Concerts, La Scène, Musique symphonique

Double anniversaire pour Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille

Plus de détails

Lille. Auditorium Jean-Claude Casadesus. 04-X-2026. Graciane Finzi (née en 1945) : Matière, Esace, Temps. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano et orchestre. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Roméo et Juliette (extraits des Suites n°1 et 2). Orchestre National de Lille, direction : Jean-Claude Casadesus

Partager

Alors qu’il se prépare à souffler ses 91 bougies, , bon pied bon œil, a fêté avec brio les 50 ans de « son » , créé en 1976.

La musique est un baume, et sans doute un élixir de jouvence. Alors que Herbert Blomstedt vient de nous quitter à l’âge de 99 ans, , 91 ans le 7 décembre prochain, est désormais l’un des doyens des chefs d’orchestre internationaux toujours en activité, devant Charles Dutoit et Zubin Metha, âgés de 90 ans. La musique conserve visiblement. Et c’est toujours avec droiture et fierté que vient diriger à intervalle régulier, dans l’auditorium qui porte désormais son nom, l’, qu’il a fondé il y a 50 ans.

Après le « gala des trois chefs« , réunissant le mois dernier les trois directeurs musicaux successifs de l’ONL, cette année du cinquantenaire s’est ainsi clôturée par ce concert d’une grande diversité dirigé par son chef historique et fondateur, toujours bon pied bon œil. Fidèle à sa volonté de promouvoir le répertoire d’aujourd’hui, Jean-Claude Casadesus ouvre son programme avec Matière, Espace, Temps, de . En écho au Timbre, Espace, Mouvement d’, la pièce de la compositrice française (présente dans la salle) se veut une étude de la matière sonore. Une pièce d’un seul bloc, où les couches sonores s’agrègent par strates en une lente fusion. L’occasion pour l’ de faire briller ses différents pupitres, et pour Jean-Claude Casadesus, à la direction nette et précise, de rappeler ses années d’études auprès de Pierre Boulez.


L’ONL entretient depuis longtemps un lien avec le Concours Reine Elisabeth, dont il accueille régulièrement les lauréats. Cette fois, c’est le lauréat 2025, le jeune pianiste néerlandais Nikola Meeuwsen, qui est invité, pour interpréter l’iconique Concerto pour piano d’. Composé à 24 ans, le même âge que son interprète, ce concerto, longtemps comparé à celui de Robert Schumann, est un immense classique du répertoire. Il est vrai que l’œuvre regorge de mélodies magnifiques, d’élans romantiques irrésistibles, sans oublier les saveurs folkloriques qui font le charme du compositeur norvégien. Nikola Meeuwsen impressionne par le calme impérial, l’assurance de son jeu, allié à une nuance de toucher assez exceptionnelle. La qualité de ses silences avant l’explosion virtuose dans la cadence du premier mouvement, la grâce « chopinesque » du deuxième mouvement, le parfait dosage entre douceur et poigne d’acier du troisième mouvement, sont tous les atouts de ce futur « grand » du piano. Sans forcer les tempos, Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille façonnent un écrin idoine.

De retour en Russie, compose son ballet Roméo et Juliette en 1935. L’année même de la naissance de Jean-Claude Casadesus. Depuis, le chef français est devenu un grand amateur de musique russe, et notamment de Prokofiev dont il a laissé d’excellents enregistrements. Roméo et Juliette fait partie des « tubes » de l’Orchestre national de Lille, dont les musiciens connaissent cette partition par cœur. Jean-Claude Casadesus a choisi une sélection des deux célèbres suites du ballet, succession de moments de bravoure orchestrale. Le tempo initial des « Montaigus et Capulets » nous parait un peu sage, mais on sent resurgir le passé de percussionniste de Jean-Claude Casadesus, toujours attentif à l’assise rythmique. Le chef peut aussi parfois laisser aller sa battue pour laisser s’exprimer en toute confiance les différents pupitres. Notamment des cordes et des bois très en verve. L’orchestre est à la fête, le public également, applaudissant chaleureusement « son » chef historique.

Celui-ci réserve toutefois une petite surprise finale pour fêter ce jubilé. En l’occurrence un bis triomphal avec L’Hymne à la joie de la Symphonie n°9 de Ludwig Van Beethoven entonné en compagnie des Choeurs du Nord – Pas-de-Calais. Comme le remerciement pour cinquante années de fierté culturelle au service de toute une région.

Crédits photographiques : © Ugo Ponte / Onl

(Visited 1 times, 1 visits today)
Partager

Plus de détails

Lille. Auditorium Jean-Claude Casadesus. 04-X-2026. Graciane Finzi (née en 1945) : Matière, Esace, Temps. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano et orchestre. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Roméo et Juliette (extraits des Suites n°1 et 2). Orchestre National de Lille, direction : Jean-Claude Casadesus

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.