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Dijon. Grand théâtre. Le 15-III-2009. Jacques Offenbach (1819-1880) ; Les Contes d’Hoffmann, opéra fantastique en un prologue, 3 actes et un épilogue, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Olivier Desbordes ; Décors et lumières : Patrice Gouron ; Costumes : Jean-Michel Angeys, Stéphane Lavergne (studio fbg-21). Avec : Jean-Claude Saragosse, Lindorf / Coppelius / Dr Miracle/Dapertutto ; Eric Vignau, Andres / Cochenille / Frantz / Pittichinaccio ; Christophe Lacassagne, Luther / Crespel ; Andréa Giovannini : Hoffmann ; Sabine Garrone, Nicklausse / Voix de la mère d’Antonia ; Lionel Muzin, Spalanzani / Nathanaël ; Isabelle Philippe, Olympia / Giulietta / Antonia / Stella ; Alain Herriau, Schlemil / Hermann. Orchestre et Chœur de l’opéra de Dijon, direction : Dominique Trottein.

Les Contes d’Hoffmann

Habituellement une partie du public quitte la salle par mécontentement pendant le spectacle ou disparaît à l’entracte. Mais aujourd’hui, à Dijon, les choses sont bien différentes. Environ un quart des spectateurs se lève et part avant que l’opéra ait commencé, laissant quelques trous béants pour un spectacle qui devait tourner initialement à guichet fermé. Pourquoi ?

Pour comprendre, il faut revenir à l’entrée du théâtre, là où tout commence. Des prospectus distribués par des instrumentistes grévistes, des personnes qui font la queue afin de signer une pétition… En effet, après la disparition du ballet, c’est aujourd’hui l’orchestre de Dijon qui, sous sa forme actuelle, est en péril, comme l’explique le porte-parole des musiciens grévistes juste avant le début du spectacle suivi d’une intervention du directeur général de l’opéra de Dijon, Laurent Joyeux, qui confirme que, pour ce spectacle, étant donné l’ampleur des absences au sein de l’orchestre, une partie musicale sera confiée à un pianiste. De ce fait, malgré l’engagement de à la direction et des instrumentistes présents, la version donnée reste bien sûr en-dessous des attentes des richesses dues à cette très étincelante partition. Le timbre du piano ne se marie pas bien du tout avec le reste, même si le pianiste connaît assurément son travail.

En revanche, point de mauvaise surprise pour le reste du spectacle, à savoir le plateau de chanteurs vraiment de qualité, avec une éblouissante dans les différents rôles qu’elle habite réellement. Tour à tour drôle (Olympia, l’automate), séductrice (Giuletta voire Stella) ou encore sensible (Antonia), elle arrive incontestablement à toucher. De même, , habitué de la scène dijonnaise (par exemple dans Don Giovanni l’an dernier…) impose une présence et un esprit satanique incontestables. De même, Sabine Garrone a su séduire par ses qualités vocales et son jeu de scène tout comme Andréa Giovannini dans un Hoffmann à l’accent et au charme très italiens… A noter également la prestation très réussie de ainsi que celle d’ et de , tous trois bien ancrés dans leurs différents rôles. L’ensemble a comblé le public.

Il faut également préciser que la mise en scène, les costumes et le décor ont contribué à la réussite du spectacle. En effet, les personnages faisaient parfois référence à la Commedia dell’arte, à l’instar de Nicklausse, très proche de Pierrot, mais avec un chapeau, durant tous les actes tandis que les figurants présents dans le même décor doré, au deuxième acte, portent tous des masques, de même que les choristes attablés. Même Hoffmann fait le geste d’être manipulé comme une marionnette pendant la chanson de Kleinzach dans la taverne de maître Luther. De plus, sur scène, le fameux décor inchangé n’est cependant pas pesant grâce à des lumières changeantes et des costumes variés, comme celui doré d’Olympia, la robe noire de Giuletta, la robe blanche d’Antonia qui sera recouverte ensuite d’un long drapé rouge, comme si le sang avait tâché la pureté d’un être idyllique…

Mais ce qui a sans doute été le plus subtil dans cette mise en scène, c’est l’utilisation d’une très grande table au centre de la scène, grande table qui devient elle-même lieu de rencontres, et donc scène elle-même. Une scène sur scène, pour du théâtre dans le théâtre, à l’instar des histoires d’amour d’Hoffmann, elles-mêmes mises en scène par l’auteur, lui-même mis en scène par les librettistes Barbier et Carré…

Et tout ceci pour la plus grande joie d’un public enthousiaste, malgré le problème délicat entre l’orchestre et la direction. Souhaitons que tout se passe au mieux pour tout le monde à l’avenir !

Crédit photographique : © DR

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Dijon. Grand théâtre. Le 15-III-2009. Jacques Offenbach (1819-1880) ; Les Contes d’Hoffmann, opéra fantastique en un prologue, 3 actes et un épilogue, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Olivier Desbordes ; Décors et lumières : Patrice Gouron ; Costumes : Jean-Michel Angeys, Stéphane Lavergne (studio fbg-21). Avec : Jean-Claude Saragosse, Lindorf / Coppelius / Dr Miracle/Dapertutto ; Eric Vignau, Andres / Cochenille / Frantz / Pittichinaccio ; Christophe Lacassagne, Luther / Crespel ; Andréa Giovannini : Hoffmann ; Sabine Garrone, Nicklausse / Voix de la mère d’Antonia ; Lionel Muzin, Spalanzani / Nathanaël ; Isabelle Philippe, Olympia / Giulietta / Antonia / Stella ; Alain Herriau, Schlemil / Hermann. Orchestre et Chœur de l’opéra de Dijon, direction : Dominique Trottein.

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