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Ouverture du 36e Festival international de Colmar

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Colmar. Église Saint-Matthieu. 5-VII-2026. Festival international de Colmar. Richard Wagner (1813-1883) : La chevauchée des Walkyries ; Richard Streauss (1864-1949) : Vier letzte Lieder, Also sprach Zarathustra. Masabane Cecilia Rangwanasha, soprano ; Orchestre symphonique de la Monnaie de Bruxelles, direction : Alain Altinoglu

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Avec un programme du concert d’ouverture fortement centré sur des pages de et que le cinéma a rendu célèbres, le Festival international de Colmar fait le choix d’attirer un public élargi.

C’est un choix comme un autre. Le problème n’est pas le caractère uniformément romantique et hyper-connu de ce programme, mais plutôt son  adaptation aux caractéristiques acoustiques de cette salle originale. Nous sommes dans une nef d’église gothique, coupée du chœur pour les raisons historiques que l’on sait. Cette nef est faite de trois vaisseaux parallèles et de trois plafonds de bois. Le son ne « roule » pas longtemps, mais n’est pas non plus parfaitement réverbéré. Globalement, cette « matité » acoustique convient aux belles pâtes orchestrales, mais met en souffrance les voix solistes qui ont fort à faire pour se détacher en avant-plan de l’ensemble dans lequel ils semblent immergés.

a cette fois-ci de nouveau invité son orchestre, celui du théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Même si sa fonction principale est d’assumer le grand répertoire lyrique, il fait aussi beaucoup de symphonique et de créations contemporaines. Ce qui frappe l’auditeur, c’est l’extrême cohésion de l’ensemble. Chacun écoute les autres avec la plus grande attention, et aucune partie soliste ne donne prise à l’expression d’une individualité. Les longs solo de Sylvia Huang au violon sont d’une délicatesse et d’une modestie admirables, et il semble que cet esprit règne dans tout l’orchestre. Le poème symphonique Also sprach Zarathustra est ainsi magnifiquement servi. Le lever de soleil est un peu vite expédié, mais les méditations qui suivent sont profondes, bien enlevées, et on entend distinctement chaque pupitre. est pour beaucoup dans cette lisibilité, mais il semble que ce soit aussi une volonté de l’orchestre lui-même.

Passons sur la chevauchée des Walkyries, bien ordonnée, bien galopante, mais peu nécessaire, et parlons des Quatre derniers Lieder de Strauss. a une voix idéale pour chanter ce répertoire lyrique et poétique. Son matériau vocal est d’une opulence extraordinaire, son ambitus est très large, son souffle long, et son phrasé souverain fait penser à celui de Jessye Norman. Mais pour surmonter le volume de l’orchestre, pourtant bien tenu par le chef, et pour épanouir sa ligne mélodique dans ce volume bizarroïde de l’église Saint-Matthieu, il faut bien sacrifier un peu la projection des consonnes allemandes. C’est donc encore une fois les textes des Lieder qui pâtissent de l’acoustique, et c’est bien dommage, car on entend nettement que maitrise son allemand. Mais comment le projeter de façon plus percussive dans ces conditions ? La soprano a donné son maximum, qui est déjà très impressionnant, et le lyrisme exacerbé des ces quatre pièces a été bien rendu. C’est la salle qui ne convient pas parfaitement à ce genre difficile des Lieder avec orchestre, et Stéphane Degout en 2024 tout comme Chen Reiss en 2023 l’ont déjà éprouvé.

Le public colmarien, toujours très chaleureux, réclame un bis et effectivement, l’orchestre et son chef ont eu la gentillesse de leur en avoir préparé un. Voici alors le thème des Enigma variations d’Elgar, surprenant mais fort beau et inspiré.

Crédits photographiques © FIC – Bertrand Schmitt / Festival international de Colmar 

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Colmar. Église Saint-Matthieu. 5-VII-2026. Festival international de Colmar. Richard Wagner (1813-1883) : La chevauchée des Walkyries ; Richard Streauss (1864-1949) : Vier letzte Lieder, Also sprach Zarathustra. Masabane Cecilia Rangwanasha, soprano ; Orchestre symphonique de la Monnaie de Bruxelles, direction : Alain Altinoglu

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