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Florentine Mulsant : les nœuds d’une vie intérieure

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Florentine Mulsant (née en 1962) : Sonate de concert pour violon op. 19 ; Sonate pour violon et piano op. 21 ; Trio pour piano, violon et violoncelle op. 23 ; Sonate pour violoncelle op. 27. Lyonel Schmit, violon ; Fabrice Bourlet, piano ; Veronique Bourlet (op. 23) & Henri Demarquette (op. 27), violoncelle. 1 CD Ar Re-Se 2007-0. Enregistré en juillet 2004 et février 2006. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 77’18’’

 

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Autant d’œuvres, autant de facettes différentes de la créativité de sont affichées dans ce CD monographique. La Sonate de concert pour violon est d’un expressionnisme porté à son paroxysme, œuvre de tourments intérieurs âprement (le terme est juste) joué par , qui volontairement cherche les sons les plus rauques de son instrument. L’écriture se fait plus lyrique, avec une pointe de néoclassicisme dans la Sonate pour violon et piano, faite de courts motifs mélodico-rythmiques qui se cherchent sans jamais vraiment se trouver. L’esprit dramatique, voire déchirant, se retrouve dans l’ascétique cadence centrale, précédent un finale ou alternent moments lents et agités, admirablement retranscrit par le duo Schmit / Bourlet.

Cette même atmosphère réapparaît dans le Trio pour piano, violon et violoncelle, avec le même principe de phrases courtes, très lyriques, entrecoupées d’accords dissonants et de contrecoups rythmiques. Des passages éthérés succèdent à de violents épisodes, sans réelle continuité si ce n’est un travail motivique récurrent. L’écriture, pourtant très personnelle, n’est pas sans rappeler Olivier Greif (sa Sonate de Guerre surtout).

Œuvre plus récente, la Sonate pour violoncelle gagne en homogénéité du discours sans perdre en intensité émotionnelle. Elle a évidemment en la personne d’ un remarquable défenseur, qui sait varier ses sonorités en fonction des exigences de la partition et ne se limite pas à faire sonner les notes écrites pour habiter cette œuvre.

Bien qu’oppressant, inquiet et tourmenté, le monde musical de n’est jamais négatif ou pessimiste. Par ce CD de nouveaux horizons se découvrent.

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  • Philippe Martineau

    Enregistrement miraculeux, tant par la qualité des oeuvres (avec au sommet le trio – que je préfère à celui de Chostakovitch !) que par le jeu des interprètes et la technique d’enregistrement (qualité « audiophile »).

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