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Haitink dirige Brahms : une référence moderne

À emporter, CD, Musique symphonique

Johannes Brahms (1833-1896). Symphonies n°1 à 4 ; Sérénade n°2 ; Ouverture tragique ; Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre. Gordan Nikolitch, violon ; Tim Hugh, violoncelle. London Symphony Orchestra, direction : Bernard Haitink. 4 CD LSO Live LSO0070. Enregistrements réalisés en public au Barbican Hall, Londres en mai 2003 et juin 2004. Notice (excellente) en anglais, allemand et français. Minutage : 244’60.

 

Après l’avoir sortie en disques séparés, LSO Live présente cette intégrale des symphonies de Brahms, la troisième réalisée par après celles enregistrées avec le Concertgebouw d’Amsterdam puis avec le Boston Symphony Orchestra (toutes deux chez Philips), en un coffret de quatre cds proposé à un prix très avantageux.

La discographie de la Symphonie n°1 est généralement dominée par les enregistrements en public : Furtwängler à la NDR en 1951 (Tahra), Karl Böhm embrasant la Radio Bavaroise en 1969 (Orfeo), Günter Wand effectuant ses débuts à Chicago (RCA). Cette version Haitink III n’est pas loin d’égaler ces disques légendaires, pour la pugnacité et la hargne de son mouvement initial, mené avec une fermeté et un allant éblouissants, pour la poésie simple et un peu rugueuse de l’Andante, pour la douceur et la tendresse des vents dans un Allegretto très souple et pour la générosité et la grandeur d’un dernier mouvement majestueux et engagé, à la coda parfaite. La Symphonie n°4 fait également superbe impression, avec un premier mouvement musclé, au dramatisme intense et passionné, mais au développement parfaitement lisible, et un andante moderato austère, au classicisme très sobre et au souffle puissant. L’Allegro giocoso est âpre, pas très souriant, presque violent, et le mouvement final est fantastique de tension dynamique, d’urgence poétique (un solo de flûte à tomber!), et de cohérence architecturale.

Les deux symphonies médianes sont moins enthousiasmantes : la n°2 est joliment équilibrée et agréablement pastorale, mais a un petit goût de routine et manque de prise de risque : on ne sent pas vraiment l’urgence du concert, et le finale ne jubile jamais. La Symphonie n°3 fait quant à elle pâle figure : pesante et statique, son premier mouvement ne décolle pas, et le Poco allegretto est d’une désespérante neutralité.

Outre les symphonies, ce coffre offre des compléments assez généreux : une Ouverture tragique abrupte et altière, d’une urgence saisissante, une charmante et bucolique Sérénade n°2, et un Double concerto ample et chaleureux, qui permet aux chefs de pupitre du LSO, Gordan Nikolitch et Tim Hugh, de faire parler leur sensibilité et leur cohésion. Dans ces prises de concert, le est admirable de plasticité et de puissance, la sonorité d’ensemble est un peu rude, cadrant parfaitement avec la vision du chef, et les imprécisions dues au direct sont très rares, on pourra juste regretter des cors qui ont une légère tendance à pousser le son.

Ce coffret est une excellente affaire : deux des symphonies proposées font partie des meilleures versions modernes, une autre est dans une très bonne moyenne, les couplages sont très intéressants, et le prix très accessible. Il rejoint donc les références que sont pour nous Klemperer-Philharmonia (EMI), Giulini-Philharmonia (EMI), les deux versions de Günter Wand avec la NDR (RCA), Szell-Cleveland (Sony), et le méconnu Günther Herbig avec le Berliner Sinfonie-Orchester (Berlin Classics).

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