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Symphonies de Mozart, toujours aussi admirable Sir Charles Mackerras

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°29 en la majeur K. 201 ; n°31 en ré majeur « Paris » K. 297 ; n°32 en sol majeur K. 318 ; n°35 en ré majeur « Haffner » K. 385 ; 36 en ut majeur « Linz » K. 425. Scottish Chamber Orchestra, direction : Sir Charles Mackerras. 2 SACD LINN CKD350. Code barre : 691062035026. Enregistré du 11 au 17 juillet 2009 aux City Halls, Glasgow, Écosse. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 59’26, 57’31

 

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Dans une précédente chronique relative aux Symphonies n°38 à 41 de Mozart sous la baguette inspirée de Sir , nous supposions que le label écossais Linn n’envisagerait pas l’édition de l’ensemble des symphonies mozartiennes, vu l’existence d’une remarquable intégrale avec ce même chef et l’Orchestre de Chambre de Prague chez Telarc. Or voici que nous parvient un deuxième double CD comportant les Symphonies n°29, 31 «Paris», 32, 35 «Haffner» et 36 «Linz» : la présence de la Symphonie «Paris» rend idéalement opportun le superbe visuel de cet album qui met en lumière les Tuileries vues du Quai d’Orsay, telles que le peintre Étienne Bouhot (1780-1862) les mit sur toile en 1813, et dont toute l’ample magnificence se déploie à l’intérieur de ce double CD. Il semble donc que Sir Charles prenne les symphonies à reculons, et on souhaite évidemment avec ardeur un troisième volet (au moins !) qui compléterait la série des trentièmes, avec les Symphonies n°30, 33 et 34, si possible accompagnées de la «petite» en sol mineur, la n°25.

Nous avons suffisamment commenté les qualités de Sir lors de la première parution Linn pour devoir les répéter ici : qu’il nous suffise d’exprimer toute notre admiration devant sa profonde nature de mozartien, et ces affinités sont particulièrement mises en évidence par l’Orchestre de Chambre d’Écosse avec lequel il collabore de longue date, peut-être plus encore qu’avec celui de Prague : par rapport à la version pragoise, leurs interprétations ont bénéficié des derniers acquis, profondément repensés, en matière d’interprétation sinon baroque, du moins classique.

La Symphonie n°29 en la majeur, écrite à Salzbourg et datée du 6 avril 1774, est l’un des premiers chefs-d’œuvre de Mozart, malgré une orchestration modeste de deux hautbois, deux cors et cordes : la cellule mélodique du tout début, répétée par trois fois par degré montant à chaque énoncé, forme un des thèmes les plus géniaux de Mozart ; les trois mouvements autres que le Menuetto sont de forme-sonate avec deux reprises chacun (toutes respectées dans cet enregistrement) plus coda.

La Symphonie n°31 en ré majeur «Paris» fut composée l’été 1778, résultat d’une commande de Joseph Legros, directeur des Concerts Spirituels lorsque Mozart séjournait à Paris. Œuvre en trois mouvements sans menuet, à l’orchestration plus fournie, elle offre la particularité d’avoir un mouvement lent alternatif (Andante) à l’original (Andantino) peu apprécié par Legros. Mozart les aimait tous les deux pour leur caractère propre bien différent, et c’est peut-être la raison pour laquelle Mackerras nous les propose à la suite l’un de l’autre dans cette publication, tels d’ailleurs qu’ils se présentent notamment dans l’édition de poche Eulenburg.

De retour à Salzbourg, Mozart composa sa Symphonie n°32 en sol majeur, datée du 26 avril 1779. Elle est unique dans la série des dernières symphonies par ses trois brefs mouvements vif-lent-vif s’enchaînant sans interruption, à la manière des ouvertures d’opéras italiens de l’époque. L’œuvre comprend inhabituellement quatre cors, et cet enregistrement comporte la partie de timbales traditionnellement incluse, bien qu’elle ne soit pas de Mozart.

La Symphonie n°35 en ré majeur «Haffner» vit le jour en juillet 1782 à Vienne suite à une demande du père Mozart pour son ami Sigmund Haffner devant être anobli à Salzbourg où l’œuvre serait créée à cette occasion. À la fin de cette même année, Wolfgang récupéra la partition pour un concert à Vienne : il en profita pour en retoucher l’orchestration en y ajoutant flûtes et clarinettes dans les deux mouvements extrêmes et supprimer les deux reprises de l’Allegro con spirito initial. C’est cette dernière version qui nous est proposée ici. La tradition de la sérénade salzbourgeoise à laquelle cette symphonie est apparentée est surtout manifeste dans les deux mouvements centraux, et surtout son lumineux Andante.

À l’audition de la splendide Symphonie n°36 en ut majeur «Linz», on ne s’imaginerait pas qu’elle ait pu être écrite à la hâte pour un concert dans cette ville le 4 novembre 1783 : l’Allegro spiritoso initial est le premier dans une symphonie mozartienne à être précédé d’un Adagio introductif à la manière d’un grandiose portail symphonique, reliquat de l’ouverture baroque à la française, procédé que Haydn aura bien plus l’occasion d’appliquer dans ses propres symphonies. Surtout notable est le Poco adagio suivant, l’un des plus inspirés chez Mozart, avec son rythme de sicilienne pastorale parfois teintée d’inquiétude lorsque la musique passe en mode mineur.

À tous les instants, Sir Charles Mackerras nous plonge dans le plus profond du mystère mozartien et cela pour notre plus grand bonheur : après l’audition émerveillée de ces enregistrements, inutile de résister au désir de voir bientôt paraître, comme déjà souhaité plus haut, les Symphonies n°25, 30, 33 et 34 par les mêmes interprètes.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°29 en la majeur K. 201 ; n°31 en ré majeur « Paris » K. 297 ; n°32 en sol majeur K. 318 ; n°35 en ré majeur « Haffner » K. 385 ; 36 en ut majeur « Linz » K. 425. Scottish Chamber Orchestra, direction : Sir Charles Mackerras. 2 SACD LINN CKD350. Code barre : 691062035026. Enregistré du 11 au 17 juillet 2009 aux City Halls, Glasgow, Écosse. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 59’26, 57’31

 
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