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Un Mozart idéal par l’admirable Sir Charles Mackerras

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°38 en ré « Prague » K. 504 ; n°39 en mi bémol K. 543 ; n°40 en sol mineur K. 550 ; n°41 en ut « Jupiter » K. 551. Orchestre de Chambre Écossais, direction : Sir Charles Mackerras. 2 SACD LINN CKD308. Code barre : 691062030823. Enregistré du 3 au 9 août 2007 aux City Halls, Glasgow, Écosse. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 66’49, 72’29

 

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Le chef d’orchestre australien Sir qui fêtera ce 17 novembre ses quatre-vingt quatre printemps nous avait déjà conquis il y a pas mal d’années par une splendide intégrale des symphonies de Mozart chez Telarc avec l’Orchestre de Chambre de Prague, intégrale qui à notre avis n’a aucune concurrence concernant l’utilisation d’instruments modernes. Mais qui pouvait faire mieux, si ce n’est Mackerras lui-même ? Il n’est peut-être pas question à son âge d’entreprendre un nouveau cycle intégral, mais ce nouvel enregistrement des quatre dernières symphonies par le label écossais Linn, d’une présentation exceptionnellement belle, le ferait néanmoins intensément désirer.

Le fait d’utiliser les instruments modernes de l’Orchestre de Chambre Écossais, tout comme ceux de celui de Prague auparavant, pouvait nous faire craindre une copie conforme de l’ancienne version de ces pages sublimes. Il n’en est rien. Si précisément ces quatre symphonies étaient le sommet de son intégrale Telarc, Mackerras réussit ce tour de force de les rendre encore plus passionnantes que jamais : l’Orchestre de Chambre Écossais est un ensemble avec lequel il travaille depuis de nombreuses années, et il en connaît parfaitement les qualités et les possibilités.

Par ailleurs, Mackerras, musicologue mais avant tout musicien, a assimilé depuis son premier Mozart toutes les techniques les plus récentes de l’interprétation dite «authentique» – nous ne dirons pas baroqueuse – qui différencie cette édition Linn de Telarc : il n’a aucunement les positions extrêmes, voire à la limite caricaturales, d’un René Jacobs ou d’un Jos van Immerseel ; au contraire, sa vision semble couler de source, malgré des tempi plutôt vifs quand il le faut, ce qui permet d’accepter sans le moindre ennui le respect absolu de toutes les reprises sans exception, y compris celles rarement effectuées, comme les secondes reprises des mouvements en forme-sonate, et même celles des da capo de menuets. À l’instar de la Symphonie de Prague, dont le premier mouvement fait de la sorte près de 18 minutes, les symphonies de Mozart en acquièrent enfin une ampleur que l’on ne pouvait qu’imaginer lors d’interprétations traditionnelles.

Grâce au jeu superbe des bois, la Symphonie n°39 impressionne par son introduction majestueuse et même grandiose, ce qui n’est certes pas toujours le cas avec de petits ensembles. Pour la Symphonie n°40, adopte la version avec clarinettes, d’une couleur plus sombre que celle avec les seuls hautbois. Quant à la Symphonie Jupiter, rarement le Finale Molto allegro a si bien révélé toutes les subtilités de sa miraculeuse complexité, grâce à la clarté et la transparence de l’exécution, caractéristiques d’ailleurs constantes de toute l’interprétation de ces quatre partitions de génie.

Si on peut regretter la froide absence de vibrato des cordes dans certaines sections des mouvements lents, on sort toutefois de l’écoute globale avec un profond sentiment de satisfaction musicale, ce qui toute compte fait n’est pas si courant vis-à-vis d’une musique si connue mais finalement loin d’être facile.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°38 en ré « Prague » K. 504 ; n°39 en mi bémol K. 543 ; n°40 en sol mineur K. 550 ; n°41 en ut « Jupiter » K. 551. Orchestre de Chambre Écossais, direction : Sir Charles Mackerras. 2 SACD LINN CKD308. Code barre : 691062030823. Enregistré du 3 au 9 août 2007 aux City Halls, Glasgow, Écosse. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 66’49, 72’29

 
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