeli » extraits de La forza del destino ; « Non pianger, mia compagna » et « Tu che le vanità » extraits de Don Carlo ; « Ritorna vincitor ! » extrait de Aida. Avec Lise Davidsen, soprano. Apollo Voices (cheffe de chœur : Genevieve Ellis). London Philharmonic Orchestra, direction : Edward Gardner. 1 CD Decca. Enregistré au Henry Wood Hall de Londres en janvier 2025. Notice de présentation trilingue (anglais, français et allemand). Durée : 67:57

Partager
 

Très beau florilège des airs spinto de Verdi, magistralement interprétés par . On souhaite un beau parcours italien à cette wagnérienne d’exception.

On aurait tort de croire que se destine exclusivement au répertoire allemand et aux grands rôles wagnériens. Certes, son soprano puissant et imposant, sans compter des origines géographiques qui en font d’emblée la consœur des Flagstad, Nilsson, Larsén-Todsen, Bjoner, Varnay et autres grandes chanteuses scandinaves d’antan, semble la prédisposer à de tels emplois, où elle a su briller tout récemment. Si sa voix a certes la rondeur et l’assise dans le grave des grands sopranos dramatiques, elle n’en est pas moins dénuée de la quinte aiguë qui a autrefois fait la particularité de la grande Birgit Nilsson. Cette dernière sut elle aussi, tout au long de sa carrière, conserver un nombre important d’opéras de Verdi à son répertoire.

Ce n’est évidemment pas un hasard si les rôles spinto dans lesquels s’illustra Nilsson – Aida, Amelia du Ballo in maschera, Lady Macbeth – sont précisément ceux que l’on retrouve sur ce CD. De , on n’aura de cesse d’admirer la longueur de la voix, la beauté intrinsèque du timbre et la gestion d’un souffle qui semble sans limites. À la puissance naturelle de l’instrument, s’ajoute un art consommé de la demi-teinte et du pianissimo, qui donne à certaines de ces pages toute la délicatesse qu’on y attend. Ce sont à n’en pas douter les véritables pépites de cet enregistrement, qui fait entendre une Elisabetta de Don Carlo véritablement amoureuse, une Amelia du Ballo rongée par l’angoisse puis par la douleur, une Aida en plein dilemme ou une Leonora de La forza del destino, tourmentée puis enfin apaisée. On pourra trouver en revanche la Lady Macbeth étrangement peu machiavélique, presque trop bien chantante, et un peu terne en termes de caractérisation vocale. On ne peut que se réjouir en revanche d’entendre des aigus aussi sains, des vocalises tempêtueuses aussi précises et, de façon générale, un chant aussi nourri. Même le fameux ré bémol est émis tout en douceur sur un impalpable pianissimo. Toutes ces pages, on l’aura compris, attestent une étonnante maîtrise vocale, autant dans le déploiement de moyens colossaux que la recherche de raffinements vocaux d’une infinie délicatesse.

Si l’on pourra se féliciter pour les extraits de La forza del destino de bénéficier du chœur fourni par les , on regrettera cependant la décision de se passer des comprimarii des extraits de Macbeth. Cela est d’autant plus regrettable que l’orchestre excelle dans la recherche des couleurs et des climats caractéristiques de l’univers verdien. Dirigés avec fougue par , les musiciens du contribuent pour beaucoup au dramatisme de ces pages, faisant espérer à l’avenir de nombreuses intégrales dans lesquelles pourrait briller Lise Davidsen. Jusqu’à présent, la soprano norvégienne a interprété à la scène la plupart des rôles représentés ici, et cela s’entend. On attend avec impatience Aida, dont seul « Ritorna vincitor » est entendu ici. Le raffinement des derniers mots de l’air, la subtilité des piani et la justesse de l’émotion font rêver à une prise de rôle prochaine, malheureusement non prévue à ce jour dans l’agenda de la cantatrice.

(Visited 15 times, 15 visits today)
Partager

Plus de détails

Giuseppe Verdi (1813-1901) : « Nel di della vittoria … Vieni t’affretta ! … Duncano sara qui? Or tutti sorgete », « La luce langue » et « Vegliammo invan due notti … Una macchia è qui tuttora » extraits de Macbeth ; prélude à l’acte II, « Ecco l’orrido campo … Ma dall’arido stelo diffusa » et « Morrò, ma prima in grazia » extraits de Un ballo in maschera ; « Son giunta ! Madre pietosa Vergine » et « La Vergine degli Angeli » extraits de La forza del destino ; « Non pianger, mia compagna » et « Tu che le vanità » extraits de Don Carlo ; « Ritorna vincitor ! » extrait de Aida. Avec Lise Davidsen, soprano. Apollo Voices (cheffe de chœur : Genevieve Ellis). London Philharmonic Orchestra, direction : Edward Gardner. 1 CD Decca. Enregistré au Henry Wood Hall de Londres en janvier 2025. Notice de présentation trilingue (anglais, français et allemand). Durée : 67:57

Partager
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.