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Milan, Monteverdi, Wilson : l’ennui porté au rang d’art

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Milan-Teatro Alla Scala. 30-IX-2011. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Il Ritorno di Ulisse in Patria. Mise en scène et lumières : Robert Wilson. Andrea Arrivabene, L’humana Fragilità ; Luigi de Donato, Il Tempo, Nettuno ; Monica Bacelli, La Fortuna, Melanto ; Anna Maria Panzarella, Amore, Minerva ; Sara Mingardo, Penelope ; Marianna Pizzolato, Ericlea ; Mirko Guadagnini, Eurimaco, Secondo Feacio ; Emanuelle D’Aguanno, Giove, Anfinomo ; Furio Zanasi, Ulisse ; Luca Dordolo, Eumete ; Gianpaolo Fagotto, Iro ; Leonardo Cortellazzi, Telemaco ; Krystian Adam, Pisandro ; Raffaella Milanesi, Giunone. Concerto Italiano, Rinaldo Alessandrini.

La Scala de Milan a décidé de confier un cycle Monteverdi à Robert Wilson ! Venant après un Orfeo (2009), ce Retour d’Ulysse dans sa patrie, coproduit avec l’Opéra de Paris, est un échec   ! On connaît le langage scénique de l’Américain avec ses personnages figés dans un hiératisme total que baignent des lumières bleues travaillées au millimètre près ! Certes, les tics de Wilson peuvent tantôt fasciner, tantôt agacer, mais parfois la magie opère à l’image de quelques productions réussies et presque légendaires : Aida, Alceste ou Madame Buttrerfly ! Mais pour ce Monteverdi, le seul sentiment produit est un ennui visuel, certes chic et esthétisant, mais un ennui total !

Le livret du Retour d’Ulysse dans sa patrie est foncièrement narratif, spécificité très difficile à rendre pour l’esthétique abstraite et rectiligne de Wilson. La représentation commence ainsi très mal, avec un « Prologue » qui fait sourire avec son lapin empaillé et sa tortue géante tirée d’un film d’horreur des années 1950, symboles de l’écoulement du temps ! Egarée dans le vaste plateau de La Scala, l’action n’est jamais éclairée et les chanteurs semblent livrés à eux même,  ils hésitent entre la posture figée traditionnelle et des gesticulations qui semblent improvisées. Cela manque d’arrêtes et surtout de direction d’acteurs.

Musicalement, le bonheur n’est pas total ! Certes, chef d’orchestre et chanteurs sont des artistes de premier plan, mais face à l’immensité de La Scala, sur-dimensionnée pour une œuvre aussi intimiste, ils peinent à se faire entendre. C’est particulièrement vrai pour les chanteurs quand ils ne sont pas l’avant de la scène ou pour les instrumentistes dont les couleurs ne ressortent pas. Mais la musique de Monteverdi et sa beauté naturelle parviennent à sauver ce spectacle et la seconde partie décolle un peu uniquement portée par la musique. Dans ce contexte, on ne peut que saluer le courage et la vaillance des chanteurs et surtout leur compétence : Monica Bacelli, , .

Crédit photographique : Lucie Jansch

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Milan-Teatro Alla Scala. 30-IX-2011. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Il Ritorno di Ulisse in Patria. Mise en scène et lumières : Robert Wilson. Andrea Arrivabene, L’humana Fragilità ; Luigi de Donato, Il Tempo, Nettuno ; Monica Bacelli, La Fortuna, Melanto ; Anna Maria Panzarella, Amore, Minerva ; Sara Mingardo, Penelope ; Marianna Pizzolato, Ericlea ; Mirko Guadagnini, Eurimaco, Secondo Feacio ; Emanuelle D’Aguanno, Giove, Anfinomo ; Furio Zanasi, Ulisse ; Luca Dordolo, Eumete ; Gianpaolo Fagotto, Iro ; Leonardo Cortellazzi, Telemaco ; Krystian Adam, Pisandro ; Raffaella Milanesi, Giunone. Concerto Italiano, Rinaldo Alessandrini.

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