40 ans et la fête continue pour les Ballets de Monte-Carlo
Selon le souhait de la princesse Caroline de Hanovre de relancer la tradition de la danse sur le rocher, la compagnie des Ballets de Monte-Carlo a vu le jour en 1985. Mais c’est avec la nomination de Jean-Christophe Maillot à sa tête depuis 1993, qu’elle a pris son essor, notamment à l’international. Ce dernier a souhaité dédier cette soirée anniversaire à la princesse, soutien sans faille de la compagnie depuis sa création.
Pour célébrer comme il se doit 40 ans de danse, Jean-Christophe Maillot a concocté une soirée patchwork avec neuf extraits de ballets emblématiques de la compagnie, dont beaucoup de duos, spécialement choisis pour la princesse de Hanovre, assise exceptionnellement au premier rang du Grimaldi Forum, aux côtés de ses filles Charlotte et Alexandra qui lui ont rendu elles aussi un joli hommage.
Très impliqué, le directeur des Ballets a introduit lui-même la soirée et chacun des extraits présentés, à commencer, par sa création de 2025 : Ma Bayardère. Avec cet extrait, composé de jolis ensembles au sol et à la barre, le chorégraphe a rendu un hommage appuyé aux danseurs passés (venus en nombre pour cette soirée anniversaire) et actuels de la Compagnie. Le deuxième extrait, devant une toile de fond signée Karl Lagerfeld, est un magnifique pas de deux du ballet Jeunehomme, chorégraphié par l’Allemand Uwe Sholz. Mouvement central du ballet créé pour les Ballets de Monte-Carlo en 1986 sur le Concerto n°9 en mi bémol majeur de Mozart, ce duo met particulièrement en lumière l’envoûtante Romina Contreras, qui évolue un long moment en solo.
Création mondiale du chorégraphe et ancien danseur étoile de la compagnie Marco Goecke, Young Apollo est également un joli duo inspiré par la musique de Benjamin Britten, et porté par deux interprètes majeurs du ballet : Lou Beyne et Jaat Benoot. Très originale, la pièce allie des pas saccadés et presque cartoonesque des danseurs avec une grande fluidité du haut du corps. Une réussite.
Autres interprètes phares des Ballets de Monte-Carlo, Juliette Klein et Jaeyong An interprètent également un pas de deux créée en en 1994 par Jean-Christophe Maillot pour la pièce Dov’è la luna. Le duo bouleversant réussit à retranscrire toute la mélancolie et l’émotion de cette œuvre sur le passage entre le jour et la nuit, la vie et la mort.

Roméo et Juliette est le premier ballet narratif créée par Maillot pour les Ballets de Monte-Carlo en 1996. Dans cet extrait, les amoureux s’ébattent comme des enfants, remplis de leur amour naissant devant un grand ciel bleu, totalement innocents, ignorants de la fin tragique qui les attend. Ce classique qui n’a jamais quitté le répertoire du Ballet laisse la place à Opus 100-Für Maurice, créé par John Neumeier à Lausanne en 1996 pour le 70ème anniversaire de Maurice Béjart. Le duo est interprété avec une grande force par les deux danseurs invités Marijn Rademaker et Oleksandr Ryabko qui en donnent une version particulièrement touchante sur deux chansons de Simon & Garfunkel, célébrant les liens profonds qui unissaient Béjart et Neumeier.
Mais c’est sans aucun doute Mud of Sorrow du britannique Akram Khan qui nous a le plus marqué. Véritable voyage poétique sur des chants corses vibrants, il unit les deux danseurs Sooyeon Yi et Simone Tribuna de manière inédite. Enlacée à son partenaire Sooyeon ne forme plus qu’un seul corps avec lui. Un corps à quatre bras, en osmose parfaite, qui explore les liens invisibles qui nous unissent. Une pure merveille.
Le pas de deux du Casse-Noisette Compagnie (troisième version créée par Maillot du célèbre ballet) se situe dans l’univers d’une compagnie de danse, mise en abyme chère au chorégraphe qu’il a notamment réutilisée pour La Bayardère. Interprété par deux artistes invité de la Scala de Milan, il associe lignes pures et classiques avec un zeste de modernité, mélange qu’affectionne particulièrement le directeur des Ballets de Monte-Carlo.
Quelle meilleure façon de terminer la soirée qu’avec le final festif de Core Meu, créé en 2017 en plein air devant le casino de Monaco. Ce soir comme à chaque fois, le chanteur Antonio Castrignanò et ses musiciens mettent le feu au Grimaldi forum avec leur musique originaire des fêtes de villages des Pouilles en Italie. Maillot a su retranscrire cette énergie pure et entraînante à travers ce ballet très réussi qui réunit toute la troupe, que le public est invité à rejoindre pour entrer à son tour dans la danse. Un très beau moment de joie et de danse partagées pour conclure cette soirée anniversaire.













