Carmen-banniere-728x90

Olivier Vernet et l’orgue de Soultz

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Louis Couperin (1626-1661) : Prélude n° 46. Nicolas-Antoine Lebègue (1631-1702) : Elévation en fa pour la voix humaine. Louis Marchand (1669-1732) : Grand dialogue en ut majeur. Gilles Jullien (1650-1703) : Cromorne en taille du premier ton. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Chaconne, Menuets 1 et 2, Danses des sauvages, extraits des Indes galantes. Louis-Claude Daquin (1694-1772) : Noël n° 11 en récit en taille et en duo. Jean-François Dandrieu (1682-1788) : Offertoire en ré mineur. Michel Corrette (1707-1788) : Magnificat en Mi la 3# ; Les pantins ; Offertoire « l’éclatante ». Claude-Bénigne Balbastre (1724-1799) : Ariette et pastorale ; Canonnade. Olivier Vernet et Cédric Meckler (à 4 mains pour les pièces de Rameau) à l’orgue Jean-André Silbermann (1750) / Richard Dott (2011) de l’église Saint-Maurice de Soultz (68). 1 CD Ligia Lidi 0104232-11. Code barre 3487549902328. Enregistré en mai 2011. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 65’39’’

 

Après seize années, nous retrouvons auprès de l’orgue alsacien de Soultz pour un deuxième enregistrement consacré à cet orgue historique de 1750, à l’occasion de sa récente restauration. Le premier volume, paru en 1995 nous permis de découvrir un de ces très attachants instruments de la famille Silbermann installée en Alsace au XVIIIe siècle. Dans un somptueux buffet richement orné de ses fameuses tourelles trilobées, caractéristiques de cette facture, un matériau sonore bien conservé, et restauré alors par Schwenkedel au cours des années 60 sonnait alors encore de manière convaincante. Depuis, un festival de musique, « les musicales de Soultz » a créé une animation autour de cet orgue, qui après avoir été classé en 1991, vient de bénéficier cette année même d’un relevage, conduit par le facteur Richard Dott. Il a consisté essentiellement en une reconstruction de la mécanique, un décapage du buffet, et un accord général.

Le programme musical qui s’articule autour de cet instrument nous présente une pléiade d’auteurs classiques français, idéale pour traduire les qualités de ce Silbermann historique. L’esthétique même des orgues de Jean-André Silbermann est résolument française, par sa composition, ses équilibres, et quelques caractéristiques reconnaissables : un grand plein-jeu transparent et enveloppant, des anches timbrées et fines, pouvant se mêler parfois aux jeux de fond. On appréciera ce plenum alsacien dans le Prélude de Louis Couperin qui ouvre ce programme. La plupart des compositeurs sont là : avec Les Indes Galantes fait merveille, ici présenté en version 4 mains, avec la complicité remarquée de . Les jeux de détail sont mis en valeur, les mélanges traditionnels bien présents pour apprécier toute la valeur de cet instrument. , comme toujours, se promène avec aisance et inspiration dans ce monde sonore foisonnant d’idées et de surprises. La pièce finale de Balbastre, La canonnade annonce par ses effets d’orage la révolution française, qui marquera hélas la fin de ce monde de l’orgue classique français qui avait atteint alors son apogée. L’orgue de Soultz représente désormais l’un des plus beaux témoins de cette facture alsacienne classique, dont le rayonnement inonda alors une partie de l’Europe, jusqu’en Saxe, ou le cousin Gottfried Silbermann, inspiré par ces sonorités claires, franches et équilibrées, en tint compte pour ses propres orgues, notamment en ce qui concernait les jeux d’anche.

L’acoustique, généreuse et équilibrée de l’église de Soultz, est ici remarquablement préservée par la prise de son, qui restitue l’orgue dans tous ses détails et ses feux.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.