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Loin du crincrin quotidien

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Astor Piazzolla (1921–1992) : Night Club. Graciane Finzi (née en 1945) : Impression Tango. Ernest Bloch (1880–1959) : Vidui ; Nigun. Laurent Mettraux (né en 1970) : Émergences. Bernard Cavanna (né en 1951) : Les Disparus. Joëlle Léandre (né en 1951) : Blue Butterfly. Renaud Gagneux (né en 1947) : Trois Nouvelles Danses populaires. Béla Bartók (1881–1945) : Six Danses roumaines. Marianne Piketty, violon ; Pascal Contet, accordéon. 1 CD Maguelone MAG111. 174. Code-barres 3576071111749. Enregistré à l’auditorium de Trappes (Yvelines). Notice trilingue en français, anglais et japonais. Durée : 54’02’’

 

Proposer un album de duos violon-accordéon est de nos jours une entreprise assez risquée. Risquée tout d’abord à cause de la personnalité sonore de ce dernier, souvent méprisé par les gens « bien-écoutants » qui ne le considèrent pas d’une bonne oreille, le trouvant plutôt vulgaire et réservé au musette dans le pire et au tango dans le meilleur des cas. Risquée ensuite à cause du répertoire qui va être choisi et qui devra se méfier absolument de l’écueil de l’équation violon + accordéon = musique populaire.

Nos deux compères (violon) et (accordéon) ont donc choisi de relever ce défi et nous proposent Night’s dream, un album qui contient quatorze pièces écrites aux XXe et XXIe siècles par des compositeurs plus ou moins connus. Certaines d’entre elles sont des arrangements (les six Danses de Bartók et les deux pièces de Bloch) tandis que les autres sont originales, dans la mesure où elles ont été effectivement pensées pour l’accordéon. Quant à la partition qui ouvre le bal, Night club de , c’est du Piazzolla en v. o. sans sous-titre, c’est à dire un magnifique tango employant logiquement deux des instruments emblématiques de cette danse, le violon et l’accordéon (à défaut de bandonéon).

Concernant les pièces de Bartók, de Bloch et de , il faut bien avouer que l’alchimie sonore ne passe pas très bien. L’ensemble sonne souvent comme du déjà-entendu car l’accordéon reste dans ce qu’il sait faire et ce qu’on lui a toujours donné à faire, à savoir des accords, des coups de soufflets, des chromatismes en mineur… bref, tout le vocabulaire instrumental qu’on lui a souvent reproché.

Les autres œuvres sauvent heureusement le disque qui serait bien triste sans elles. Les compositions de Laurent Mettraux, , et nous donnent à entendre le piano à bretelles de façon peu habituelle et cela est intéressant et tout aussi réjouissant. Ils abandonnent l’aspect populaire du piano du pauvre pour en faire un instrument moderne (on croirait entendre parfois un instrument électronique) aux sonorités imprévisibles et les mondes sonores qu’ils créent avec le violon sont bien passionnants à entendre.

Un disque intéressant tout de même bien qu’a priori destiné aux inconditionnels de l’accordéon classique.

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