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À la redécouverte de Meyerbeer avec Diana Damrau

À emporter, CD, Opéra

Grand opéra. Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : extraits de Le Prophète, Robert le diable, Alimelek, oder die beiden Kalifen, l’étoile du nord, l’Africaine, Il Crociato in Egitto, Le pardon de Ploërmel, ein Feldlager in Schlesien, Emma di Resburgo, Le Huguenots. Diana Damrau, soprano. Orchestre et chœur de l’Opéra de Lyon, direction : Emmanuel Villaume. 1 CD Erato. Enregistré en août-septembre 2015 à l’Opéra de Lyon. Notice en anglais, français, allemand. Durée : 81’27.

 

meyerbeer_damrauIl semble que Meyerbeer, qui compte bon nombre de fans convaincus parmi les amateurs d’opéra, commence à convaincre les directeurs de salle, et connaisse une mini-renaissance, avec notamment des production du Prophète à Toulouse et des Huguenots à Berlin, qui ont fait grand bruit.

Mais les opéras français, tout rares (trop !) qu’ils soient, ne concernent que la partie visible de l’iceberg, car le compositeur a eu une longue et riche carrière, et bien que célèbre pour avoir magnifié le Grand Opéra, il n’en a pas moins écrit des œuvres de veines distinctes, conçues pour les publics italiens et allemands.

C’est donc à une grande première que nous convie , en proposant des extraits de ces différentes facettes, y compris une première mondiale avec Alimelek, oder die beiden Kalifen, œuvre d’une jeune homme de 22 ans au talent déjà bien original et affirmé.

On l’a beaucoup écrit, les ouvrages italiens de Meyerbeer subissent la forte influence de Rossini, alors maître incontesté de l’opéra, les premières mesures d’Emma di Resburgo font incroyablement penser à Otello, et que dire de la cabalette avec chœur, si ce n’est qu’elle semble de la main même du cygne de Pesaro ?

Mais il y a une chose à laquelle Meyerbeer ne déroge jamais, sauf dans son opéra posthume, l’Africaine : il offre dans chacune de ses œuvres un grand air virtuose à la soprano, bourré de vocalises ahurissantes et de contre-notes aériennes. l’extrait d’Il Crociato in Egitto « d’una madre disperata » est à ce titre particulièrement terrifiant. C’est un domaine dans lequel se sent particulièrement à l’aise. Ses pyrotechnies sont éblouissantes, ses suraigus assurés et bien timbrés, et sa diction, bien qu’imparfaite, dénote un louable effort de clarté.

Qui a dit que les sopranos coloratures n’étaient que de charmants rossignols mécaniques ? Diana Damrau multiplie à loisir les couleurs et les ambiances, donnant aux dix personnages interprétés leur couleur et leur caractère propre.

Elle explique dans une préface « personnelle et sincère » que cet enregistrement est un projet qui lui est propre, qu’elle attendait de réaliser depuis longtemps, et il est vrai que l’on sent une véritable affinité artistique entre la soprano et le compositeur.

A la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Lyon, le chef n’est pas en reste, tant sa direction paraît exacte, perspicace et attentive au moindre détail.

Tout a été fait pour rendre cette parution attrayante, que ce soit une jolie pochette, des textes en trois langues fort bien écrits, ou le choix des interprètes qui donnent la réplique, car inviter juste pour dire « non, non, non, non » ou pour quelques phrases introductives, excusez du peu !

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