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À Genève, l’opéra Der Wald d’Ethel Smyth par Raphaël Merlin en version concertante

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Genève. Bâtiment des Forces Motrices (BFM). 27-V-2026. Ethel Smyth (1858-1944) : The Wreckers (Ouverture) ; Der Wald, opéra en un acte sur un livret de la compositrice et d’Henry Brewster. Version concertante. Avec Chelsea Zurflüh, Röschen ; Pierre Derhet, Heinrich ; Felix Gygli, le colporteur ; Isabelle Druet, Iolanthe ; Vincent Le Texier, Rudolph ; Ruben Drole, Peter. Choeur Le Motet de Genève (chef de choeur : Romain Mayor). Orchestre de Chambre de Genève. Direction musicale : Celia Cano & Raphaël Merlin.

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Dans son dessein d'originalité de ses programmes, l' et son chef convient son public à la redécouverte de la compositrice anglaise à travers Der Wald, l'un de ses plus fameux opéras pourtant rarement joué. 

Dans ce drame fantastique et champêtre, musicalement inspiré du romantisme allemand de la fin du XIXe siècle, la musique de recèle un coloriage harmonique d'une grande richesse. Si l'inspiration de la compositrice britannique puise dans les musiques de Carl-Maria von Weber, d'Anton Zemlinsky, de Richard Wagner, elle garde cependant une forte imprégnation «british» à la Edward Elgar.

Le concert débute avec l'ouverture de The Wreckers, un autre opéra d'. Au pupitre, à peine sortie de son master de direction d'orchestre de la Haute École de Musique, la jeune cheffe dirige avec aplomb un attentif. On aime l'autorité de la jeune femme dans les brusques changements de volume sonore qu'imposent une partition dense.

Quand reprend les rênes de l'OCG pour diriger Der Wald, l'image musicale qui vient de nous quitter se prolonge confirmant la lecture intelligente et sensée de la jeune cheffe invitée précédemment face à la plus grande expérience de son successeur au pupitre. Dans le thème de cet opéra se mêlent la pauvreté et ses besoins avec la sorcellerie des puissants, ses jalousies et ses envies de possession. Amère victoire de l'amour puisqu'il conduit à la mort. Quoique relativement court, l'intrigue de cet opéra est intensément tragique. Röschen et Heinrich ont prévu leur noce pour le lendemain. Pour le repas, Heinrich a braconné un cerf. Un délit punissable de la peine de mort par le landgrave Rudolph. Dénoncé, il pourra échapper au châtiment ultime s'il accepte de devenir l'amant de la maîtresse du landgrave, la sorcière Iolanthe. Heinrich refuse et scelle ainsi son destin. Les esprits de la forêt qui, au début de l'opéra, vantaient l'éternité de la nature face à la versatilité de l'humanité, terminent l'opéra en jugeant ce tragique épisode humain comme étant insignifiant.

Hélas, cette version concertante sans décors ni costumes, avec une timide esquisse de mise en place, rend mal aisée la compréhension de ce drame. Tout juste si l'on décèle les différents personnages avec les contrastes qu'ils proposent dans leur expression vocale. L'excellence de la distribution, son homogénéité, auraient amplement mérité qu'on prît plus de temps pour s'impliquer dans une direction d'acteurs plus approfondie, plus soucieuse des artistes ayant moins de métier que d'autres. Ainsi en est-il de la mezzo-soprano (Iolanthe) incarnant parfaitement son personnage maléfique accentuant à la perfection un chant-parlé non dépourvu de belles arabesques vocales. Comme à ses côtés, l'expérimenté baryton (Rudolph) est coléreux à souhait n'hésitant pas d'érailler sa voix pour plus de crédibilité de son personnage.
On attendait beaucoup de la soprano (Röschen) qui livre effectivement une prestation de grande qualité vocale. Confirmant si besoin la pertinence de son Premier prix de chant conquis au Concours de Genève en octobre 2024 Avec un chant mesuré, un esprit de l'intrigue totalement intégré, sa prestation s'avère admirable d'intelligence et de musicalité. Le ténor (Heinrich) nous semble mal à l'aise dans cette version concertante. Sa voix, voire son expressivité vocale, apparaissent manquer de clarté loin de l'impression favorable qu'il nous avait offerte dans son incarnation du rôle-titre de Fortunio à Lausanne en novembre 2024. Avec le baryton (Le colporteur), on découvre un excellent chanteur qui, s'il manque peut-être encore de l'audace de son instrument, possède une voix d'une grande homogénéité et d'un timbre d'une rondeur touchante.

Sur des estrades au fond de scène, la cinquantaine de chanteurs du chœur du Motet répondent avec précision aux injonctions du chef . Devant un au (peut-être trop) grand complet, il s'emploie à diriger cette partition riche et complexe avec une telle attention à l'orchestre que, n'apprêtant qu'une attention limitée aux solistes, parfois il laisse la masse orchestrale couvrir la voix des chanteurs. Dommage car l'œuvre, tant musicale que théâtrale, mérite plus qu'une version concertante.

Crédit photographique : OCG © Sébastien Moritz

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Genève. Bâtiment des Forces Motrices (BFM). 27-V-2026. Ethel Smyth (1858-1944) : The Wreckers (Ouverture) ; Der Wald, opéra en un acte sur un livret de la compositrice et d’Henry Brewster. Version concertante. Avec Chelsea Zurflüh, Röschen ; Pierre Derhet, Heinrich ; Felix Gygli, le colporteur ; Isabelle Druet, Iolanthe ; Vincent Le Texier, Rudolph ; Ruben Drole, Peter. Choeur Le Motet de Genève (chef de choeur : Romain Mayor). Orchestre de Chambre de Genève. Direction musicale : Celia Cano & Raphaël Merlin.

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