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Andris Nelsons face à Antonín Dvořák

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Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°9 en mi mineur, Op.95 « du Nouveau Monde » ; Heldenlied, Op 111. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Andris Nelsons. 1 Cd BR Klassik. Référence : 900 116. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 64’11’’

 

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Moins médiatisé que Gustavo Dudamel, le Letton est « l’autre » jeune chef majeur du moment. A 35 ans, il est l’une des baguettes les plus recherchées dès qu’il s’agit de trouver un directeur musical à une des phalanges de légende. Adulé à Boston, qui attend désespérément un directeur musical pour son symphonique, on parle aussi de lui à Amsterdam, Munich et même à Berlin où il est logiquement dans la top-5 des prétendants à la succession de Sir Simon Rattle. En attendant, chef du relativement modeste orchestre de Birmingham, il prend le temps de cultiver ses liens étroits avec les plus grandes formations symphoniques, pour devenir incontournable.

Fidèle de l’Orchestre symphonique de la Radio-Bavaroise, il nous propose un bel album « carte de visite de prestige ». Certes le chef n’en n’est pas à ses premiers essais discographiques, mais avec les musiciens munichois, il peut offrir un fini instrumental que son orchestre de Birmingham ne peut pas égaler.

La Symphonie n°9 d’ est l’un de ses grands succès au concert. Le panache du chef emporte cette œuvre dans une fête orchestrale. Dans une optique « grand orchestre symphonique », avance droit devant lui : les tempi sont allants et le chef fait exploser les dynamiques (les dernières notes du premier mouvement ou la joie bondissante du scherzo sont à ce titre des modèles de classe orchestrale). Les musiciens de l’orchestre sont en parade et ils vont valoir leur « Deutsche Qualität » : le dialogue des bois du « Largo » est l’un des plus beaux de la discographie de l’œuvre. Dans un contexte éditorial barré par tant des références, cette gravure de concert est pourtant, avec celle de Mariss Jansons  à Amsterdam (RCO Live), l’une des plus importantes des années 2000.

On peut mesurer la qualité d’un chef à transcender une musique « mineure », c’est le cas d’Andris Nelsons, qui atomise toute concurrence dans le Heldenlied. Composé en 1897 et créé par Mahler, l’année suivante, ce poème symphonique n’est certainement pas le sommet de la production du compositeur, car moins narratif et raffiné que d’autres poèmes symphoniques comme l’Ondin ou la Sorcière de midi. Andris Nelsons impose un climat dramatique, où les forêts tchèques, peuplées d’ombres maléfiques, deviennent fantomatiques et étouffantes. La direction, ultra-virtuose, décape cette œuvre de ses lourdeurs, la transposant en une épopée héroïque et tragique. La plastique de l’orchestre, avec des cordes et vents veloutés, est aussi admirable qu’inégalable.

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Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°9 en mi mineur, Op.95 « du Nouveau Monde » ; Heldenlied, Op 111. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Andris Nelsons. 1 Cd BR Klassik. Référence : 900 116. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 64’11’’

 
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