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Le Bûcher d’hiver, l’autre conte pour enfants de Prokofiev

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Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Le Bûcher d’hiver, op.122. Vincent Figuri, récitant. Premier enregistrement de la version en anglais. Orchestre Symphonique de la Saison Russe, direction : Andreï Tchistiakov. 1 CD Salamandre. Référence : Salamandre 600. Code barre : 3770002929018. Livret avec notice et reproduction du texte . Durée 59’22. Enregistrement orchestral réalisé en mai 1995 à Moscou.

 

En matière de conte musical, Prokofiev n’est pas que l’auteur du célébrissime Pierre et le Loup, composé en 1936 pour le Théâtre central pour enfants de Moscou. En 1949, il s’associe au poète Samuel Marchak pour Le Bûcher d’Hiver, une suite d’une vingtaine de minutes pour orchestre, chœur de garçons et récitant. Pas d’ambition pédagogique ici visant à initier aux instruments de l’orchestre, juste une innocente histoire d’enfants moscovites qui partent en train pour une belle journée hivernale de patinage, se réunissent autour d’un feu de camp et passent une nuit au chaud dans un gîte. Le fil narratif est illustré par l’orchestre, et Prokofiev s’adonne sans peine à ce qu’il savait si bien faire avant la guerre, le machinisme de la locomotive, la valse des patineurs, la rêverie du soir…

Créée en 1950 à la  Radio d’Etat Soviétique dans une version lénifiante – c’est le cas de le dire, l’auteur du livret révise le texte et une nouvelle version est publiée en 1957 à la faveur du dégel post-stalinien, qui substitue une tonalité naïve et apolitique aux évocations de kolkhoze et de héros soviétiques. C’est cette seconde version qui est retenue pour ce disque. L’œuvre est proposée en version française et anglaise (apparemment pour la première fois), et une troisième fois en version purement instrumentale.

L’apport principal de cet enregistrement est qu’il superpose la voix du récitant à  l’orchestre, ce qui dynamise l’écoute, alors que jusque-là les interventions du récitant étaient intercalées entre les mouvements de la suite. Le recours à une bande orchestrale réalisée en 1995 à Moscou par Andreï Tchistiakov, un chef qui dirigea le Bolchoï, a le mérite d’une certaine légitimité de style, mais l’ensemble manque de relief, de couleurs et de tranchant. Ce conte hivernal sur la magie éternelle de la neige, souligné par la déclamation émerveillée du récitant, séduira les mélomanes à la recherche d’une ambiance enfantine et complètera de manière intéressante la discothèque des admirateurs de Prokofiev. Pour les enfants d’aujourd’hui, il pourra apparaître d’une candeur quelque peu surannée.

Ce disque est le premier du label Salamandre, nouvellement créé par . Ancien producteur à France Musique et passionné par la question du mélodrame, des prochaines livraisons sont déjà prévues qui permettront de mieux cerner son travail où « [la] voix donne à entendre la musique ».

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