Festivals, La Scène

Cap-Ferret Music Festival : des trésors sous le sable

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16e Cap-Ferret Music Festival. Du 4 au 11 juillet 2026. Rabah Aliouane, scénographe, Hélène Berger, piano, Laurent Couson, compositeur et chef, d’orchestre, Duo Mouseion, piano, Ensemble Vocal d’Aquitaine, Lucile Fauquet, violoncelle, Jennifer Fichet, piano, Antoine Guerrero, guitare, Thomas Kreuzberger, piano, Marie-Josée Matar, soprano, membres de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, Rebecca Omordia, piano, Heyoung Park, piano, David Pastor, trompette, Rémy Play, clarinette, Quintette Nakama, Quintette Vents et Merveilles, Aoko Soga, piano, Lisa Tannenbaum, harpe, Sébastien Tibacks, basse, Trio Lyatoshynsky.

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Trésors oubliés, pépites à découvrir, bains sonores spectaculaires et musique de chambre… Les multiples propositions de la 16e édition du Cap Ferret Music Festival ne manquaient ni de panache ni d’une prise de risques assumée. Retour sur un festival bouillonnant… à tous les sens du terme !  

Le thème de l’édition qui s’est déroulé du 4 au 12 juillet était consacré aux “trésors oubliés” : trésors de la Nature et de l’Histoire, l’une et l’autre s’enchevêtrant en 7 concerts du soir, 7 concerts jeunes talents, 7 ateliers découvertes, le tout enrichi de classes de maître au sein de l’Académie musicale. Celle-ci réunissait amateurs et jeunes professionnels autour d’une quinzaine de professeurs. Le nombre sacré (7) répondait au souhait de la directrice artistique du festival, la pianiste qui a imaginé un parcours sonore et visuel sur notre (re)connaissance du génie humain. Un génie magnifiant et malmenant tout autant son environnement. Une sorte d’odyssée initiatique jusque dans l’exposition d’œuvres de plasticiens, insérées sur plusieurs kilomètres du littoral sans oublier, sur ce thème, une table-ronde animée par l’architecte Michel Pétuaud Létang, concepteur, entre autres, de l’Auditorium de Bordeaux. 

Petit retour en arrière. Un feu d’artifice inaugure toujours le concert d’ouverture dont les courtes interventions de quelques solistes du festival donnent un avant-goût des manifestations à venir. Face au bassin d’Arcachon, les sites des concerts du soir sont si exceptionnels que le feu d’artifice tant attendu surpasse en intérêt les divers prestations conçues à la manière d’une mosaïque d’un niveau parfois inégal.

La première soirée est à marquer d’une pierre blanche. The Book of Life – oratorio au style d’autant plus intéressant qu’inclassable – du chef d’orchestre et compositeur réunit des forces imposantes dans l’architecture moderne et séduisante de Notre-Dame des Flots, l’église du Cap-Ferret. La remarquable soprano , l’Ensemble vocal d’Aquitaine bien préparé et des musiciens impeccables issus de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine interprètent l’oratorio en onze parties. Cet hymne à la paix fait appel à des textes sacrés anciens porteurs de sagesse devenue, hélas, douloureusement inaudibles. Voilà une œuvre qui correspond exactement à ce qu’on attend d’un festival désireux de toucher un public enthousiaste devant une prestation à la fois spectaculaire et de qualité. L’écriture de Laurent Couzon est d’un lyrisme percutant, multipliant les incursions vers les univers de Fauré, Duruflé, Honegger, Herrmann, Glass, Poulenc, entre autres et des harmonies puisant dans les cultures arabes, arménienne, juives… Une sorte de métissage harmonieux qui ne perd jamais le sens de l’effet. Triomphe assuré. 

Deux grands concerts du soir sont consacrés uniquement à la musique de chambre. Un beau défi qui est relevé par deux ensembles de première force. Le , tout d’abord. Il interprète, Brahms, Piazzolla et Boris Lyatoshynsky. L’attention d’un public mélomane ne faiblit pas dans ces partitions jouées avec un engagement de tous les instants et dans un style juste, véritable écho au site enchanteur.

Le , ensuite, formation composée de membres de l’ régale avec une prestation placée sous le sceau de l’espièglerie virtuose. La musique de Mel Bonis alterne avec celle de Karol Beffa et le concert s’achève par le Quintette pour vents de Rimski-Korsakov. Côté jazz, car ce genre musical est particulièrement attendu au festival, le trompettiste David Pastor et le rendent hommage à Miles Davis et John Coltrane. Enfin, l’esprit des trésors oubliés jaillit aussi sous les doigts de la pianiste africaine Rebecca Omordia. Elle nous fait découvrir des partitions de compositeurs africains, pièces aux écritures aussi racées qu’élégantes. 

Au fil des ans, le festival s’est adapté à un environnement de plus en plus complexe. Dans un contexte économique qui met à mal nombre d’institutions culturelles, cet événement brillant garde le soutien indéfectible des élus locaux. Pour , le défi à relever est d’autant plus grand qu’il faut sans cesse susciter la curiosité des publics les plus divers avec le souci de faire aussi œuvre de pédagogie. Elle le réussit grâce à des thématiques qui enrichissent non seulement les dialogues entre les arts, mais offrent aussi des correspondances inattendues entre trésors sonores et l’âme de lieux d’une beauté unique. 

Crédits photographiques : Laurent Wangermez © CFMF 2026 – Claude Deriau-Reine © MotJae (photo Vents et Merveilles)

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16e Cap-Ferret Music Festival. Du 4 au 11 juillet 2026. Rabah Aliouane, scénographe, Hélène Berger, piano, Laurent Couson, compositeur et chef, d’orchestre, Duo Mouseion, piano, Ensemble Vocal d’Aquitaine, Lucile Fauquet, violoncelle, Jennifer Fichet, piano, Antoine Guerrero, guitare, Thomas Kreuzberger, piano, Marie-Josée Matar, soprano, membres de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, Rebecca Omordia, piano, Heyoung Park, piano, David Pastor, trompette, Rémy Play, clarinette, Quintette Nakama, Quintette Vents et Merveilles, Aoko Soga, piano, Lisa Tannenbaum, harpe, Sébastien Tibacks, basse, Trio Lyatoshynsky.

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