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Le duo Lorena Pires-Moeka Ueno enchante, de Mozart à Poulenc

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Paris. Archives nationales, Hôtel de Soubise. 7-VII-2026. Dans le cadre du Festival Jeunes talents. Œuvres de George Gershwin (1898-1937), Giacomo Puccini (1858-1924), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Claude Debussy (1862-1918), Francis Poulenc (1899-1963), Cyril Scott (1879-1970), Alberto Nepomuceno (1864-1920) et Heitor Villa-Lobos (1887-1959). Lorena Pires, mezzo-soprano ; Moeka Ueno, piano

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Le récital piano voix qui ouvre la série des concerts du festival Jeunes Talents dans la cour des Grands dépôts des Archives nationales est l’occasion de découvrir une jeune mezzo prometteuse.

Le lieu, une cour ouverte fermée sur trois côtés, peut faire craindre une importante déperdition du son. Mais, dès les premières notes du Summertime de qui ouvre le concert, on se rend compte qu’il n’en sera rien. Les murs en pierre des magasins d’archives du XIXe siècle renvoient ce que l’absence de plafond laisse échapper, et les qualités les plus évidentes de la chanteuse d’origine brésilienne apparaissent d’emblée : projection excellente, vibrato généreux mais maîtrisé, aigus faciles et bien timbrés, diction soignée. Dans la romance de Liù « Signore ascolta » de Turandot, la voix de se fait en outre plus précise dans la diction, et prend les accents du drame qui siéent à l’ultime opéra de .

Au piano, n’est pas en reste. Le son du Bösendorfer est particulièrement net. Elle évite le piège d’un excès de pédale et, par son jeu précis, parvient à rendre de manière remarquable les différents plans sonores des réductions d’orchestre qu’elle a en charge. C’est particulièrement le cas dans l’ouverture des Noces de Figaro de Mozart, suivie par un « Temerari… Come scoglio » de Così fan tutte dans lequel la pianiste rend bien compte de la profusion orchestrale tandis que épouse le personnage plein d’esprit de Fiordiligi avec beaucoup de théâtre (et très peu de vibrato), confirmant l’aisance dans Mozart qu’on lui avait déjà vue avec l’Académie de l’ONP.

La suite du programme est plus sombre : avec « My Man’s Gone Now » issu de Porgy and Bess, trouve des accents déchirants et finit en larmes (de théâtre). Impressionnant. Avec un extrait de la cantate L’Enfant prodigue, elle aborde de manière convaincante la prosodie de la musique française ; ses accents pathétiques et son chant puissant et plein de chair détonneraient sûrement dans Pelléas et Mélisande, mais conviennent au Debussy du prix de Rome (1884). On note plus de retenue et plus d’attention au texte dans l’acte I de Dialogues des Carmélites (« Mon père, il n’est pas d’incident si négligeable »), mais pas moins d’intensité de la part de la mezzo, avec un piano bien en soutien. Avant une respiration de toujours, la délicieuse mélodie « Les chemins de l’amour » (1940).

Après une autre respiration au piano seul, signée Cyril Scott, visiblement un épigone de Debussy (Lotus Land, 1905), on aborde le pays et la langue maternelle de Lorena Pires, avec d’abord un beau « Quem se condói do meu fado » (Trovas n° 2) d’ (1901), lyrique et retenu, qui met notamment en valeur le registre grave de la chanteuse. Et enfin la cinquième des Bachianas brasileiras de : c’est probablement l’œuvre du programme qui perd le plus avec la réduction pour piano, tant il est difficile de faire oublier les huit violoncelles de la partition originale ; mais c’est une de celles où les qualités de Lorena Pires, par-dessus l’écrin tissé par , apparaissent avec le plus de force. Le legato est superbe dans la vocalise de la première partie, le texte déclamé l’est tout autant dans la deuxième, et la troisième partie bouche fermée est délicate à souhait mais avec une présence qui n’a rien d’évident.

Après un spiritual en bis, le célèbre He’s Got the Whole World in His Hands, et Lorena Pires tirent leur révérence sur une soirée qui a permis à l’âme de s’emplir d’une musique belle en tous points et puissamment incarnée.

Crédits photographiques © Caroline Bottaro

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Paris. Archives nationales, Hôtel de Soubise. 7-VII-2026. Dans le cadre du Festival Jeunes talents. Œuvres de George Gershwin (1898-1937), Giacomo Puccini (1858-1924), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Claude Debussy (1862-1918), Francis Poulenc (1899-1963), Cyril Scott (1879-1970), Alberto Nepomuceno (1864-1920) et Heitor Villa-Lobos (1887-1959). Lorena Pires, mezzo-soprano ; Moeka Ueno, piano

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