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Bianca e Falliero, rareté rossinienne à ne pas manquer!

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Gioachino Rossini (1792-1868) : Bianca e Falliero. Mise en scène : Jean-Louis Martinoty. Costumes : Daniel Ogier. Décors : Hans Schavernoch. Avec : Maria Bayo, Bianca ; Daniela Barcellona, Falliero ; Francesco Meli, Contareno ; Carlo Lepore, Capellio ; Ornella Bonomelli, Costanza ; Dario Benini, Priuli ; Jiri Prudic, Loredano. Prague Chamber Choir (chef de chœur : Lubomir Matl), Orquestra Sinfonica de Galicia, direction : Renato Palumbo. Réalisation : Tiziano Mancini. 2 DVD Dynamic 33501. Enregistré en août 2005 au Festival Rossini de Pesaro. Sous titrage en italien, allemand, anglais, français, espagnol. Zone 0. Durée 183’

 

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Bianca e Fallieron’est certes pas l’opéra le plus excitant de Rossini. Ce n’est pas non plus le plus mauvais. Composé pour Milan en 1819, coincé entre les très novateurs Ermione, Donna del lago et Maometto II pour le San Carlo de Naples, théâtre pionnier pour lequel Rossini, compositeur attitré, pouvait oser toutes les audaces, il s’agissait de produire une œuvre susceptible de plaire à un public plus conventionnel.

Nous voici donc face à un operia seria un peu longuet, dans lequel le méchant père met plus de trois heures à empêcher sa fille d’épouser le gentil héros. Sauf que, le romantisme n’étant pas encore passé par-là, l’œuvre répond aux canons du bel canto, et que si la fille est bel et bien soprano, le père est ténor et le jeune premier contralto en travesti, dernier avatar de l’âge d’or des castrats. De plus, les conventions imposent la règle du lieto fine : le père se laisse attendrir dans le dernier quart d’heure, tout finit bien dans le meilleur des mondes et l’héroïne ne meurt pas de folie. Cela nous vaut une œuvre d’un classicisme sage, avec de très longs morceaux : une vaste introduction avec chœurs, ce que Rossini avait déjà abandonné depuis longtemps pour Naples, cinq airs (deux pour Bianca, deux pour Falliero, un pour Contareno), trois duos, dont deux pour les amants, un quatuor et deux grands finales, des récitatifs secs, et surtout, surtout, une musique très ornementée, le nec plus ultra du véritable bel canto ! Amateurs de beau chant, salut !

Bianca e Falliero avait été donné au Festival Rossini de Pesaro en 1986 et nous avait valu ce qui fut longtemps l’unique enregistrement, avec Marylin Horne, Katia Ricciarelli et Chris Merritt, et qui même après la parution de la terne alternative d’Opera Rara en 2001, resta la référence. Or voici que nous parvient vingt ans après, toujours du festival de Pesaro, une version DVD. Et c’est une belle réussite.

Par la mise en scène de , d’abord : une direction d’acteurs classique et efficace, bougeant même beaucoup (des duels à l’épée tout à fait crédibles, par exemple) des décors grandioses et esthétiques, de jolis costumes colorés, sauf celui de ce pauvre Falliero, qui se voit affublé d’une espèce de cote de mailles façon baba cool années 70 en poil de yack véritable – fait très bien le loubard vaguement beauf – bref, à ce détail près, un régal pour l’œil.

Par la distribution ensuite : certes, ne peut pas tout à fait offrir la même excitation que Marylin Horne ou le sublime désespoir de , mais la voix est belle, chargée d’émotion, et la cantatrice connaît les règles du bel canto sur le bout des doigts. Une prestation quasi-parfaite. n’est jamais aussi bonne que dans la douceur opprimée et la souffrance résignée, et le rôle de Bianca lui va comme un gant. Tout au plus la sentira-t-on au bout de ses limites dans le rondo final (celui de La Donna del Lago qui servit ensuite à Rossini d’air final passe-partout chaque fois qu’une soprano devait exprimer sa joie à la fin d’un opéra) mais ça passe. est le ténor qui monte, et en effet, la voix est bien timbrée, cuivrée, les aigus grimpent tout seul, les vocalises en forces typiques de Rossini sont bien nettes. Au vu de cette superbe prestation rossinienne et de sa contre-performance dans la récente Sonnambula du TCE, on se demande si le ténor ne devrait pas pour le moment concentrer sa carrière sur le bel canto pré-romantique.

L’Orquestra Sinfonica de Galicia sous la direction de Renato Palumbo sonne lourdingue, prosaïque et brutal. Fort heureusement, dans Rossini, et particulièrement dans celui-ci, ce n’est pas le plus important.

Une rareté rossinienne à ne manquer sous aucun prétexte !

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Gioachino Rossini (1792-1868) : Bianca e Falliero. Mise en scène : Jean-Louis Martinoty. Costumes : Daniel Ogier. Décors : Hans Schavernoch. Avec : Maria Bayo, Bianca ; Daniela Barcellona, Falliero ; Francesco Meli, Contareno ; Carlo Lepore, Capellio ; Ornella Bonomelli, Costanza ; Dario Benini, Priuli ; Jiri Prudic, Loredano. Prague Chamber Choir (chef de chœur : Lubomir Matl), Orquestra Sinfonica de Galicia, direction : Renato Palumbo. Réalisation : Tiziano Mancini. 2 DVD Dynamic 33501. Enregistré en août 2005 au Festival Rossini de Pesaro. Sous titrage en italien, allemand, anglais, français, espagnol. Zone 0. Durée 183’

 
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