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L’art kaléidoscopique d’Ottorino Respighi

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Ottorino Respighi (1879-1936). Musique orchestrale : Feste Romane (1928), Fontane di Roma (1916), Pini di Roma (1924), Gli uccelli (1927), Suite pour cordes (1902), Suite en sol pour cordes et orgue, Impressioni Brasiliane (1928), Trittico Botticelliano (1927), Vetrate di chiesa (1925-26), Concerto a cinque (1933), Poema autunnale (1925) pour violon et orchestre, Concerto All’antica (1908) pour violon et orchestre, Concerto Gregoriano (1921) pour violon et orchestre, Toccata (1928) pour piano et orchestre, Adagio con variazoni (1921) pour violoncelle et orchestre, Sinfonia drammatica (1913-14), Fantasia slava (1903) pour piano et orchestre, Antiche danze ed arie per luto (1917-1923-1931), Rossiniana (1925), Concerto in modo misolido (1925) pour piano et orchestre, Metamorphoseon modi XII (1930). Musique de chambre : Quartetto dorico (1924), Quintette avec piano en fa mineur P.35 (1907), Quatuor doppio en ré mineur P.27, Sonate pour violon et piano en ré mineur P15 (1897), Six pièces pour violon et piano (1902-05), Sonate pour violon et piano en mi mineur P110 (1917). Musique pour piano solo : Sonate en fa mineur P016 (1897), Six pièces P044 (1903-05), Antiche danze ed arie per liuto P114 (1917-18), Trois préludes sur une mélodie grégorienne P131 (1919), Sonate en la mineur P004 (1895-96), Suite P022 (1898), Trois préludes (1898-1903), Variations symphoniques P028. Antonio Palcich (orgue). Andrea Tenaglia (hautbois). Vincenzo Valenti (trompette). Chiara Petrucci (violon). Maurizio Turriziani (contrebasse). Désirée Scuccuglia (piano). Vadim Brodski (violon). Chiara Bertoglio (piano). Andrea Noferini (violoncelle). Orchestra Sinfonia di Roma. Franceso La Vecchia (direction). Da Vinci Ensemble. Fabio Paggioro (violon). Massimiliano Ferrati (piano). Michele D’Ambrosio (piano). 1 coffret de 12 CD Brilliant Classics. Enregistré entre 2009 et 2015 à Rome. Notice de présentation en anglais (uniquement disponible en numérique). Durée : 14h11mn

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Dans un copieux coffret, Brilliant Classics propose la quasi intégrale de la musique orchestrale, de chambre et pour piano d' (1879-1936). L'occasion de redécouvrir et réévaluer le génie de l'un des artisans du renouveau de la musique italienne au début du XXe siècle.

D' (1879-1936), on ne connaît bien souvent que sa célèbre « trilogie romaine », Fontaines de Rome, Pins de Rome, Fêtes romaines, trois impressionnants poèmes symphoniques qui font la joie des amateurs de hifi en technicolor. Mais derrière cet arbre spectaculaire se cache une forêt beaucoup plus vaste, celle d'un orchestrateur hors pair, mais aussi d'un chambriste raffiné, d'un connaisseur avisé de la musique ancienne, un esprit ouvert à de nombreuses influences, également auteur de neuf opéras et trois ballets. Bref un musicien beaucoup plus complexe et riche que le simple « illustrateur » et auteur de « cartes postales musicales » auquel on le réduit bien souvent. Un musicien admiré et défendu par Arturo Toscanini, que le label Brilliant Classics remet à l'honneur avec un coffret rassemblant la quasi intégrale de la musique symphonique (il manque les ballets), mais également la musique de chambre et de piano, interprétés par des musiciens du crû, enregistrés entre 2009 et 2015.

A l'heure du vérisme et de l'opéra triomphant, la situation d' dans la musique italienne est intéressante. Il participe au début du XXe siècle au renouveau symphonique de son pays, s'ouvrant aux influences du Russe Rimski-Korsakov (qui fut son professeur d'orchestration à Saint-Pétersbourg), mais aussi au Français ou à l'Allemand . L'art d'Ottorino Respighi est ainsi un curieux mélange de post-romantisme, d'impressionnisme, voire de néo-classicisme, se déployant aussi bien dans ses grandes fresques symphoniques que dans sa musique de chambre.

Sourd aux avant-gardes des années 1920-1930, Respighi reste donc un « classique », amoureux des traditions musicales de son pays, même très anciennes (Renaissance et Baroque), amoureux également d'une Italie antique grandiose et fantasmée. Ce qui ne fut pas sans séduire, hélas, les idéologies rances des fascistes mussoliniens qui triomphaient à l'époque. Mais Respighi n'est pas un idéologue, juste un artiste tentant de renouer avec les plus nobles traditions musicales de son pays. Et c'est dans la musique symphonique qu'il s'est le mieux exprimé, celle-ci représentant les deux tiers du coffret. Une musique défendue par les forces de l'Orchestra Sinfonica di Roma sous la direction de .

Nous ne reviendrons pas sur la célèbre « Trilogie romaine » qui ouvre en toute logique cette intégrale. L'orchestre italien ne peut évidemment être comparé aux forces de Boston, Chicago ou Philadelphie qui ont, sous les directions de , ou laissé des versions mémorables des célèbres Pins et Fontaines romaines. Mais la direction mesurée de , l'investissement sincère de l'Orchestra Sinfonica di Roma, permettent d'apprécier toutes les couleurs de ces vastes fresques symphoniques sans jamais tomber dans le piège du clinquant facile.

