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Giulini Une grandeur intimidante

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Johannes Brahms (1833-1896). Symphonie n°1 en ut mineur op. 68. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Carlo Maria Giulini. 1 CD Profil Medien Ref PH 05021. Enregistrement public le 26 janvier 1979. Notice en anglais et allemand. Durée : 49’16.

 

On ne manque pas de Symphonie n°1 de par , le chef italien ayant enregistré en studio deux intégrales des symphonies, avec le Philharmonia Orchestra pour EMI, puis avec les Wiener Philharmoniker pour DGG, en plus d’une Symphonie n°1 datant de son court mandat à Los Angeles (DGG), et d’une autre, prise en concert avec le Philharmonia, parue chez BBC Legends. La concurrence « intra-giulinienne » est donc rude pour ce disque au minutage très court, qui pour avoir sa chance devrait proposer une interprétation exceptionnelle de cette œuvre.

Ce n’est pas tout à fait le cas, car on est ici face au Brahms typique de Giulini, solennel et réfléchi, aux tempi très amples et aux qualités de chant et de legato admirables, mais on ne sent pas vraiment l’urgence du concert : C’est beau, c’est grand, mais c’est un peu distant, et assez statique. Ce sont les deux mouvement extérieurs qui posent problème : Le premier est magnifiquement construit, avec un Poco sostenuto large et profond, mais l’Allegro est un peu pesant et figé, et souffre de baisses de tension, alors que le Finale manque un peu de détermination dans sa première partie, le thème beethovenien du choral étant par exemple énoncé trop lentement. La seconde partie de ce Finale est par contre bien plus exaltante et orageuse, avec un discours plus animé et plus fluide, et une coda lente mais déchaînée, presque chauffée à blanc. Les mouvements centraux sont superbes : Andante lyrique et serein, à la respiration merveilleusement naturelle, Allegretto un peu placide mais au climat poétique d’une grande douceur.

Reflet d’un très beau concert, ce disque ne décevra pas l’acheteur, mais ne semble pas pour autant essentiel, Giulini ayant été plus constant ailleurs, et l’orchestre ayant certaines faiblesses du côté de la petite harmonie. A celui qui cherche une grande version de concert de cette symphonie, nous conseillerons donc encore une fois la version épique d’un Karl Böhm déchaîné, galvanisant le même Orchestre de la Radio Bavaroise (Orfeo), et Günter Wand, légèrement moins engagé, mais bénéficiant de la merveilleuse sonorité du Chicago Symphony Orchestra (RCA).

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Johannes Brahms (1833-1896). Symphonie n°1 en ut mineur op. 68. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Carlo Maria Giulini. 1 CD Profil Medien Ref PH 05021. Enregistrement public le 26 janvier 1979. Notice en anglais et allemand. Durée : 49’16.

 
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