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Création mondiale d’une œuvre pour guitare et orchestre de Tansman

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Łódź. Philharmonie de Łódź. 26-X-2011
Première partie. Leo Brouwer (né en 1939) : « Tarantos » ; Alexandre Tansman (1897-1986) : « Cavatina » ; Agustín Barrios Mangoré (1885-1944) : « Julia Florida » (barcarolle), Valse op. 8 n° 4. Waldemar Gromolak, guitare classique
Seconde partie. Alexandre Tansman (1897-1986) : Variations sur un thème de Frescobaldi pour orchestre à cordes, « Hommage à Manuel de Falla », suite de concert en cinq mouvements pour guitare et orchestre de chambre (création mondiale) ; Isaac Albéniz (1860-1909) : Asturias (Leyenda) en version pour guitare seule, mouvement de la Suite espagnole op. 47 ; Mikołaj Górecki (né en 1971) : Divertimento pour orchestre à cordes ; bis : Grażyna Bacewicz (1913-1969) : 3ème mouvement du Concerto pour orchestre à cordes. Łukasz Kuropaczewski, guitare classique ; Orchestre de Chambre de la radio Polonaise ; direction : Agnieszka Duczmal

Débutons par poser deux questions formelles : pourquoi la création mondiale officielle de l’« Hommage à » d’ (‘officielle’ parce que nous supposons que l’œuvre a déjà été jouée en Russie) a-t-elle eu lieu à Łódź, au centre de la Pologne, et comment est-ce possible que toutes les œuvres concertantes de Tansman n’ont pas encore été créées ?

Pour ce qui concerne Łódź, il s’agit tout simplement de la ville natale du compositeur. Cette « terre de la grande promesse », comme on appelait cette cité au XIXème siècle à cause de nombreux fabricants qui venaient là pour faire fortune, a aussi donné naissance à d’autres représentants éminents de l’univers musical, notamment Artur Rubinstein, Paul Kletzki, Grażyna Bacewicz ou Miłosz Magin.

Et si l’œuvre a attendu plusieurs décennies avant d’être créée, c’est que Tansman ne l’avait tout simplement pas instrumentée, en raison d’une grande déception : Paul Wittgenstein n’avait pas joué en public son Konzertstück pour la main gauche et orchestre de 1943. Dès lors, Tansman préféra rester prudent et prit l’habitude d’attendre qu’un interprète soit prêt (ou prête) pour l’exécution de ses œuvres avant de les orchestrer.

Tout au long de sa carrière, Tansman ne composa que trois œuvres pour guitare et orchestre. Seule Musique de cour (1960) fut créée. Le Concertino (1945) et « Hommage à » n’ont pas été instrumentés.

Tansman écrit l’esquisse d’« Hommage à Manuel de Falla » en 1954 en pensant au guitariste espagnol Andrés Segovia. Il lui envoya la partition, mais elle s’est perdue pendant l’expédition. L’infatigable compositeur reconstruit donc la partition de mémoire en y ajoutant un mouvement, Nana, dont la mélodie était extraite du folklore populaire espagnole (la même mélodie fut adaptée par Manuel de Falla dans l’une des Sept chansons populaires espagnoles). Ainsi se forma la légère suite de concert en cinq mouvements pour guitare et orchestre de chambre que Tansman programma pour flute, clarinette, hautbois, cor anglais, basson et cordes. 1er mouvement : Notturno, lento ma non troppo ; 2ème mouvement : Zapateado, molto vivace ; 3ème mouvement : Improvisación, lento ; 4ème mouvement : Nana, molto lento ; 5ème mouvement : Vivo. La partition de l’œuvre attendit dans les archives jusqu’en 2010 où elle fut instrumentée par Angelo Gilardino qui est compositeur, guitariste et musicologue italien.

Le concert, organisé par l’Association pour la promotion de la culture Aleksander Tansman, comportait deux parties.

Dans la première partie, nous entendîmes un récital pour guitare classique seule. Waldemar Gromolak interpréta les œuvres de , Aleksander Tansman et Agustín Barrios Mangoré. Ses exécutions furent timides mais suscitèrent néanmoins de fortes émotions : très concentré, le soliste semblait être totalement plongé dans cette musique.

La deuxième partie se composait des belles Variations sur un thème de Frescobaldi pour orchestre à cordes et de l’« Hommage à Manuel de Falla » de Tansman. Cette fois-ci le guitariste était Łukasz Kuropaczewski. Sa vigueur et les contrastes dynamiques rendirent son exécution vraiment attractive, surtout dans le contexte de cette musique typiquement espagnole par son style. Kuropaczewski joua en bis Asturias en version pour guitare seule d’ en démontrant que non seulement il est un virtuose prodigieux, mais aussi et avant tout un illustre musicien.

Le Divertimento pour orchestre à cordes qui suivit était de Mikołaj Górecki, le fils de . Cette composition est digne d’attention pour son aspect filmique. En l’écoutant, on fut fasciné par son expressivité, les changements des humeurs et des tempi, ainsi que par un lyrisme et des nuances colorées.

A la fin de la soirée, l’ sous la baguette d’Agnieszka Duczmal présenta le 3ème mouvement du Concerto pour orchestre à cordes de Grażyna Bacewicz. Dans ce chef-d’œuvre du néoclassicisme polonais, le compositeur s’amuse par une virtuosité presque absolue.

Crédit photographique : Maciej Chiżyński

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Łódź. Philharmonie de Łódź. 26-X-2011
Première partie. Leo Brouwer (né en 1939) : « Tarantos » ; Alexandre Tansman (1897-1986) : « Cavatina » ; Agustín Barrios Mangoré (1885-1944) : « Julia Florida » (barcarolle), Valse op. 8 n° 4. Waldemar Gromolak, guitare classique
Seconde partie. Alexandre Tansman (1897-1986) : Variations sur un thème de Frescobaldi pour orchestre à cordes, « Hommage à Manuel de Falla », suite de concert en cinq mouvements pour guitare et orchestre de chambre (création mondiale) ; Isaac Albéniz (1860-1909) : Asturias (Leyenda) en version pour guitare seule, mouvement de la Suite espagnole op. 47 ; Mikołaj Górecki (né en 1971) : Divertimento pour orchestre à cordes ; bis : Grażyna Bacewicz (1913-1969) : 3ème mouvement du Concerto pour orchestre à cordes. Łukasz Kuropaczewski, guitare classique ; Orchestre de Chambre de la radio Polonaise ; direction : Agnieszka Duczmal

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