Des qualités que l'on retrouve également dans d'autres suites comme Gli Uccelli (« Les Oiseaux »), Vetrate di chiesa (« Vitraux d'église ») ou le Trittico Botticelliano (« Tryptique de Boticelli »), trois œuvres composées entre 1925 et 1927, où Respighi déploie de manière beaucoup plus sobre son art de la mélodie, des couleurs et des raffinements orchestraux. On y voit également l'influence de la musique ancienne. Ottorino Respighi a transcrit nombre de pièces baroques, de la Renaissance et même médiévales dans les trois suites (1917-1925) des Antiche danze ed arie per luto (« Airs et danses antiques pour luth ») qui sont tout sauf des pastiches, rendus avec beaucoup de grâce par les musiciens romains.

Respighi était également fasciné par l'austère beauté des chants grégoriens et leurs différents modes, qu'il va travailler dans certaines de ses œuvres. C'est notamment le cas dans l'impressionnant Concerto Gregoriano (1921) pour violon et orchestre. S'inspirant du plain-chant du christianisme primitif, Ottorino Respighi construit un immense concerto élégiaque d'une grande sensualité. Il est étonnant que cette page magnifique, qui n'a rien à envier en matière de lyrisme au concerto de Sibelius, ne soit pas plus joué. Le violoniste s'empare à bras le corps de cette partition d'une grande virtuosité, malgré un timbre parfois un peu sec. Un défaut que l'on retrouve encore accentué dans ses versions du Poema Autunnale (1925) et du Concerto All'antica (1908), des pages, il est vrai, de moins grande consistance.

Deux autres pièces majeures, tout en restant rarissimes, émergent également de ce coffret. Tout d'abord la gigantesque Sinfonia drammatica (1013-1914), la bien nommée. Composée juste avant la grande boucherie de la Première Guerre mondiale, cette symphonie puissante et dramatique résonne des inquiétudes de l'époque, jusque dans la marche funèbre finale qui n'est pas sans rappeler un certain Gustav Mahler. Mais il y a aussi du Strauss, du Brahms, du Scriabine et même du dans ce vaste kaléidoscope symphonique que réussit à unifier.

Commandé par Serge Koussevitzky à l'occasion du 50e anniversaire de l'Orchestre de Boston, Metamorphoseon modi XII (1930) est l'ultime chef-d'œuvre d'Ottorino Respighi.Ces douze variations sur un thème grégorien constituent un véritable concerto pour orchestre où chaque pupitre est mis à l'honneur. Une fois de plus, s'y confirme la prodigieuse maîtrise orchestrale de Respighi, sans tomber dans les excès pyrotechniques de certains de ses poèmes symphoniques.

Face à cette « orgie » orchestrale », la musique de chambre du compositeur italien apparaît un peu en retrait. C'est particulièrement le cas de sa musique pour piano, essentiellement des pièces de jeunesse, qui s'avèrent assez scolaires, tout comme l'interprétation de Michele d'Ambrosio. De toute autre envergure est le Quartetto Dorico (1924), un impressionnant quatuor à cordes d'un seul mouvement, mystérieux et austère, comme une longue méditation dont le réussit à rendre toutes les couleurs et nuances. De même que la grande Sonate pour violon et piano en si mineur (1917), œuvre sinueuse et évocatrice que (violon) et Massimiliano Ferrati (piano) interprètent avec une conviction remarquable.

Autant de pépites au sein d'un coffret forcément inégal (par l'intérêt des œuvres comme des interprétations), mais qui permet de remettre à sa juste place un musicien majeur de son temps.

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Ottorino Respighi (1879-1936). Musique orchestrale : Feste Romane (1928), Fontane di Roma (1916), Pini di Roma (1924), Gli uccelli (1927), Suite pour cordes (1902), Suite en sol pour cordes et orgue, Impressioni Brasiliane (1928), Trittico Botticelliano (1927), Vetrate di chiesa (1925-26), Concerto a cinque (1933), Poema autunnale (1925) pour violon et orchestre, Concerto All’antica (1908) pour violon et orchestre, Concerto Gregoriano (1921) pour violon et orchestre, Toccata (1928) pour piano et orchestre, Adagio con variazoni (1921) pour violoncelle et orchestre, Sinfonia drammatica (1913-14), Fantasia slava (1903) pour piano et orchestre, Antiche danze ed arie per luto (1917-1923-1931), Rossiniana (1925), Concerto in modo misolido (1925) pour piano et orchestre, Metamorphoseon modi XII (1930). Musique de chambre : Quartetto dorico (1924), Quintette avec piano en fa mineur P.35 (1907), Quatuor doppio en ré mineur P.27, Sonate pour violon et piano en ré mineur P15 (1897), Six pièces pour violon et piano (1902-05), Sonate pour violon et piano en mi mineur P110 (1917). Musique pour piano solo : Sonate en fa mineur P016 (1897), Six pièces P044 (1903-05), Antiche danze ed arie per liuto P114 (1917-18), Trois préludes sur une mélodie grégorienne P131 (1919), Sonate en la mineur P004 (1895-96), Suite P022 (1898), Trois préludes (1898-1903), Variations symphoniques P028. Antonio Palcich (orgue). Andrea Tenaglia (hautbois). Vincenzo Valenti (trompette). Chiara Petrucci (violon). Maurizio Turriziani (contrebasse). Désirée Scuccuglia (piano). Vadim Brodski (violon). Chiara Bertoglio (piano). Andrea Noferini (violoncelle). Orchestra Sinfonia di Roma. Franceso La Vecchia (direction). Da Vinci Ensemble. Fabio Paggioro (violon). Massimiliano Ferrati (piano). Michele D’Ambrosio (piano). 1 coffret de 12 CD Brilliant Classics. Enregistré entre 2009 et 2015 à Rome. Notice de présentation en anglais (uniquement disponible en numérique). Durée : 14h11mn

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