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La mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer

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Rodolphe Kreutzer (1766-1831): la Mort d’Abel, tragédie lyrique en deux actes. Livret de François-Benoît Hoffman. Avec: Sébastien Droy, Abel; Katia Velletaz, Méala; Jean-Sébastien Bou, Caïn; Yumiko Tanimura: Tirsa ; Jennifer Borghi : Eve ; Pierre-Yves Pruvot : Adam ; Alain Buet : Anamalech. Orchestre Les Agrémens. Choeur de chambre de Namur. Direction: Guy van Waas. 1 Livre/2 CD Palazetto Bru Zane/Ediciones Singulares ES 1008. ISBN: 978 84 939 6861 8. Textes de présentation en anglais et en français. Livret en anglais et en français. Enregistré en novembre 2010. Durée : 55’27+35’48

 

Quelle œuvre a laissé en 1810, en signant La Mort d’Abel ! Œuvre assez marquante, et véritablement inclassable : ce n’est certainement plus une tragédie lyrique comme on pouvait l’entendre jusqu’à une décennie auparavant, et ce n’est pas non plus un oratorio (on verrait très mal cela représenter un épisode biblique dans un édifice religieux !), et la solennité du thème choisi n’est pas sans contraster avec les artifices de l’annonce de la transfiguration d’Abel. Le compositeur, , à qui Beethoven dédia une célèbre sonate pour violon et piano, et dont les partitions sont plutôt méconnues (il composa pas moins de quarante opéras, peu d’entre elles ont aujourd’hui été entendues), offre dans cet ouvrage une musique de haute volée. Le duo entre Adam et Abel du premier acte est absolument délicieux, et l’on est saisi tout aussi devant la maîtrise de la composition du finale du premier acte où culmine l’opposition entre la tendresse bienveillante des parents d’Abel et de Caïn et la puissance maléfique d’Anamalech ainsi que chœur infernal.

L’exécution de l’ouvrage est rendue par deux chanteurs fort solidaires : incarne un Abel assez virginal et pur, et dont les élans séduisent par leur douceur fraternelle, tandis que Caïn, défendu vaillamment par , permet au chanteur de développer la souffrance et la culpabilité du premier meurtrier de notre histoire. , excellent dans la noirceur et les malédictions d’Anamalech, possède, comme à son habitude, l’art de distiller une tension dramatique bienvenue. Le couple / (Eve/Adam) n’appelle quant à lui aucune réserve, et la direction enlevée de offre un support moelleux à l’évolution du drame.

Il en résulte donc une œuvre saisissante, très ramassée, et assez dense, servie par une équipe soudée et cohérente, et, comme toujours dans les opéras défendus par le Centre de musique romantique française Bru Zane, avec un ensemble de textes d’accompagnement érudits et teintant l’écoute de cette œuvre qui gagnerait encore à être vue sur scène d’une attention convaincue.

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Rodolphe Kreutzer (1766-1831): la Mort d’Abel, tragédie lyrique en deux actes. Livret de François-Benoît Hoffman. Avec: Sébastien Droy, Abel; Katia Velletaz, Méala; Jean-Sébastien Bou, Caïn; Yumiko Tanimura: Tirsa ; Jennifer Borghi : Eve ; Pierre-Yves Pruvot : Adam ; Alain Buet : Anamalech. Orchestre Les Agrémens. Choeur de chambre de Namur. Direction: Guy van Waas. 1 Livre/2 CD Palazetto Bru Zane/Ediciones Singulares ES 1008. ISBN: 978 84 939 6861 8. Textes de présentation en anglais et en français. Livret en anglais et en français. Enregistré en novembre 2010. Durée : 55’27+35’48

 
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