A Genève, première saison pour Alain Perroux
Succédant à Aviel Cahn en partance pour le Deutsche Oper, Alain Perroux a présenté cette semaine sa première saison à la tête du Grand Théâtre de Genève. Né à Genève où il a étudié, dramaturge au GTG entre 2001 et 2009 sous le mandat de Jean-Marie Blanchard, cette nouvelle casquette, après un passage au Festival d'Aix et à la direction de l'Opéra du Rhin est un retour aux sources pour Alain Perroux. S'il loue les qualités de son prédécesseur pour avoir fait bouger les lignes et attiré trois fois plus de mécènes, le nouveau directeur, comme à Strasbourg, entend bien lui aussi ne pas tomber dans la routine et cultiver le goût des raretés, de la diversité et de l'éclectisme, pour envisager des propositions innovantes et des incursions, pour tous les goûts et genres, vers de « Nouveaux mondes », titre de la saison. Une thématique qui se doit d'avoir une cohérence, de raconter une histoire, dit-il.
Ainsi, dès l'ouverture de la saison lyrique, La Tempête de Frank Martin, d'après l'œuvre de Shakespeare, sera donné dans une nouvelle production mise en scène par Netia Jones (Ercole amante à Bastille) avec force vidéos et turbines dans le cadre du Bâtiment des Forces motrices, et une très belle distribution (S. Degout, C. Trottmann, J. Dran, A. Rose, E. Crossley-Mercer). Place ensuite à la comédie musicale, chère au nouveau directeur, avec en tournée Company de Stephen Sondheim, coproduite par Generation Opera, les fondations Orange et Signature. La metteuse en scène Jetske Mijnssen mettra en scène ensuite de nouvelles Noces de Figaro. Notons la présence de la toute jeune soprano Lauranne Oliva qui fera sa prise de rôle en Suzanne aux côtés du Figaro de Philippe Sly, avant ses débuts à Salzbourg cet été dans Saint-François d'Assise de Messiaen, avec lui également dans le rôle-titre. Beaucoup de premières fois à l'occasion de la nouvelle Theodora : première fois au GTG, premier duo Pichon/Warlikowski, première fois pour Pygmalion à Genève et pour un oratorio de Haendel. La soprano chinoise Ying Fang, habituée du Met, y interprètera le rôle-titre. Le Voyage à Reims sera lui aussi donné pour la première fois au GTG, dans un Victoria Hall transformé en théâtre grâce à Laurent Pelly, Sabine Devieilhe y fera ses débuts dans Rossini (Comtesse de Folleville). Marie-Eve Signeyrole signera une nouvelle production de La Fille du Far West, plus donné à Genève depuis 50 ans, avec une vision aux allures de thriller psychologique plaçant au centre des désirs le personnage féminin. Créé à Amsterdam en 1916 et repris à Garnier en 2018, la production signée Peter Sellars d'Only the Sound Remains de Kaija Saariaho, œuvre marquante, sera interprétée par l'ensemble Contrechamps et Philippe Jaroussky. Production mise en scène par Barrie Kosky en 2023 à Berlin, L'Opéra de quat'sous sera donné en allemand par le Berliner Ensemble qui viendra pour la première fois à Genève. En clôture de saison, le réjouissant Candide de Bernstein sera proposé en version de concert au Victoria Hall, pour la première fois au GTG, interprété par l'Orchestre de la Suisse Romande. Natalie Dessay y sera une vieille dame attendue aux côtés de Katryn Lewek, Lambert Wilson et Michael Porter. (NF)
Côté danse, les « Nouveaux Mondes » seront plus familiers, avec trois programmes seulement, en raison de l'occupation du Bâtiment des Forces Motrices par le lyrique. Plus rare à Genève, le Ballet partira dans de très nombreuses villes en tournée, notamment à Dubaï, Sydney, Shangaï, Edimbourg, Madrid mais aussi Annemasse en mai 2027 ou Rennes en juin 2027. La saison chorégraphique débutera avec une soirée « Océans » questionnant la fluidité des corps avec le très beau « Brise-Lames » de Damien Jalet crée pour le Ballet de l'Opéra de Paris en plein déconfinement, ainsi qu'une création mondiale River without Banks de l'Américain Kyle Abraham (nov 26). Sidi Larbi Cherkaoui, le Directeur du ballet fera une grande création Demokratia, ou comment se gérer en collectif, avec les 21 danseurs de la compagnie, la musique de Dimitris Skyllas, la direction musicale de l'Ukrainienne Margaryta Grynyvetska et la scénographie à base de briques de Antony Gormley (avril 27) . Enfin, avec une soirée « Forces, on retrouvera une reprise de BUSK de Aszure Barton, et de Strong de l'Israélienne Sharon Eyal, vue au Théâtre du Châtelet. (AD)

Crédits : Grand Théâtre de Genève








