Petites formes chorégraphiques aux Jardins du Carmel
Dans le cadre de la programmation du Théâtre du Train bleu, à Avignon, Jérôme Maudet partage un plateau ombragé avec Léa Vinette pour deux soli insolites. Les deux chorégraphes bénéficient pour trois ans du soutien du réseau Tremplin.
Difficile d’évoquer le souffle et le mystère de la nuit sous l’ombre des platanes d’un après-midi avignonnais quand chantent les cigales. Léa Vinette, avec son travail subtil et sa qualité de mouvement, parvient pourtant à nous transmettre dans Nox l’expérience d’un corps animal sorti de son cocon, à l’instar de la cigale incarnée en 2024 par Rebecca Journo dans le jardin du lycée Saint-Joseph. Ombrée de pigments bleu et le corps parsemé de paillettes, Léa Vinette, formée et résidant en Belgique, est le papillon de nuit ou la mouche qui s’ébroue poétiquement sur la pointe des pieds. Dans ce travail délicat et déterminé, elle se laisse traverser par de multiples atmosphère musicales et sonores, du classique à l’électro.
Gigi est un hilarant autoportrait chorégraphique de Joachim Maudet, qui nous propose dans un monologue introductif de partir avec lui à la recherche d’une proposition artistique avec humour et dérision. Chemin faisant, dans une forme qui peut s’apparenter à du cabaret, il devient un personnage, celui de Gigi l’amoroso, d’un petit village près de Naples. Racontant les péripéties de ce ténor d’opérette, il se déleste peu à peu et avec drôlerie de ses vêtements pour se montrer presque nu à la fin de la pièce. Profitant de la configuration sylvestre, c’est par une échappée sous les arbres qu’il termine ce joli et généreux solo.
Crédits photographiques : Nox © Richard Louvet ; GIGI © Laurent Paillier
Lire aussi : Tous nos articles du festival d’Avignon














