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Avec Vivaldi à l’honneur, concerts participatifs au Festival de Froville

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Froville-la-Romane. Prieuré. 28-V-2026. Antonio Vivaldi (1678-1741) : ouverture, « Ricordati che sei », « Gelido in ogni vena » et « Ti vantasti, o mio guerriero » extraits de Il Farnace ; « Agitata da due venti » et « Tu vorresti col tuo pianto » extraits de La Griselda ; « Il piacer della vendetta » et « Vedrò con mio diletto » extraits de Il Giustino ; ouverture de La verità in cimento ; concerto pour hautbois en la mineur RV 461 ; « Cessa tiranno amor di tormentarmi » extrait de L’incoronazione di Dario. Geminiano Giacomelli (1692-1740) : « Sposa son disprezzata » extrait du Bajazet de Vivaldi. Avec Mathilde Étienne, maîtresse de cérémonie ; Key’mon Murrah, contre-ténor ; Emiliano Gonzalez Toro, ténor. Ensemble I Gemelli, direction : Emiliano Gonzalez Toro

Froville-la-Romane. Prieuré. 31-V-2026. Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto « Le Printemps » RV 269 ; concerto « L’Été » RV 315 ; concerto « L’Automne » RV 293 ; concerto « L’Hiver » RV 297 (Les Quatre Saisons). Le Concert de la Loge, violon solo et direction : Julien Chauvin

Froville-la-Romane. Prieuré. 6-VI-2026. Agostino Steffani (1654-1728) : Ouverture, « A che ti servi Orlando … In quest’alma che langue, che geme » et « Che vidi! Ch’ascoltai? … Armi, stragi, vendetta, furore » et « Io dunque senz’armi e senza libertà? » extraits de Orlando generoso. Johann Joseph Fux (1660-1741) : Rigadon et Lourré extraits de l’ouverture en sol mineur ; arie per le furie extrait de L’Angelica vincitrice di Alcina ; gigue extraite de la Sérénade K. 352. Nicola Porpora (1686-1768) : « Ove son ? Qui mi guida ? … Da me che volete infauste comete », « La bella mia nemica » extraits de L’Angelica. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Allegro extrait du Concerto per archi RV 156. Georg Friedrich Händel (1686-1759) : « T’ubbidiro crudele … Fammi combattere », « Ah! Stigie larve » et « Gia per la man d’Orlando … Già l’ebro mio ciglio » extraits de Orlando ; sinfonia extraite de Belshazzar. Xavier Sabata, contre-ténor. Le Concert de l’Hostel Dieu, direction : Franck-Emmanuel Comte

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Superbe début de saison pour le 29e Festival de Musique Baroque et Sacrée de Froville, avec notamment deux concerts faisant intervenir et participer le public. 


« Vivaldi Battle » pour le concert d'ouverture

Pour le début du festival, Mathilde Étienne, directrice artistique de l'ensemble , se présente comme la maîtresse de cérémonie de la soirée. D'emblée, elle annonce le concert comme un match à venir entre les deux solistes. Duel à l'issue duquel le public devra désigner le gagnant à l'applaudimètre. On nous fait croire, et nous faisons semblant de jouer le jeu, que les chanteurs découvriront au fur et à mesure ce qu'ils vont devoir chanter. À chacun on explique quel défi il va devoir remporter pour surclasser son concurrent. Belle manière d'introduire pour le public, avec humour, subtilité et compétence, les contextes et les spécificités musicales de chacun des morceaux. Trois sujets thématiques sont annoncés pour structurer un programme entièrement consacré à Vivaldi : la fureur, l'orgueil et les soupirs. Avant de commencer ce qui a été annoncé comme une « Vivaldi Battle », les deux artistes sur le ring font mine de se préparer pour leur match de boxe. Spectacle et succès garantis, d'autant plus que cette apparente mise en scène ne sacrifie en rien la qualité musicale. Le programme est réglé au cordeau, avec pour chacun des thèmes une savante alternance de duos et d'airs pour ténor ou voix d'alto. Dans quelques cas, notamment pour le célèbre « Gelido in ogni vena » du Farnace, un arrangement musical transforme un air en duo. Comment départager les deux chanteurs ?

