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Le coréen, langue invitée du Festival d’Avignon

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Avignon. Gymnase du Lycée Aubanel. 6-VII-26. Dans le cadre du festival d’Avignon. Jaha Koo : The History of Korean Western Theater. Avec Jaha Koo, Seri et Toad. Concept, texte, mise en scène, musique et vidéo : Jaha Koo. Dramaturgie : Dries Douibi. Scénographie et dessin : Eunkyung Jeong. Conseil artistique : Pol Heyvaert. Piratage du matériel : Idella Craddock. Recherche : Eunkyung Jeong, Jaha Koo. Aide à la recherche : Sang Ok Kim. Interview : Jooyoung Koh, Kiran Kim, Kyungmi Lee. Régie : Tom Daniels, Bart Huybrechts.

Cour du Lycée Saint-Joseph, Avignon. 7-VII-26. Première en France – Création 2025. Sung Im Her : 1 Degree Celsius. Chorégraphié : Sung Im Her. Avec Junhong Cho, Sung Im Her, Changmin Lee, Hyeontaek Oh, Jisoo Ryu, Jiwon Son, Jaesung Yu. Direction des répétitions : Jihye Ha, Eisul Lee. Lumière : Younguk Lee. Son : Husk Husk, Lucy Duncan. Costumes : Mio Jue. Régie générale : Sang Ji Choi. Conseil costumes : Sunyeol Lim

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Pour sa 80e édition, le Festival d’Avignon met à l’honneur la langue coréenne. Avec de belles réussites du côté du théâtre, avec l’invitation de trois spectacles de , mais un décalage plus important côté danse, avec la première française de 1 Degree Celsius de .

Chaque année, le Festival d’Avignon choisit une langue invitée pour découvrir les différentes facettes d’une expression linguistique à travers des spectacles de danse ou de théâtre, des textes et des auteurs. Après la langue arabe invitée avec plus ou moins de bonheur en 2025, il fait le choix du coréen en 2026 à l’occasion du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la Corée et la France. En collaboration avec le Seoul Performing Arts Festival (SPAF), le Korean Arts Management Service (KAMS) et le Centre Culturel Coréen, cette programmation de dix spectacles coréens est accompagnée d’événements autour de la littérature, de la gastronomie et du cinéma coréens.

Comment peut-on savoir l’âge du théâtre ? Le théâtre n’a-t-il pas toujours été là ? Demande le cuiseur à riz crédité au générique de The History of Korean Western Theater, héros éponyme de Cuckoo le premier opus de la trilogie de invité avec trois de ses créations au Festival d’Avignon. En 1908, la création de la pièce Silver Wood marque l’histoire officielle du nouveau théâtre coréen. Sous une forme de théâtre documentaire (bien qu’il s’en défende), , désormais installé en Belgique, convoque les traditions coréennes et son histoire personnelle pour dénoncer sur un rythme de K-pop, la pop coréenne, le remplacement des traditions culturelles ancestrales par une culture occidentale, inspirée de l’empire britannique et importée en Corée par l’empire japonais, qui occupait le pays jusqu’en 1945.

« La conscience d’une société se trouve dans sa culture et son éducation », déclare le narrateur, flanqué de Seri, un cuiseur à riz scintillant qui parle et d’un crapaud origami baptisé Toad, également animé. Sur l’écran géant défilent les images solarisées ou en négatif des traditions théâtrales et chorégraphiques coréennes balayées par l’impérialisme culturel et la volonté de singer l’occident. Shakespeare a fait oublier Bibisae, le gobelin qui mange les humains et les souvenirs. Jaha Koo raconte en images et en mots cette histoire dans un spectacle multidisciplinaire et intime attachant qui mêle performance, musique, vidéo et robotique.

C’est en Angleterre que réside la chorégraphe , née en Corée du Sud, diplômée de PARTS et étant passée par des compagnies comme Les Ballets C de la B ou Need Company en Belgique. Il semble pourtant qu’elle soit restée bloquée dans les années 90 avec son spectacle 1 Degree Celsius. A un rythme lent, presque contemplatif, les corps des jeunes danseurs de sa compagnie paraissent ballotés par le vent ou glissant sur les flots au gré du courant. Une danse plutôt sage qui ne dégage pas de ligne directrice, si ce n’est celle des éléments.

L’écriture n’est pas innovante et nous voyons sur le grand plateau de la cour du Lycée Saint-Joseph de la danse comme on n’en voit plus guère en Europe, à base de marches à l’unisson, de courses ou de roulades. Les danseurs se laissent traverser dans but par cette proposition d’une danse très mécanique sur de la musique électronique elle aussi sans surprise. A l’exception du solo introductif de la chorégraphe, silhouette comme suspendue dans l’air chaud de cette soirée d’été, les danseurs ne dégagent aucune émotion. Il est difficile de comprendre pourquoi la qualité de sa danse, délicate et nerveuse, n’a pas été insufflée aux autres danseurs.

Le plus décevant est quand même que le sujet annoncé dans le programme, le changement climatique, ne soit pas explicitement traité. Que signifie cette dépense physique intense et énergique ? Comment témoigne-t-elle de l’impossibilité de s’adapter ? La conclusion du spectacle, avec des projecteurs plein feux qui nous éblouissent, matérialisant un soleil aveuglant qui fait succomber un à un les danseurs, est en soi un constat d’échec.

Crédits photographiques : The History of Western Korean Theater © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon ; 1 Degree Celsius, © Seoul Performing Arts Festival

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Avignon. Gymnase du Lycée Aubanel. 6-VII-26. Dans le cadre du festival d’Avignon. Jaha Koo : The History of Korean Western Theater. Avec Jaha Koo, Seri et Toad. Concept, texte, mise en scène, musique et vidéo : Jaha Koo. Dramaturgie : Dries Douibi. Scénographie et dessin : Eunkyung Jeong. Conseil artistique : Pol Heyvaert. Piratage du matériel : Idella Craddock. Recherche : Eunkyung Jeong, Jaha Koo. Aide à la recherche : Sang Ok Kim. Interview : Jooyoung Koh, Kiran Kim, Kyungmi Lee. Régie : Tom Daniels, Bart Huybrechts.

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