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L’Ange de Nisida, une résurrection réussie avec Florian Sempey

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Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’Ange de Nisida, opéra en quatre actes sur un livret d’Alphonse Royer et Gustave Vaëtz. Mise en scène : Francesco Micheli. Décors : Angelo Sala. Costumes : Margherita Baldoni. Lumières : Alessandro Andreoli. Avec : Florian Sempey, baryton (Don Fernand d’Aragon) ; Roberto Lorenzi, baryton-basse (Don Gaspar) ; Konu Kim, ténor (Leone de Casaldi) ; Lidia Fridman, soprano (la comtesse Sylvia de Linarès) ; Federico Benetti, basse (le moine) ; Orchestre et chœur du Donizetti Opera (chef de chœur : Fabio Tartari) ; direction : Jean-Luc Tingaud. 2 DVD Dynamic. Enregistrés en novembre 2019 à l’Opéra Donizetti de Bergame. Durée totale : 2h54

 

La captation de l’Ange de Nisida en DVD est une première mondiale. Un enregistrement CD avait eu lieu en 2018 après la création de l’œuvre en version de concert au Royal Opera House, mais il aura fallu 179 ans pour voir cet opéra sur scène, et c’est une grande réussite.

L’histoire est compliquée, voire rocambolesque. En 1840, Donizetti composa L’Ange de Nisida pour le Théâtre de la Renaissance, qui, mal géré, fit faillite au bout de 19 mois d’exploitation, sans pouvoir représenter l’ouvrage. Le compositeur, sans se décourager, utilisa ses bonnes feuilles pour élaborer La Favorite, créé avec succès la même année à l’Opéra de Paris. Bien peu de monde s’était par la suite intéressé à cet Ange, pensant qu’il n’était un brouillon.

Il fallut le XXIᵉ siècle, et la musicologue Candida Mantica, qui, dans le cadre de son doctorat, découvrit une grande partie de la partition à la Southampton University. Les pages étaient en désordre, il fut dans un premier temps indispensable de les réorganiser, puis de compléter les parties manquantes, notamment avec des extraits de La Favorite.

La grande surprise à l’écoute de L’Ange de Nisida est qu’en fait, il n’y a pas tant de musique commune entre les deux opéras, on y entend beaucoup de nouveautés, et de très séduisantes. Le livret, encore plus maladroit que son clone, étale à loisir la candeur de Leone de Casaldi, épousant par amour la maîtresse du roi d’Aragon, sans connaître son statut. Mais la comparaison est excitante, et l’œuvre très réussie de façon intrinsèque.

La mise en scène de cette résurrection est également passionnante, bien que perdant plus ou moins de son impact sur le petit écran. Le parterre de l’Opéra a été vidé de ses sièges, reléguant les spectateurs dans les loges, ce qui crée un immense espace ovale, ouvrant sur tous les côtés de la salle. Les deux maîtres-mots sont ensuite le dépouillement, pas de décors de fond (et pour cause !) peu d’accessoires, des lumières élaborées, et puis le papier : des feuilles que l’on jette et que l’on ramasse, des costumes imaginés dans ce fragile matériau qu’on déchire à loisir. Il est difficile de décrire l’idée générale avec de simple mots, mais c’est à la fois inventif et intelligent.

La distribution est quant à elle plus que satisfaisante, à commencer par le somptueux roi d’Aragon de , magnifique de présence, d’autorité, et de beau chant. La palette de couleurs est fastueuse, et l’on comprend chaque mot de son texte, ce qui n’est pas le cas de ses partenaires.  est un vaillant ténor lyrique, à la technique affirmée, qui ajoute beaucoup de son aura à la représentation. La comtesse Sylvia de est impliquée, et assume pleinement un emploi si lourd pour une jeune voix. Le rôle de Don Gaspar est assez étonnant, mi-bouffe, mi-sérieux, et se tire avec habileté de cette dualité. maîtrise l’autorité nécessaire au personnage du moine.

À la baguette, mène sans coup férir son orchestre à bon port.

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Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’Ange de Nisida, opéra en quatre actes sur un livret d’Alphonse Royer et Gustave Vaëtz. Mise en scène : Francesco Micheli. Décors : Angelo Sala. Costumes : Margherita Baldoni. Lumières : Alessandro Andreoli. Avec : Florian Sempey, baryton (Don Fernand d’Aragon) ; Roberto Lorenzi, baryton-basse (Don Gaspar) ; Konu Kim, ténor (Leone de Casaldi) ; Lidia Fridman, soprano (la comtesse Sylvia de Linarès) ; Federico Benetti, basse (le moine) ; Orchestre et chœur du Donizetti Opera (chef de chœur : Fabio Tartari) ; direction : Jean-Luc Tingaud. 2 DVD Dynamic. Enregistrés en novembre 2019 à l’Opéra Donizetti de Bergame. Durée totale : 2h54

 
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