Le contre-ténor américain Key'mon Murrah possède une voix d'une incroyable beauté. Doté d'un timbre resplendissant et voluptueux, d'une étonnante puissance pour sa catégorie vocale, il dispose de tous les atouts pour mener une carrière exceptionnelle : un registre aigu aux riches harmoniques, une agilité à toute épreuve (« Agitata da due venti ») et un phrasé d'une incomparable douceur (le « Sposa, son disprezzata » de Giacomelli). Tout au plus pourrait-on lui reprocher quelques portamenti déplacés dans un tel répertoire. C'est lui qui finalement, à l'applaudimètre, devient le lauréat de la soirée, ce qui vaut de la part de celui qu'on surnomme déjà le Rossignol du Kentucky le bis constitué de l'aria « Qual'usignolo » extrait du Farnace. Nous nous permettons cependant d'accorder une légère préférence au maître de céans, , pour son timbre d'une radieuse beauté, pour le raffinement de sa musicalité et pour l'expressivité de son chant. En témoignent tout particulièrement l'air de Il Giustino, « Il piacer della vendetta », monument de cruauté et de sadisme contenus, ou encore le « Cessa di tormentarmi » de L'incoronazione di Dario, où les soupirs de la voix trouvent un parfait écho à ceux du violoncelle. Les deux compères mettent un terme à leur joute vocale à l'aide d'un ultime bis constitué d'une reprise à deux voix de l'aria « Agitata da due venti », où les deux chanteurs [ils] enchaînent leurs vocalises à une vitesse supersonique. Les musiciens de l'ensemble accompagnent les airs dans la joie, l'élégance et la bonne humeur, avec en début de deuxième partie un très beau concerto interprété par le hautboïste Neven Lesage.

Les Quatre Saisons en mode immersif et participatif


Le lendemain, ce sont d'autres formes d'immersion et de participation du public qui sont expérimentées avec le programme Vivaldi du Concert de la Loge et de . On connaît de longue date la qualité de l'interprétation des Quatre Saisons par ces musiciens, médiatisée par un récent enregistrement discographique. L'idée du concert du Festival est d'introduire un dialogue entre l'orchestre et le public, ce dernier étant appelé à suggérer les différents mouvements de la nature par diverses manifestations sonores produites à l'aide de percussions corporelles : claquements de doigts, frottements de mains, tapage de pieds, subtils mugissements et bruissements, etc. Plusieurs accessoires, feuilles de papier, sifflets, appeaux, clochettes, grelots, sabliers pour imiter le gargouillis de fontaines, sont distribués au public. Avant le concert, le percussionniste David Joignaux explique la manière de procéder, dictée par un jeu de pancartes destinées à donner les indications et instructions nécessaires. Le public a-t-il été bon ce soir ? Plusieurs répétitions auraient sans doute été nécessaires afin de rendre au mieux les sons de la nature et d'introduire un véritable dialogue musical avec les instrumentistes de l'ensemble. Les musiciens du Concert de la Loge auront en tout cas été fidèles à leur réputation, et le violon de véritablement éblouissant. Le public, forcément conquis en tant qu'acteur du concert, a réservé un accueil enthousiaste à cette belle expérimentation ludique et immersive qui casse les règles convenues du concert de musique classique. La présence bienvenue de nombreux enfants donne quelque espoir pour la pérennisation d'une forme de manifestation culturelle qu'on ne voudrait en aucun cas voir disparaître un jour.

Orlando dans tous ses états


Retour, pour le concert du 6 juin, à un format plus classique, avec le programme concocté par le contre-ténor et placé sous la direction de . L'idée du programme est de réunir en une seule soirée différents extraits d'opéras baroques composés autour de la figure du paladin Roland, tels que ses tourments amoureux, passions, fractures, fragilités, blessures et éclats, racontés au seizième siècle par Ludovico Ariosto dans son récit Orlando Furioso, ont été mis en musique par des compositeurs de la stature de Haendel, Vivaldi et Porpora, mais aussi, moins bien connues, des figures comme et . Explorer les excès de folie et de passion de ce personnage hors-normes, constamment à la poursuite de ce qui pourrait lui apporter bonheur et tranquillité dans un univers où illusion et réalité se confondent, voici donc l'ambition d'une savante sélection d'extraits qui permet au public d'entendre à la fois des pages bien connues et de découvrir, pour certains cas en première mondiale, des morceaux plus rarement interprétés. Le premier tiers du concert est ainsi consacré à plusieurs extraits de l'Orlando generoso d', qui permettent à de retrouver le velours de sa voix et d'unifier les registres. Très reconnaissable par ses chaudes couleurs de contralto, la voix du chanteur est capable d'étonnantes échappées vers des profondeurs barytonales, mais reste relativement limitée dans les hautes lignes de la portée. Ces spécificités vocales n'empêchent pas de trouver, notamment dans les airs de L'Angelica de Porpora, mille couleurs dans le médium et le haut médium, avec de très belles demi-teintes dans les phrases lentes et introspectives. Un registre aigu plus développé, et peut-être aussi davantage de puissance vocale, auraient permis de rendre entièrement justice aux moments de véritable déraison, notamment chez Haendel dont les extraits d'Orlando, en particulier la scène de la folie, exigeraient un peu plus de démesure dans l'expression. On l'aura compris, les moments de doute, de questionnement et d'introspection comptent parmi les plus réussis de la soirée.

