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Frescobaldi par Jean-Marc Aymes : Caprices, délices et orgues

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Il primo Libro di Capricci (Roma 1624). Jean-Marc Aymes : claviers et Stephan Mac Leod, baryton. Orgue italien Ahrend de Payerne (Suisse), Claviorganum « Renaissance » (italien) Blumenrœder et Jobin, Clavecin italien Jobin. 1 CD Ligia Digital Lidi 010117-07. Enregistré en 2006 et 2007. Notice en français. Durée : 66’00’’

 

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Ce disque est une pépite ! Rendre la polyphonie sévère des ces Capricci de (l’organiste de Saint-Pierre de Rome) avec autant d’attrait et de chair est franchement éblouissant ! Certes, le talent de est grand, apte à réincarner cette musique si savante et pourtant très sensuelle. Il n’est que d’écouter la première plage : Un premier « caprice » (entendez par ce mot une forme de « Ricercare », tout simplement ici, une polyphonie fuguée sur la gamme ascendante Ut, ré, mi, fa, sol, la…) qui se fait entendre sur le jeu de façade (la Montre) de l’orgue de Payerne, reconstitution de celui de San Petronio de Bologne, remontant à la Renaissance. Un son tout en vocalité, propre à l’orgue italien, rehaussé par le tempérament inégal, en vigueur à l’époque et qui apporte cette troisième dimension à la musique, par ses intervalles d’une pureté parfaite. Au détour du onzième caprice, l’auteur demande à l’interprète : « con obligo di cantare la quinta parte », c’est-à-dire que l’organiste doit résoudre le problème qui consiste à placer en la chantant une cinquième partie, aux endroits où la polyphonie le permettra. Ici intervient la belle voix bien posée de Stephan MacLeod qui tel un « cantus firmus » soutient ardemment le contrepoint de Frescobaldi.

Par la suite, et pour varier les plaisirs, divers instruments à claviers sont utilisés, l’auteur n’ayant pas fixé clairement de choix en ce domaine : un clavecin de type italien, et un curieux et passionnant Claviorganum, regroupant l’orgue et le clavecin en un seul et même instrument, sur des claviers réunis. L’effet est unique : le son tenu de l’orgue et le son incisif et bref du clavecin sont entendus simultanément. Ces deux derniers claviers ont été construits par Emile Jobin, et l’orgue de Payerne par Jürgen Ahrend, grand Maître facteur d’orgue Allemand, à qui l’on doit les plus belles restaurations des orgues du Nord de l’Europe. Ici, il excelle à l’identique dans le style italien. Lui donnerait-on à construire un grand orgue de style baroque français, qu’il nous étonnerait de même : cet homme est un génie, son nom restera dans l’histoire de la facture.

Nous parlions de pépite… il y a là en effet une réunion d’éléments exceptionnels : la musique, un interprète hautement inspiré, et doué d’une agogique rare, indispensable dans ce répertoire, des instruments en adéquation parfaite avec les textes, et de plus, une prise de son aérée et ronde, habituelle avec ce label.

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