Zacharias sublime Beethoven

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lausanne, Salle Métropole. 7-III-2005. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Danse des furies, extraite d’Orphée et Eurydice ; Iphigénie en Aulide, ouverture. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n° 1 en ut majeur opus 15 ; Symphonie n° 6 en fa majeur opus 68 dite « Pastorale ». Orchestre de Chambre de Lausanne, direction et piano : Christian Zacharias.

C’est la mezzo-soprano qui devait offrir quelque vingt minutes de rêve avec lesWesendonk-lieder de Richard Wagner à ce concert d’abonnement de l’. Grippée, elle a déclaré forfait. Le Concerto pour piano et orchestre n° 1 en ut majeur op. 15 de a remplacé l’œuvre wagnérienne. Devait-on s’en plaindre? Avec l’impermanence de la musique, on peut en douter car, ce soir-là, la grâce a touché .

Peut-être que le bouleversement du programme, l’inattendu, a été le galvaniseur de cette soirée. Débutant son concert avecla Danse des Furies de l’opéra Orphée et Eurydice de Gluck suivi de l’ouverture d’Iphigénie en Aulide, Zachariasdirige son ensemble sans baguette. Si parfois son découpage musical paraît incisif, voire dur, l’imminence du lyrisme qui le suit remet chacun dans le souffle de la musique. S’impose alors un orchestre prenant rapidement la mesure de sa tâche. Son superbe contrôle des nuances et des contrastes offre des tutti impressionnants pour la dimension de l’ensemble.

Mais c’est dans le Concerto pour piano et orchestre n° 1 en ut majeur de que offre le meilleur de lui-même. Si les premières mesures laissent apparaître des cordes un peu sèches (mais quels bois superbes!), bientôt le piano insuffle sa musique à l’orchestre qui s’empare de la délicatesse du soliste pour en sublimer l’expressivité. Très inspiré, investit l’espace de son toucher à la fois absolu et délicat. Dans cet échange orchestral et pianistique, la complicité du chef et de son ensemble sublime la partition. Uni dans l’esprit de l’œuvre, l’orchestre soudain s’adoucit, se colore et offre un tapis musical mœlleux aux traits du piano de Zacharias. Retenant volontairement le tempo pour en exhaler le lyrisme, orchestre et piano se fondent dans un même instrument. Quand résonnent les derniers accords, le public exulte réservant un triomphe à un presque étonné d’en avoir été l’instigateur.

Le sublime se prolonge quand le pianiste revient pour offrir un impromptu et habité Träume tiré des Wesendonk-lieder qu’il jouera seul au piano accompagnant le très beau violon de Gyula Stuller.

Credit photographique : © DR

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