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À Genève, heureux mariage de Leoš Janáček avec Manuel de Falla

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Genève. La Cité Bleue. 30-X-2026. «Gitanes». Leoš Janáček (1854-1928) : Journal d’un disparu, cycle de chants pour ténor, alto, chœur et piano – orchestration Arthur Lavandier (1987). Manuel de Falla (1876-1946) : L’Amour sorcier, ballet-pantomime sur un livret de Gregorio Martínez Sierra (1881-1947) pour orchestre de chambre et mezzo-soprano. Mise en scène : Sandrine Anglade. Scénographie et lumières : Caty Olive. Avec Petr Nekoranec, Janik (ténor). Isabelle Druet , Žofka/Candelas (mezzo-soprano). Rebecca Lopez Barrera, Inès Flores-Brsil, Elise Lefebvre, choeur. Musiciens de l’Orchestre de Chambre de Genève. Direction musicale : Raphaël Merlin.

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Sous le titre évocateur de « Gitanes », le théâtre de la Cité Bleue propose une très belle réalisation du Journal d’un disparu de couplé avec L’Amour sorcier de mettant en valeur la luminosité et le charme insolents et bienvenue du ténor .

En 1916, un quotidien tchèque publie une vingtaine de courts poèmes populaires et anonymes moraves qui racontent l’aventure amoureuse d’un jeune homme de la terre avec une gitane, aventure qui l’amène à renier sa famille et les principes d’une éducation stricte et sévère pour suivre l’irrésistible chemin de l’amour. Dès l’année suivante de la parution, s’attellera à la composition d’un cycle de vingt-deux mélodies qui verra sa création en 1921 au Théâtre Reduta de Brno, sous le titre du Journal d’un disparu. La version proposée par le Théâtre de La Cité Bleue est fort intelligemment orchestrée par le compositeur français . Loin de donner l’impression d’un pastiche de la musique de , il nous offre une musique aux couleurs si particulières qu’elle laisse une impression d’assimilation totale au compositeur tchèque.

Dans la pénombre, derrière un rideau de tulle légère, on distingue la quinzaine de musiciens de l’ disposés en fond de scène totalement noir. Précis et en verve, dirige son ensemble avec rigueur et autorité. Ne s’occupant pratiquement jamais de ses solistes, il module néanmoins superbement les ardeurs de son orchestre pour laisser au chant tout l’espace pour s’exprimer. Tout est remarquablement travaillé dans cette partition où s’enchainent les mélodies sans qu’elles apparaissent laisser d’autres repères qu’une parfaite connaissance des textes tant poétiques que musicaux. A ce jeu, il faut reconnaitre que le ténor tchèque (Janik) est totalement à l’aise. Sortant d’un récent enregistrement de cette œuvre (Dux), il combine l’avantage de s’exprimer dans sa langue natale avec une vocalité de belle et grande élégance. Dès les premières notes, on sent en lui l’étoffe d’un grand chanteur. Nos lignes l’avaient déjà remarqué dès 2016 même s’il semble que les registres dans lesquels ses premières apparitions l’ont vu s’exprimer n’étaient pas tout à fait pour son type de voix. Ici, il est lumière. Touchant à l’extrême lorsque sa voix le porte dans les aigus, avec le charme de pianissimo comparables à ceux qu’on apprécie chez Benjamin Bernheim, il possède une autorité vocale sans âpreté dans le médium. A ses côtés, la mezzo-soprano (Žofka) se débat avec succès dans l’aigu de son spectre vocal mais on la retrouve bien plus à l’aise ans ses deux interventions de L’Amour sorcier de couplé sans presque aucune interruption au Journal d’un disparu. On apprécie en particulier son Canción del amor dolido qu’elle aborde avec une fougue ravageuse et convaincante.

Un mot de la mise en scène de . Les livrets de ces deux pièces relatant plus les états d’âme de deux amoureux que des faits limitent les grandes intentions scéniques. Ainsi, la metteuse en scène française borne son propos scénique à une bienvenue économie d’effets et de déplacements. Tout comme sont subtils les éclairages de . On s’immobilise dans la pensée, on marche dans l’action et on court dans la joie de l’amour. On touche à l’essentiel et c’est bien ainsi.

Crédit photographique : l’OCG © Sébastien Moritz

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Genève. La Cité Bleue. 30-X-2026. «Gitanes». Leoš Janáček (1854-1928) : Journal d’un disparu, cycle de chants pour ténor, alto, chœur et piano – orchestration Arthur Lavandier (1987). Manuel de Falla (1876-1946) : L’Amour sorcier, ballet-pantomime sur un livret de Gregorio Martínez Sierra (1881-1947) pour orchestre de chambre et mezzo-soprano. Mise en scène : Sandrine Anglade. Scénographie et lumières : Caty Olive. Avec Petr Nekoranec, Janik (ténor). Isabelle Druet , Žofka/Candelas (mezzo-soprano). Rebecca Lopez Barrera, Inès Flores-Brsil, Elise Lefebvre, choeur. Musiciens de l’Orchestre de Chambre de Genève. Direction musicale : Raphaël Merlin.

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