Au succès du concert, il serait injuste de ne pas associer et ses musiciens du Concert de l'Hostel Dieu, qui apportent eux aussi un grain de folie à ce programme, tout en proposant un soutien et un accompagnement d'une implacable rigueur. Deux bis, dont le célèbre « Nel profondo cieco mondo » de l'Orlando Furioso de Vivaldi, complètent un concert riche et stimulant, qui aurait peut-être gagné à être soutenu par des explications orales mettant davantage en exergue les liens thématiques entre les différentes pièces interprétées. Le plaisir de l'oreille et de la sensibilité musicale ne perd jamais à être entretenu par celui de la stimulation intellectuelle.

Crédit photographique : et Key'mon Murrah (photo n°1) © Festival de Froville / Luc Tripotin; et (photo n°2) ; Xavier Sabata, et (photo n°3) © Festival de Froville / Sylvie Duval

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Froville-la-Romane. Prieuré. 28-V-2026. Antonio Vivaldi (1678-1741) : ouverture, « Ricordati che sei », « Gelido in ogni vena » et « Ti vantasti, o mio guerriero » extraits de Il Farnace ; « Agitata da due venti » et « Tu vorresti col tuo pianto » extraits de La Griselda ; « Il piacer della vendetta » et « Vedrò con mio diletto » extraits de Il Giustino ; ouverture de La verità in cimento ; concerto pour hautbois en la mineur RV 461 ; « Cessa tiranno amor di tormentarmi » extrait de L’incoronazione di Dario. Geminiano Giacomelli (1692-1740) : « Sposa son disprezzata » extrait du Bajazet de Vivaldi. Avec Mathilde Étienne, maîtresse de cérémonie ; Key’mon Murrah, contre-ténor ; Emiliano Gonzalez Toro, ténor. Ensemble I Gemelli, direction : Emiliano Gonzalez Toro

Froville-la-Romane. Prieuré. 31-V-2026. Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto « Le Printemps » RV 269 ; concerto « L’Été » RV 315 ; concerto « L’Automne » RV 293 ; concerto « L’Hiver » RV 297 (Les Quatre Saisons). Le Concert de la Loge, violon solo et direction : Julien Chauvin

Froville-la-Romane. Prieuré. 6-VI-2026. Agostino Steffani (1654-1728) : Ouverture, « A che ti servi Orlando … In quest’alma che langue, che geme » et « Che vidi! Ch’ascoltai? … Armi, stragi, vendetta, furore » et « Io dunque senz’armi e senza libertà? » extraits de Orlando generoso. Johann Joseph Fux (1660-1741) : Rigadon et Lourré extraits de l’ouverture en sol mineur ; arie per le furie extrait de L’Angelica vincitrice di Alcina ; gigue extraite de la Sérénade K. 352. Nicola Porpora (1686-1768) : « Ove son ? Qui mi guida ? … Da me che volete infauste comete », « La bella mia nemica » extraits de L’Angelica. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Allegro extrait du Concerto per archi RV 156. Georg Friedrich Händel (1686-1759) : « T’ubbidiro crudele … Fammi combattere », « Ah! Stigie larve » et « Gia per la man d’Orlando … Già l’ebro mio ciglio » extraits de Orlando ; sinfonia extraite de Belshazzar. Xavier Sabata, contre-ténor. Le Concert de l’Hostel Dieu, direction : Franck-Emmanuel Comte

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