Le petit pianiste, un conte musical lu par Guillaume Gallienne
Le Petit pianiste est l'histoire touchante d'un petit garçon mutique qui s'épanouit en découvrant la musique : un livre-disque servi par la voix de Guillaume Gallienne, illustré de grandes œuvres musicales arrangées en chansons.

Pierrot Lidio, surnommé « L'idiot », ne parle plus. Un jour, il rencontre sa voisine Martha, une vieille dame, pianiste, qui aime les pâtisseries. Grâce à elle, il découvre le piano et se fait un nouvel ami du chien Piort Illich. Le conte aborde avec une rare délicatesse et quelques touches d'humour les émotions qui peuvent traverser l'enfance, en particulier la tristesse et la solitude. Il évoque même aux parents des souvenirs (qui n'a pas connu aussi les petites lettres dans la soupe ?). Prenant manifestement plaisir dans ce récit où il joue la grand-mère russe avec jubilation, Guillaume Gallienne est un excellent conteur. Les dessins à la ligne claire de Thomas Baas sont fidèles à l'histoire tout en lui donnant un peu de légèreté, voire de second degré, quand il représente une statue éplorée dans le parc derrière le petit garçon triste.
La musique, 36 morceaux du répertoire pour piano, de Bach à Scott Joplin, avec une large part laissée aux romantiques (Rêve d'amour de Franz Liszt, valses de Chopin, impromptus de Schubert…), est un ingrédient de l'histoire et fait écho aux états d'âme du petit garçon. Si les choix musicaux sont bienvenus, le parti pris d'arranger ces œuvres en chansons (Olga Vassileva), en s'appuyant sur leur mélodie principale, ne fonctionne pas toujours. Certaines font sourire : La Lettre à Élise (Beethoven) devient la chanson « Le lundi je frotte le parquet des escaliers… », The little Nigra (Debussy) devient la chanson Baba au rhum, avec sa litanie de pâtisseries. Mais la plupart sont un peu mièvres, là où la musique originale suffit amplement à dire l'émotion (les valses de Chopin ou le début du Concerto n. 1 de Tchaïkovski). Il reste l'intérêt pédagogique et le plaisir d'une collaboration avec l'école Massillon de Clermont-Ferrand, très aboutie, dont il faut saluer les belles voix des enfants.













